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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 23:39

Ajami

 

J'ai hésité à aller voir le film. Pourquoi? Certains boycotteurs me comprendront rapidement. Chaque matin, quand je me lève, je me demande ce que je peux faire pour le peuple algérien, le peuple palestinien et la classe ouvrière. J'estime que le boycott des produits du colonialisme est non seulement utile mais nécessaire car c'est une manière de montrer sa solidarité (à peu de frais) avec un peuple colonisé. "Ajami" est un film israélien. Problème comme pour le film "Lebanon" (voir la critique argumentée). Ce qui a fait pencher la balance est le fait que parmi les deux réalisateurs, se trouve un Arabe. J'ai donc espéré retrouver la subjectivité arabe (qui n'est pas en soi garante de réussite artistique ou de justesse politique) absente de nombreux films israéliens (même ceux jugés "progressistes").

 

"Ajami" est un bon film malgré certains passages qui posent problème (je pense à l'éternelle scène où la famille israélienne pleure durant une éternité alors qu'on n'a pas vraiment droit à la séquence émotion pour les Arabes...). Il est évident que chercher un quelconque équilibre mèneraient à une impasse politique et artistique puisque le colonialisme n'est pas "équilibré" de fait, sa représentation fidèle aurait du mal à le devenir honnêtement.

 

"Ajami" est un film important, non seulement parce qu'on a l'impression que Scorsese vient poser sa caméra dans la Palestine occupée (avec une construction façon Guy Ritchie, en beaucoup moins drôle) mais aussi parce que la vie, le quotidien, les multiples tensions vécues par les Palestiniens sont retranscrits avec finesse, et on ne peut que saluer le jeu des acteurs. C'est un film beau et violent dont il ne faut pas forcément chercher à en retirer une quelconque morale. Le revoir permettrait sans doute de se faire un avis définitif.

 

"Ajami", Real. Scandar Copti, Yaron Shani (2009), 01h58 min.

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