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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 14:21

 

La Commémoration du 1er Novembre 1954

 

Comme tous les ans à la même date, la presse nationale a commémoré diversement le 1er Novembre 1954. Cette année le journal « La Tribune » ainsi que son confrère, « Le Temps d’Algérie » ont ouvert leurs colonnes à des interviews permettant d’illustrer cette date historique.

Il est d’usage de savoir d’expérience, qu’en matière d’histoire, rien n’est plus fragile qu’un témoignage et qu’en tout état de cause la presse en général se doit d’observer un « minimum » d’objectivité.

Il n’est nullement dans mon intention de répondre aux auteurs de ces interviews par une mise au point habituelle et polémique car en effet, j’ai trop de respect pour le vieux militant qu’est Monsieur Mohamed Méchati et pour son grand âge. D’autre part, je peux même comprendre qu’il se soit depuis plus de cinquante ans conforté dans ses certitudes. Je n’ai pas non plus de critiques particulières à émettre sur la prestation de Maître Bentoumi, avocat de talent dont l’engagement militant dans la défense de tous les nationalistes est hautement estimable.

Mais c’est l’opportunité pour moi, sachant que le net reste tout de même le dernier espace de débat et au nom de l’objectivité la plus rudimentaire, de m’adresser aux internautes pour dire haut et fort, qu’il est inadmissible et définitivement insupportable de constater qu’en 2010, le rôle historique du père du nationalisme algérien Messali Hadj soit dénaturé de la sorte, précisément à l’occasion de cet évènement.

Bien entendu, il fut un temps où on ne l’évoquait même pas ayant été évacué du champ politique et occulté par l’histoire officielle.

Cependant, comme tout le monde le sait, le mouvement de réécriture de l’Histoire a débuté depuis les années 1980. Comme il se doit, cela n’a pas pu échapper aux journalistes. Les contributions des historiens Mohamed Harbi et Benjamin Stora, par exemple, ont à cet égard apporté un éclairage incontournable aujourd’hui, sur les positions politiques des antagonistes de l’époque. La question se pose tout de même de savoir si c’est par suivisme ou par autocensure que régulièrement encore on présente cet homme péjorativement comme le précurseur du « zaïmisme », comme un despote avide de pouvoir, particulièrement sensible au culte organisé autour de sa personne, comme l’instigateur d’une crise dans le MTLD à des fins de pouvoir personnel, tout un argumentaire puisé dans la liturgie « centraliste » reprise par le FLN ensuite.

Cela fait cinquante ans que ça dure !

Ce que l’Histoire retient aujourd’hui et qu’il est urgent que tous les Algériens apprennent, est que sans l’opposition déterminée de Messali Hadj au réformisme triomphant des « centralistes » et à son éradication par un Congrès du MTLD en Juillet 1954, il n’y aurait jamais eu de 1er Novembre, le 1er Novembre 1954.

 

 

Signé : Djanina Messali-Benkelfat

 

Fait le 11 Novembre 2001 à Montréal

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Published by Djanina Messali-Benkelfat - dans Algérie Histoire
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