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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 09:50

Messali Hadj

 

36e ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE MESSALI (3 JUIN 1974)
Messali Hadj a-t-il été réellement réhabilité ?

 

Ils n’étaient pas nombreux au cimetière de Sid-Ahmed Senouci, en cette matinée du 3 juin, les fidèles de Messali qui sont venus pour la plupart des autres régions d’Algérie. Certains, malgré leur âge avancé, n’ont pas hésité à faire le déplacement à Tlemcen pour rendre hommage à leur vieux compagnon de route et de lutte.


Des anciens militants du PPA et du mouvement national se souviennent de cette journée du 3 juin 1974, ils étaient présents, ce jour-là, pour jeter un dernier regard sur ce cercueil posé sous l’ombre des peupliers de ce grand cimetière qui ne pouvait contenir une foule qui tenait à saluer l’enfant du bled, mort en exil. Ce jour-là, malgré la présence des services de sécurité, la peur avait disparu et pour la première fois les traditions tlemcéniennes furent bousculées, la présence des femmes aux funérailles de Messali ne choqua personne et inquiéta même les services de sécurité qui craignaient des débordements au moment où justement une femme recouvra le cercueil de Messali avec l’emblème national. Messali venait enfin de remporter une dernière victoire sur ses adversaires en attendant le jugement de l’histoire.

 

En ce 36e anniversaire de la mort de cette figure charismatique du mouvement national, des questions restent toujours posées. A l’arrivée de Bouteflika au pouvoir il y a eu, certes, une réhabilitation officielle du fondateur de L’Etoile nord-africaine (ENA) et du Parti du peuple algérien (PPA), mais, en dehors de l’aéroport de Tlemcen qui porte le nom de Messali, la nouvelle génération ignore complètement l’existence de ce patriarche de la cause nationale. Cela explique que ceux qui viennent se recueillir chaque année sur la tombe de Messali viennent des autres régions du pays. Ce jeudi, il y avait peu de Tlemcéniens à l’exception de quelques amis et des proches de la famille Messali. Il faut dire que le recueillement sur la tombe de Messali se fait chaque année dans la totale indifférence des autorités locales, y compris les élus.

 

Seule l’épouse du défunt Redouane Hamidou était présente à cette cérémonie de recueillement qui commence à gêner certains responsables et pour cause, l’opinion publique commence à se poser la question : pourquoi continue-t-on à ignorer cette page d’histoire ? Ce qui a fait dire à un militant de la cause nationale : «Qui a peur du verdict de l’histoire ?» Selon certaines informations qui nous été confirmées par des personnes présentes à ce 36e anniversaire de la mort de Messali, les responsables locaux ont refusé de donner une autorisation pour la tenue d’une conférence prévue pour la circonstance. Aussi, comment peut-on remonter le cours de l’histoire du mouvement national sans faire une halte méditative sur la longue marche de l’épopée révolutionnaire ?

 

Le devoir de mémoire s’impose, car aucun peuple, aucune civilisation ne peut se passer de la préface de son histoire. De l’émir Abdelkader jusqu'à Boudiaf, l’histoire de l’Algérie ressemble à un passionnant feuilleton amputé volontairement de quelques épisodes et pas des moindres. Le lourd silence entretenu savamment sur le rôle des grandes figures du mouvement national est lui-même révélateur de la violation de la morale révolutionnaire.

 


M. Zenasni

 

Le Soir d'Algérie, 6 juin 2010

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Published by M. Zenasni - dans Algérie Histoire
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