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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 19:47

La Planète des singes : les origines

 

Intelligent, Révolutionnaire, Animal.

 

 

Je ne sais pas pour vous mais à la fin du film j'ai eu comme une envie de lever le poing et de tambouriner bruyamment ma poitrine. C'est que ce film a un souffle indéniablement anticolonial comme le splendide "Avatar" et quelque chose d'irréductiblement insurrectionnel à la manière du classique "Spartacus".

 

Un jour que je tombais sur l'affiche, légendée "la révolution commence", je ne pouvais m'empêcher de penser à notre actualité la plus brûlante, en particulier aux divers mouvements, émeutes, guerres et révolutions qui étreignent le monde, en particulier sa composante arabe.

 

En remontant dans mes souvenirs de jeune provincial télévisué, j'associais à la "Planète des singes" une série des années 1970 et un film des années 1960. Je n'avais pas vu la version de Tim Burton (2001) et j'ignorais même, jusqu'à ce qu'une camarade me l'apprenne, que ces productions n'avaient d'autre origine que le roman de Pierre Boulle paru en 1963.

 

Plusieurs lectures peuvent évidemment être faites. Je serais d'ailleurs curieux de lire les impressions des uns et des autres qui renseignent autant sur les affinités esthétiques (travaillées par le social) que politiques (idem et vice versa). Autant le dire, si cet épisode de la "Planète des singes" qui est un poil en-dessous d' "Avatar" (sans mauvais jeu de mots), il n'en demeure pas moins au-dessus de tout ce qui se fait en ce moment et ce, pour plusieurs raisons.

 

Le film revient sur la genèse de la saga (comme quoi la généalogie est une marque essentielle de notre temps, et cela se retrouve au cinéma : "X-Men : le commencement", par exemple). On apprend comment, dans un laboratoire dirigé par un capitaliste cupide (pléonasme), un singe aux yeux verts développe une intelligence supérieure à la norme, éduqué par un savant au bon coeur qui le sauve d'une mort certaine.

 

Après un incident violent, le singe baptisé César est envoyé dans une réserve pour animaux dans laquelle il découvre ses semblables qui lui étaient jusqu'alors étrangers. Il expérimente son altérité, aiguise sa conscience de race et refuse le rôle de singe savant auquel il était confiné, condamné.

 

En tissant la solidarité entre les siens (qui finissent par le reconnaître comme un des leurs), en surmontant le scepticisme ambiant, en organisant et émancipant ses frères de condition (par l'usage de la substance qui booste l'intelligence à la manière du film "Limitless", sans doute une métaphore de l'éducation), César conduit la libération des opprimés et renvoie les humains à leur inhumanité.

 

Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que le premier mot qu'il prononce est celui du refus : "NON !" Refus de la vengeance et de la violence aveugle, sans doute pour ne pas se mettre à la hauteur de ces hommes qui déçoivent ou trahissent. Sûrement marquée par ma subjectivité révolutionnaire, de descendant de prolétaires colonisés émigrés, j'ai retrouvé dans certaines scènes et certains dialogues, les mêmes paroles entendues chez les miens, jusqu'aux regards familiers. "United we stand, divided we fall"...

 

A n'en pas douter, ce film parlera aux mal nés, aux métis ou bâtards, aux agnostiques de tout poil, aux réfractaires de tous les pays, à ceux qui refusent d'être tenus en laisse, à ceux qui rejettent la main droite et la main gauche de l'empire, à ceux qui rompent avec tous les bureaucrates et toutes les supercheries, à ceux qui commencent par dire NON et rient aux éclats devant la déroute de toutes les fausses autorités...

 

Aut caesar aut nihil !

 

 

"Rise of the Planet of the Apes", Real. Ruppert Wyatt, durée 02h00, prod. 2011.

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Published by Sidi Cinéma - dans Critiques Cinéma
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