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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 11:16
Scènes de la guerre d'Algérie en France
 
Mise au point de Djanina Messali-Benkelfat adressée à Jean-Luc Einaudi à propos de son livre : Scènes de la guerre d’Algérie en France, Automne 1961, Paris, Cherche-Midi, 2009.


Monsieur,

Je viens de lire votre livre édité au «Cherche-Midi» intitulé «Scènes de la guerre d’Algérie en France».
Ce livre est essentiellement consacré à des témoignages de militants du FLN rescapés du massacre de la rafle du 19 Octobre 1961 perpétrée par la police française et dans une deuxième partie de l’exploitation d’archives inédites de la Fédération de France du FLN qui répertorie les noms de militants assassinés par le FLN ou par le MNA (seulement en 1961).

Votre distinction entre les deux mouvements se base uniquement sur les colonnes de chiffres des rapports financiers et au nombre de cotisations. Vous conviendrez que cette comptabilité macabre manque pour le moins de connotations et d’analyse historiques.

Je vous rappelle que les assassinats fratricides ont débuté en France et en Algérie fin 1955 et qu’un congrès du FLN qui s’est tenu en 1956 dans la vallée de la Soumame a décidé de la liquidation physique du MNA au nom de la représentation exclusive du FLN de la résistance algérienne.

Ceci étant dit, je tiens à vous exprimer ma profonde indignation à la suite du témoignage N° 18 page 120 de votre livre intitulé: «Un cadre du FLN».

Il s’agit d’un vrai faux témoignage. L’auteur se présente comme un cadre du FLN dont les basses œuvres s’apparentent plutôt à celles d’un homme de main. Les faits erronés de cette affabulation construite de toute pièce afin de prouver coûte que coûte une collusion avec la police, dans le but de porter atteinte à l’honneur de Messali Hadj, mon père et à ma famille sont scandaleux.

Pour l’essentiel en 2005, cet individu reprend comme une leçon bien apprise, la propagande diffamatoire du FLN pour étayer et construire un vrai faux témoignage sur des pseudo-faits qui ne se sont passés que dans son imagination lors des obsèques de ma mère Emilie Busquant-Messali à Neuves-Maisons en 1953.

Plus loin, il n’hésite pas pour être encore plus convainquant à me citer au passage pour en définitive affirmer sans sourciller que grâce à la complicité des autorités françaises, mon frère Ali aurait été exempté du service militaire. Messali Ali, mon frère, paix à son âme a été arrêté à Paris par la police en Avril 1952 pour insoumission au service militaire, interrogé pendant plusieurs jours au quai des Orfèvres, il passera devant un tribunal militaire, sera défendu par Me. Yves Dechezelles puis assigné à effectuer son service dans un camp disciplinaire.

Cher Monsieur, vous pouvez toujours dans votre introduction, vous protéger derrière la fragilité supposée des témoignages mais la moindre des rigueurs aurait exigé que vous fassiez les recoupements d’usage qui s’imposent.

Les mensonges infâmes que vous qualifiez de contribution à la connaissance de l’histoire ne vous grandissent pas.

Ce procédé n’est pas sans rappeler les accusations de «flics» proférés autrefois contre les trotskistes et en remontant un peu plus loin, pendant la guerre d’Espagne à la liquidation du «POUM»…!
En Algérie du reste cela dégénèrera par une véritable guerre civile.

Salutations distinguées.

Djanina Messali-Benkelfat

P.S.: Je rends cette mise au point publique et la diffuse auprès des historiens.

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Published by Djanina Messali-Benkelfat - dans Algérie Histoire
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