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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 16:59

Djanina Benkalfat Messali. Fille de Messali Hadj

 

Elle sera présidente d’honneur du colloque international sur Messali Hadj, son père, qui se tiendra les 17 et 18 septembre à l’auditorium de la faculté de médecine de Tlemcen. Pour Djanina Benkalfat Messali, la reconnaissance du fondateur du PPA ne suffit pas. Elle demande à ce que la société se rapproprie son histoire.

-L’aéroport de Tlemcen porte désormais le nom de votre père, les rencontres pour parler de lui sont autorisées.Vous-même avez été invitée aux côtés du président Bouteflika en avril dernier pour visiter Tlemcen… Que vous inspire cette réhabilitation de Messali Hadj ?

«Réhabilitation» ? Ce mot me contrarie. Nous ne sommes pas en train de parler d’une fâcherie ni d’un problème à arranger avec des reconnaissances. Il s’agit d’un problème de politique, d’histoire qui a été camouflée. Aujourd’hui, je pense qu’il est grand temps que la société se rapproprie son histoire avant de passer à des réformes fondamentales, comme je l’apprends dans la presse depuis mon arrivée ici. Il est fondamental que cette société se rapproprie son histoire. Il faut devenir sérieux et parler de choses vraies. Ma foi, les confrontations sont toujours enrichissantes…

-On sent toujours une amertume dans vos propos. Comment avez-vous vécu ces longues années de marginalisation ? Comment ressentiez-vous cette mise à l’écart de la famille Messali, de ses militants ?

Nous n’avons pas été uniquement marginalisés ! Des générations entières de militants, des familles de nationalistes ont été mises au ban de la société. Leur engagement pionnier n’a jamais été reconnu et ils ont été accusés de toutes les trahisons. Si nous n’avions été que marginalisés, minoritaires dans la classe politique, cela n’aurait pas été grave. Ceci étant dit, il n’y a jamais eu de démocratie politique. Nous attendons tous les réformes avec beaucoup d’espoir. Nous aspirons tous à une société où les citoyens vivent en harmonie, avec un respect mutuel. Donc, il ne s’agit pas seulement de réinsérer Messali Hadj, le symbole. Tous les gens qui se sont engagés derrière lui doivent être reconnus. Il faut aussi savoir comment et pourquoi le 1er Novembre 1954 a eu lieu. Sortir ce qui est caché dans les placards. Qu’on dise aux Algériens pourquoi il y a eu 10 000 morts parmi les militants du PPA ? C’est une question politique qu’il faut débattre et personne ne nous a expliqué cela…

-A qui faites-vous allusion ?

Je ne fais allusion à personne. Je parle, entre autres, de ce que, vous, vous appelez la classe politique, et qui, à mes yeux, n’existe pas. A quelques exceptions près… J’ai beaucoup d’estime pour Louisa Hanoune, une femme de talent. Je ne suis pas toujours d’accord avec elle mais je l’apprécie. Quand il y a des femmes comme elles, il faut en parler.

-Des militants du Parti du peuple algérien (PPA) ont annoncé qu’ils allaient revenir à l’activité politique en déposant un dossier d’agrément. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est une bonne chose. Que représente le PPA ? L’âge d’or du nationalisme algérien, et ce n’est pas rien ! Je suis née avec et j’ai grandi dedans. Ce sigle a coûté beaucoup aux gens qui le défendaient. Ces trois lettres vous envoyaient en prison. C’est le sigle le plus glorieux de l’histoire de l’Algérie contemporaine. C’était synonyme d’indépendance ! Les nouveaux militants du PPA doivent entrer dans l’histoire avant de se positionner sur la place publique.

-Vous seriez donc prête à rejoindre ce parti qui renaît de ses cendres ?

Moi, je suis née dans ce parti, dans ses entrailles. Les gens dont vous parlez sont présomptueux : je n’ai pas de leçon à recevoir d’eux, je ne sais pas quel projet de société ils proposent. On n’est pas en 1937. Nous sommes en pleine mondialisation, Obama préside les Etats-Unis ! Qui aurait pensé au moment de la création du PPA qu’un Noir serait élu président des Etats-Unis ? Nous vivons dans un monde nouveau. Les valeurs du PPA restent importantes et nobles et elles appartiennent à tous les Algériens. C’est une affaire de vision, d’envergure. Qui aujourd’hui a une vision sur le Maghreb ? A ces gens, j’ai envie de dire : qu’ils laissent le PPA au peuple algérien. Et puis je ne veux pas qu’ils chaussent les chaussures de Messali. Elles sont trop grandes pour eux…

-La reconnaissance de votre père, vous la devez au président Bouteflika…

Je me pose la question… Doit-on la reconnaissance de mon père à l’intelligence et la clairvoyance d’un citoyen algérien qui est le président de la République ? Une chose est sûre, on ne la doit pas aux partis politiques qui n’ont jamais eu l’intention de revisiter l’histoire. Ni aux associations des droits de l’homme ? A mon avis, il y en a trop pour qu’elles soient honnêtes.

-Vous avez de l’espoir quant à l’avenir du pays ?

Beaucoup d’espoir dans ce pays de richesses, naturelles et humaines.

Le Parti du peuple algérien veut revenir sur la scène politique

 

Ali Agouni est l’un des proches compagnons de Messali Hadj et un des responsables importants du Parti du peuple algérien. A la veille de la tenue du colloque international sur le père du nationalisme algérien – rencontre à laquelle participeront déminents historiens, à l’image de Benjamin Stora, Mohamed Harbi – il a tenu à rappeler que les anciens dirigeants du PPA ont déposé leur dossier pour l’obtention de leur agrément. Ils entendent ainsi reprendre leur activité «à la faveur de la nouvelle loi sur les partis». Il souligne : «Nous avons lancé un appel au président de la République pour lui expliquer qu’un tel agrément nous permettrait de participer librement et légalement en Algérie à la vie politique et syndicale en défendant son programme.

Autrement dit, la fin du système, le libre exercice de toutes les libertés d’expression, la liberté syndicale, la parole au peuple et l’élection d’une assemblée constituante, la désignation d’un gouvernement responsable devant l’Assemblée constituante qui remettra l’Algérie dans la voie de la liberté d’expression dans la véritable justice et qui mettra fin à la corruption, la bureaucratie, la dilapidation des biens du peuple et la préparation des élections libres et transparentes au suffrage universel».

 

Bio express :

 

Née à Alger il y a 73 ans, Djanina Benkalfat Messali, fille d’Emilie Buscand, à qui revient l’honneur de la confection du premier drapeau algérien, a appris à marcher en prison, à Maison carrée (El Harrach, est d’Alger), quand elle rendait visite à son père en compagnie de sa mère. Elle part en France en 1952 après le kidnapping de son père à Chlef. Elle vit aujourd’hui à Montréal.

 

El Watan, 19 septembre 2011

 

http://www.elwatan.com/weekend/enaparte/les-chaussures-de-messali-sont-trop-grandes-pour-les-nouveaux-militants-du-ppa-16-09-2011-140001_180.php

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Published by Chahreddine Berriah - dans Algérie Histoire
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commentaires

hamza herzallah 23/09/2011 22:38



شكرا جزيلا نحن فرحون بهذه المقالة


السيد : حرزالله حمزة



EVP Ecoute Vois Parle 25/09/2011 15:26


(La choukran 3ala wajib) Je ne fais que partager quelques articles en espérant que cela soit utile pour quelques internautes.