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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 18:32

 

La Chine est encore loin
 
J'avoue avoir craint le pire... Le synopsis indique que la trame de ce documentaire se déroule dans un village des Aurès, connu pour avoir accueilli, du temps de la colonisation française, un couple d'instituteur (les Monnerot) dont le mari sera accidentellement tué lors d'une opération d'un groupe alors inconnu, le Front de libération nationale, un certain 1er novembre 1954.
 
Cet accident sera instrumentalisépar les colonialistes pour dénoncerde façon outrancière les résistants, ceux qui ont pris la lourde responsabilité de prendre les armes pour libérer le pays, après les échecs répétés d'une solution strictement "politique".
 
Ma crainte était donc que ce (long) film documentaire s'attarde sur les circonstances de cet accident, alors que nous approchons, doucement mais sûrement, du 50ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.
 
En réalité, le sujet du film, outre les inévitables réminiscences de l'époque coloniale, est essentiellement l'école dans ce patelin chaoui : ses élèves, ses enseignants, ses parents. L'histoire de la révolution n'en est pas pour autant écartée, notamment avec ce passage de l'inauguration du monument par les officiels et où certains anciens moudjahidine sont écartés. C'est l'histoire officielle qui écarte les dissidents, les acteurs pourtant principaux mais on le savait déjà, bien avant l'ouvrage de Saïd Sadi sur Amirouche (par ailleurs, le scandale est-il l'occultation toute relative d'Amirouche ou la stigmatisation outrancière des messalistes?)
 
Le documentaire, sans voix-off, sans repères précis, laisse la parole aux acteurs authentiques. ça ressemble à "Etre et avoir", on peut presque penser à "Entre les murs" même si les murs ne sont pas faits du même béton et de la même peinture.
 
La galerie de portrait est impressionnante. C'est l'Algérie qu'on aime, comme ce père de famille moustachu qui se rase le crâne... On est attendri devant ces enfants, parfois attentifs, qui divaguent parfois dans l'oued asséché. On est aussi révolté par les conditions dans lesquelles ils sont placés. 
 
Le seul regret qu'on peut avoir reste la longueur du film (plus de deux heures pour un documentaire... n'est-ce pas un peu exagéré?) Le générique laisse aussi une impression étrange, surtout quand la traduction arabe vient comme "chasser" la traduction berbère. Le symbole est assez important quand on connaît les tensions identitaires.
 
"La Chine est encore loin", Real. Malek Bensmail (2007), 02h10 min.

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