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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 14:26

Source : El Watan, 8 août 2013

http://elwatan.com/actualite/l-injustice-politique-et-morale-faite-a-messali-hadj-restera-une-tache-pour-l-algerie-08-08-2013-224001_109.php

 

Dans le livre Une vie partagée avec Messali Hadj, mon père (éditions Riveneuve, Paris 2013), la fille du nationaliste algérien raconte la part inconnue de cette légende de la Révolution algérienne.

 

- En quoi ce livre de mémoire, où vous dévoilez une part de votre vie avec votre père, vous a-t-il semblé nécessaire ?

Ce livre m’a non seulement semblé nécessaire mais indispensable. Comme je le dis en introduction «je l’ai porté en moi durant trente-cinq ans». C’est aussi une «promesse» que j’ai tenue, un véritable devoir de mémoire personnel et citoyen.

 

- C’est votre père qui vous a demandé d’écrire son histoire, avec vos yeux, toute l’histoire. Avez-vous le sentiment du devoir accompli ? Votre pudeur vous a-t-elle poussée à cacher certains aspects ?

Oui ! Effectivement, vos termes sont exacts, j’ai eu un total sentiment d’accomplissement lorsqu’en arrivant de Montréal au Salon du livre de Paris, j’ai eu la joie et l’émotion de prendre mon livre dans mes mains. Par ailleurs, je me suis exprimée assez librement dans ce livre et pense n’avoir rien caché qui puisse intéresser davantage le lecteur.

 

- Votre mère a joué un grand rôle dans l’activité politique de votre père ? Est-ce le fruit du hasard d’une rencontre, ou bien votre mère a-t-elle été déterminante dans les prises de position de votre père au moment de l’Etoile nord-africaine ? Autrement dit, ces deux parcours sont-ils, durant cette période, séparables ?

Je commencerai par la dernière partie de votre question. Il n’y a qu’un seul et même parcours partagé. Ensuite, la relation de mes parents est une conjugaison articulée et rôdée à tous les niveaux de leur vie personnelle et politique, à toutes les périodes de leur itinéraire. Ils se sont construits à deux, ont fait leur éducation politique ensemble et leur engagement fut commun. Son rôle dans le destin historique de mon père est prépondérant. Ensemble, ils ont fait la démonstration qu’en s’engageant sur une valeur universelle, telle que la liberté, leur différence n’a jamais été un obstacle. Ça, c’est remarquable !

 

- Pensez-vous un jour écrire la vie de votre mère, à l’image de ce qu’a déjà écrit Mohamed Benchicou ?

Dissocier la vie de ma mère de celle de Messali est impossible. Il a fallu le talent de Mohamed Benchicou pour en faire l’héroïne d’un roman dans lequel Messali est présent tout du long. En plus du talent, Mohamed Benchicou a le mérite citoyen d’être le premier écrivain algérien à casser l’occultation de ce pan important de l’histoire du nationalisme.

 

- Quel père était Messali Hadj, pour la petite fille que vous étiez, la militante à ses côtés puis plus tard, pour la femme mariée, mère de famille ?

Dans la petite enfance, j’avais un père mais je n’ai pas eu de «papa» avant l’âge de 5 ans. Je rendais visite à un bagnard une fois par mois, c’était mon père. Notre frustration affective réciproque a été compensée ensuite par des liens exceptionnels, forts qui se sont renforcés davantage encore dans la vie rude partagée. Je suis passée de l’enfance à l’âge adulte sans transition, et j’ai eu à assumer très tôt des responsabilités familiales ainsi qu’à être utile dans des actions militantes. Très jeune, mon père a su m’élever à lui en me considérant comme une grande personne, ce qui ne l’empêchait pas par ailleurs de partager avec moi des moments ludiques d’une tendresse toute paternelle. Bien plus tard, notre proximité et nos rapports de totale confiance n’interdisaient pas qu’il use de délicatesse, tact et élégance à mon égard.

 

- Quelles sont les révélations que vous faites dans cet ouvrage sur le parcours de Messali Hadj ?

Dans mon ouvrage, ce n’est qu’une succession de révélations pour les générations qui ont suivi la mienne, a fortiori pour celles d’aujourd’hui. L’histoire de ma famille s’inscrit entièrement dans l’histoire du mouvement national, celle-là même qui a été travestie à des fins de confiscation de légitimité.

 

- On découvre dans votre ouvrage un Messali toujours déterminé, mais dépassé par les événements. Il traduit le premier la lutte pour l’indépendance, mais il laisse à d’autres la tâche du déclenchement dont il avait lui-même décidé la période ?

Votre question, cher Monsieur, est contradictoire. Si Messali avait été dépassé par les événements, il n’aurait pas décidé la période du déclenchement». D’autant que ce n’est pas une décision personnelle, c’est la décision d’un congrès tenu les 13, 14, et 15 juillet 1954. Posez-vous la question de savoir pourquoi et comment ce «déclenchement» a eu lieu à une autre date ? Les lecteurs trouveront dans mon ouvrage comment les enjeux de hpouvoir sur l’avenir ont précipité ce «déclenchement».

 

- Dans vos yeux de jeune fille que vous étiez, comment viviez-vous l’idée répandue que votre père était un zaïm, un dictateur dans l’âme, en parliez-vous ensemble ?

Jeune fille, j’avais déjà une conscience politique qui me permettait de distinguer la propagande hideuse des adversaires de Messali Hadj, de la réalité que je vivais quotidiennement avec lui. Ce genre d’attaques démontre la faiblesse politique de ses adversaires dans la confrontation. Permettez-moi de relever le terme de «zaïm». Il est impropre dans le cas de Messali, et interprété ici péjorativement, car dans le langage populaire, il signifie leader. Ne l’est pas qui veut ! C’est le peuple qui en décide en se reconnaissant dans le leader. Il y a lieu de constater que le sens de ce terme a évolué négativement dans les milieux dits «progressistes et démocrates» désignant ainsi les despotes aux pouvoirs absolus qui, certes, n’ont pas manqué à la tête du pays depuis cinquante ans.

 

- Parmi les moments les plus difficiles des assignations à résidence, celle de Belle-Île semble avoir été la plus dure, au moment où la révolution algérienne était lancée, et que Messali en était écarté doublement par le FLN et par le pouvoir français. Comment avait-il vécu cette difficulté extrême ?

Par les conditions de vie qui nous ont été imposées, la résidence forcée à Belle-Île fut longue et dure. Certes, la révolution algérienne était en marche, mais nous savions tous qu’il fallait un jour négocier la paix qui devait nous mener à l’indépendance. Pour faire court, je vous dirais que les jeux n’étaient pas faits ! Que Messali à ce moment-là avait toutes les chances de reprendre la main, en proposant de faire la paix tout de suite, en appelant à un cessez-le-feu immédiat et réunissant une table ronde avec toutes les parties concernées du conflit. Seulement en France, la IVe République n’avait plus les moyens d’une solution politique au conflit, ce qui d’ailleurs favorisera le retour du général de Gaulle. Mais cette proposition agacera et dérangera durablement le GPRA.

 

- Quel est le moment le plus terrible dans la traversée de l’adversité pour votre père ?

Les moments terribles ne lui ont pas été épargnés : en 76 ans de vie, il a eu 25 ans de liberté. Cependant, l’outrancière et meurtrière adversité des siens, l’enfermé de la mer, comme le qualifiait André Breton, en souffrit terriblement.

 

- De ces longues décennies vécues hors d’Algérie qu’en tirez-vous comme ressentiments, à présent que la mémoire de votre père commence à être honorée ?

De ces décennies vécues hors d’Algérie, j’ai surtout eu un sentiment de gâchis incommensurable à tous les niveaux et toutes les époques confondues. Le manque de vision des hommes amenés à diriger le pays en est à l’évidence responsable. Quant à mes ressentiments personnels, je les ai gérés au mieux, avec hauteur et effacement. Car l’injustice politique et morale faite à Messali Hadj restera une tache dans l’histoire de l’Algérie.

 

- Comment vos enfants et petits-enfants voient-ils la mémoire de leur grand-père ?

Pour toute la famille, mon père a été le personnage central, ma mère nous ayant quittés bien avant la naissance de mes enfants. Mes petits-enfants ne l’ont pas connu mais mes enfants malgré les vicissitudes ont eu un vrai grand-père, affectueux, joueur, tendre, et à l’écoute. Il n’était pas rare que mon père aborde avec eux des questions d’actualité internationale, de politique et d’histoire ou toutes autres sortes de sujets. Quant à ma fille Leïla, ce n’est pas un hasard si elle a choisi d’étudier l’histoire contemporaine de l’Algérie à l’université.

 

- Vous ne vous appesantissez pas sur la période de la vie de Messali Hadj après 1962. Votre père décède en 1974. Douze années de 1962 à 1974. Que s’est-il passé en lui et dans son vécu quotidien après le refus de légaliser le PPA en 1962, puis le coup d’Etat de 1965 ?

J’ai évoqué dans mon livre la vie politique de Messali Hadj après 1962.  Elle n’a duré en fait que sept années puisque la maladie l’a frappé en 1969. Il n’était nullement effrayé à l’idée de constituer un parti politique minoritaire afin de poursuivre son action pour l’ouverture démocratique du pays, seulement le FLN s’est mû en Etat-FLN.  Le journal du PPA Le Cri du peuple algérien n’a pas manqué de condamner vigoureusement le coup d’Etat de 1965. Certains responsables, qui avaient été ses disciples, avaient gardé pour lui affection et respect, d’autant qu’ils s’apercevaient de plus en plus que leur engagement n’avait pas procédé de la lutte qu’ils croyaient faire.

 

- La démocratie instaurée en 1989 n’a pas permis au PPA d’activer légalement. Y a-t-il une lassitude chez les militants ? Ont-ils pu renouveler le vivier militant dans la clandestinité ?

La démocratie savez-vous, c’est toute une éducation qui reste à faire ! Elle est toujours en projet. En 1989, on a lâché quelques soupapes après les événements de 1988 et on a donné l’illusion d’une ouverture démocratique. Les jeunes militants du PPA ont vieilli, mais sont restés fidèles aux valeurs politiques de leur parti.

 

- Quel est le livre qui reste à écrire sur Messali Hadj ?

Mon livre intéressera sûrement beaucoup de lecteurs en France, au Maghreb et particulièrement en Algérie. Il sera d’un intérêt certain pour les chercheurs et les universités en manque de sources et d’archives. Messali Hadj grande figure de la lutte anticoloniale du XXe siècle, dont le long parcours n’est pas méconnu hors des frontières algériennes, devrait inspirer bien des historiens, des politologues et des écrivains.

Hommage à la figure paternelle :

 

A la fin des années 1920, Messali fut le fondateur du premier parti à revendiquer l’indépendance comme objectif de la lutte des Algériens. Il passa pourtant la majeure partie de sa vie en prison ou en exil, et la révolution menée par le FLN ne l’épargna pas, ni lui ni ses militants. Dans 400 pages riches d’informations, Djanina Messali-Benkhelfat rend hommage à la figure paternelle et tord le cou à des clichés véhiculés sur lui.

Toutes les étapes de la vie politique de Messali, depuis les années 1930 jusqu’à sa mort en 1974, avec ses emprisonnements et la lutte continuelle, sont établies par sa fille, avec vérité, et non sans une certaine émotion contenue. «Messali Hadj est mort comme il a vécu. Il est mort en exil. Mais l’adversité du pouvoir n’a pu empêcher qu’il soit porté en triomphe pour être mis en terre parmi les siens.» C’était à Tlemcen. La dépouille de Messali est enterrée dans sa terre, malgré l’obstruction des autorités publiques de cette époque.    W. M

 

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Published by Walid Mebarek - dans Algérie Histoire
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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 12:31

Le doyen des parlementaires nous quitte

 

Mustapha Ben Mohamed, ex-secrétaire général du Parti des travailleurs (PT), est décédé à l'âge de 86 ans. Cette douloureuse nouvelle, transmise par le Parti des travailleurs ainsi que par la famille Ben Mohamed, est tombée comme un couperet parmi tous les militants de la cause nationale..
Ex-député du PT et vieux combattant de la Révolution algérienne, le défunt s'est engagé dans le combat pour l'Indépendance nationale depuis 1954. Il rejoint le Parti du peuple algérien (PPA) après le massacre perpétré par les hordes coloniales du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata.
Du nom de guerre «Negro», et plus tard «Mousse» après l'indépendance, il est né le 31 décembre 1926 à la Casbah. Membre du PPA en 1945, il intègre l'Organisation secrète (OS) trois ans plus tard. En 1953, il est le plus jeune élu du conseil municipal d'Alger et responsable de la commission ouvrière.
Militant de la cause nationale, «Mousse» s'est toujours revendiqué du Mouvement national algérien (MNA). Arrêté en 1955 par les forces d'occupation coloniales, il est torturé avant d'être interné jusqu'en avril 1962.
La levée du corps se fera aujourd'hui mercredi 15 mai à 12h30 en son domicile sis Cité Mohammadia, BT 2 (à côté de la Poste).
L'enterrement aura lieu à Alger au cimetière El Alia dans le carré des moudjahidine.

 

http://www.lexpressiondz.com/actualite/174067-le-doyen-des-parlementaires-nous-quitte.html

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Published by Abdelkrim AMARNI - dans Algérie Histoire
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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 22:27

 

Entre continuités et ruptures générationnelles

 

Les recherches sur la guerre d'indépendance algérienne

 

Cinquante ans après

 

 

 

Colloque international, Université Paris 8 – EA Erasme

 

Amphi D003

 

 

 

Vendredi 9 novembre 2012

 

 

 

09h00 Accueil des intervenants

 

 

 

09h30 Danielle TARTAKOWSKY, présidente de l’Université de Paris 8

 

Aïssa KADRI, Professeur, Université de Paris 8

 

Allocutions d’ouverture

 

 

 

10h00 L’Algérie coloniale

 

Modérateur : René Gallissot, Université Paris 8

 

 

 

Mouloud HADDAD, Université Paris 8

 

Les maîtres de l’heure : islam, violence et eschatologie en Algérie coloniale, XIXe siècle ».

 

 

 

Philippe BOUBA, Université d’Oran, CRASC / Université de Perpignan

 

Le mouvement anarchiste en Algérie de 1887 à 1926 : presse de propagande et de combat, activités militantes et positions politiques face au fait colonial

 

 

 

Annick LACROIX, ISP–ENS Cachan

 

L’exemple des Postes, Télégraphes et Téléphones en Algérie, 1870-1939. Étudier une administration en situation coloniale grâce aux outils des sciences sociales

 

 

 

Álcos FERWAGNER , Université de Szeged, Hongrie

 

Jacques Chevallier, maire d’Alger

 

 

 

Emmanuel BLANCHARD , Université de Versailles-Saint-Quentin

 

Paris, capitale impériale : la tuerie du 14 juillet 1953

 

 

 

13 h00 Pause déjeuner

 

 

 

14 h00 Nationalisme et Algérie

 

Modérateur : Jean LECA, IEP de Paris

 

 

 

Michelle MANN, Brandeis University

 

A Missed Opportunity? Conscription and Assimilation in Prewar Franco-Algerian Discourse

 

 

 

Julien FROMAGE, CHISM-EHESS et SEDET-Université Paris VII

 

La mobilisation des élus musulmans fédérés au cours des années 1930 : chaînon manquant entre anticolonialisme et nationalismes ? »

 

 

 

Nedjib SIDI MOUSSA, Université Paris I

 

« Le rôle de la femme dans la révolution algérienne » : émancipation et paternalisme dans le mouvement messaliste.

 

 

 

16 h00 Guérilla, théorie et lutte antisubversive

 

Modérateur : Claude BATAILLON, Professeur université Toulouse Le Mirail

 

 

 

Moula BOUAZIZ, Université Paris 8

 

David Galula

 

Théorie et expérience de la lutte antisubversive

 

 

 

Marnia LAZREG, Hunter College-City University of New York

 

The Military Organization of Knowledge and the Dream of the New Colonial Subject

 

 

 

Denis LEROUX, Université Paris I

 

Mener la “guerre révolutionnaire” et transformer la société coloniale : l’exemple du quartier de Warnier ».

 

 

 

Fabien SACRISTE, Université Toulouse II

 

Le regroupement des populations, 1954-1962. Instrument de la lutte contre-insurrectionnelle ou interventionnisme socio-économique ? »

 

 

 

 

 

Samedi 10 novembre 2012

 

 

 

09 h00 Guerre française et algérienne

 

Modérateur : Gilles Manceron, Historien

 

 

 

Settar OUATMANI, Université de Bejaïa

 

L’histoire de la wilaya III à travers ses archives. Un exemple : l’état financier de la zone III

 

 

 

Saphia AREZKI, Université Paris I

 

La formation militaire des combattants de l’ALN

 

 

 

François-Xavier HAUTREUX, professeur certifié d’histoire-géographie

 

Les harkis – historicisation d’un concept

 

 

 

10 h30 Opinions nationales et internationales

 

Modérateur : Benjamin STORA , Université de Paris XIII

 

 

 

Tramor QUEMENEUR, Université Paris 8

 

Jeunesses et désobéissance dans la guerre d’Algérie

 

 

 

Vanessa CODACCIONI, Université Paris 8-CRESPPA-CSU

 

Penser la diversité des expériences communistes de la guerre d’Algérie

 

 

 

Andrea BRAZZODURO, Université de Rome “La Sapienza”

 

Deux autres rives de la Méditerranée. La gauche italienne et la lutte des algériens

 

 

 

Julien HAGE, professeur d’histoire-géographie

 

Guerre d’Algérie. Guerre des brochures

 

 

 

Daniel GORDON, Edge Hill University, Royaume-Uni :

 

Le 17 octobre 1961 et l’opinion française la collaboration ou la résistance

 

 

 

13h00 Pause déjeuner

 

 

 

14 h00 Guerre d’indépendance et relations internationales

 

Modérateur : Françoise BLUM, Université de Paris I

 

 

 

László NAGY, Université de Szeged, Hongrie

 

La propagande radiophonique en faveur du FLN : le Poste émetteur en langue arabe de Budapest, 1954-1955

 

 

 

Linda AMIRI, IEP de Paris

 

L’Europe, second front de la guerre d’indépendance algérienne?

 

 

 

Mickaël GAMRASNI, IEP de Paris

 

France/États-Unis : le grand malentendu, 1958-1962

 

 

 

Roland LOMBARDI, IREMAM

 

Un aspect international méconnu de la guerre d’Algérie : le regard et l’implication d’Israël dans le conflit

 

 

 

Fatima BESNACI-LANCOU, Université Paris XIII

 

L’action du Comité international de la Croix-Rouge pendant la guerre d’Algérie et ses suites

 

 

 

Aïssa KADRI , Université de Paris 8

 

L’exécutif provisoire, une transition avortée

 

 

 

16 h00 Images et mémoires de la guerre

 

Modérateur : László NAGY, Université de Szeged, Hongrie

 

 

 

Emmanuelle COMTAT, CNRS

 

Des mémoires traumatiques au vote. Les Français d’Algérie et leurs descendants face à leur passé

 

 

 

Emm anuel ALCARAZ, Université Paris XIII

 

Les lieux de mémoire de la guerre d’indépendance en Algérie

 

 

 

Marie CHOMINOT, Université Paris 8

 

L’indépendance par l’image ?

 

 

 

18 h00 Allocutions de clôture

 

Mohamed HARBI, Professeur émérite Université Paris 8

 

Aïssa KADRI, Université Paris 8

 

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Published by EVP Ecoute Vois Parle - dans Algérie Histoire
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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 12:53
  • L’éviction de l’historien Benjamin Stora

Nous historiens et chercheurs, spécialistes de l’Algérie contemporaine, déplorons l’éviction de l’historien Benjamin Stora comme commissaire de l’exposition Albert Camus qui se tiendra à Aix-en-Provence en 2013 à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain.

  • Nostalgiques du temps colonial

En effet, la Maire (UMP) d’Aix-en-Provence et présidente de la communauté du pays d’Aix, Maryse Joissains-Masini, a demandé à Michel Onfray, de devenir commissaire d’un nouveau projet d’exposition, ce qu’il a accepté. Or, Maryse Joissains-Masini s’est distinguée récemment pour ses positions favorables aux nostalgiques du temps colonial. Elle a déjà annulé plusieurs manifestations culturelles autour du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie.

  • Acte grave de censure

De même, Benjamin Stora, sans même avoir pu défendre son projet, a été évincé de l’exposition Albert Camus sur laquelle il travaillait depuis plusieurs années. Les historiens et chercheurs soussignés considèrent que cette éviction constitue un acte grave de censure, et appellent à la solidarité avec l’historien connu pour son travail universitaire sur l’histoire de l’Algérie contemporaine.

Premiers signataires

- Linda Amiri (doctorante, Sciences Po)
- René Gallissot (professeur émérite, Université Paris 8)
- Gilbert Grandguillaume (maître de conférences émérite, EHESS)
- Ali Guenoun (doctorant, Université Paris 8)
- Didier Guignard (chercheur associé, IREMAM),
- Mohammed Harbi (professeur émérite, Université Paris 8),
- Jim House (directeur du Centre d’études culturelles françaises et francophone, Université de Leeds, Royaume-Uni),
- Aissa Kadri (professeur des universités, Université Paris 8),
- Kamel Kateb (chercheur, INED),
- Neil Macmaster (maître de conférences honoraire, Université d’East Anglia, Royaume-Uni),
- Gilles Manceron (historien, vice-président de la LDH),
- Claire Marynower (doctorante, Sciences Po),
- Abdelmadjid Merdaci (professeur des universités, Université de Constantine),
- Gilbert Meynier (professeur émérite, Université Nancy-II),
- Laszlo Nagy (professeur des universités, Université de Szeged, Hongrie),
- Jean-Pierre Peyroulou (enseignant, agrégé, docteur en histoire),
- Tramor Quemeneur (chargé de cours, Université Paris 8),
- Alain Ruscio (historien, chercheur indépendant),
- Nedjib Sidi Moussa (doctorant, Université Paris 1),
- Pierre Vermeren (professeur des universités, Université Paris 1).

S’associent également les personnalités :
- Djanina Messali Benkelfat (fille de Messali Hadj) et Georges Morin (association Coup de soleil).

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 23:42

Le journaliste et polémiste Mohamed Benchicou continue de briser les tabous et de titiller l’imaginaire algérien.

Avec La parfumeuse, il décide de réparer une injustice de l’histoire, en rendant sa place à la compagne de Messali Hadj, Emilie Busquant.
L’histoire officielle prend des raccourcis imbéciles pour arriver rapidement à une impasse. Les manuels scolaires parlent d’une unanimité fantasmée, les historiens, rémunérés par un parti-Etat, inventent des personnages secondaires pour en faire des héros nationaux, frisant le ridicule avec des épopées dignes de comiques.

A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, Mohamed Benchicou, lui, a décidé de dépoussiérer le capharnaüm. La faute originelle à
l’indépendance ? Il y en avait plusieurs, dictature, absence de liberté d’expression, le pouvoir confisqué par les militaires, etc. mais la source de nos malheurs est l’isolement de la femme, priée de retourner à ses fourneaux dès l’indépendance acquise.
«Toutes les femmes, qui ont peu ou prou fait quelque chose, de la Kahina jusqu’à Djamila Boupacha, ont été effacées. Réhabiliter leur combat, c’est offrir aux femmes une légitimité historique». Réhabiliter le combat des femmes. Mohamed Benchicou, dans un livre à la fois historique et romancé, La Parfumeuse, la vie occulte de Mme Messali Hadj, s’est intéressé à Emilie Busquant, épouse de Messali Hadj.

Double provocation : une femme et son mari, fondateur du nationalisme algérien, transformé en traître par une prestidigitation rocambolesque. Emilie qui ? Emilie Busquant, la créatrice du drapeau algérien. Octobre 1923 : une Lorraine, vendeuse dans un rayon «Parfumerie et objets pour dames», rencontre un ouvrier nord-africain. Emilie avait 22 ans, Messali 24. S’ensuit une histoire qui se confond avec l’histoire. C’est la rencontre entre le prolétariat, le nationalisme et l’amour. Dans l’ordre et le désordre.

Six ans plus tard, à Tlemcen, elle coud le premier drapeau algérien, comme il existe aujourd’hui. «Ce drapeau, elle l’avait voulu aux couleurs de cette organisation nationaliste révolutionnaire à laquelle elle avait déjà pensé chez Gégène, un parti qui soit à cheval sur la révolution française, la Commune et l’Islam : le rouge des insurgés de 1789 et du sang des communards, du Maghreb aussi, le vert et le croissant de l’Islam». C’est ce drapeau qui recouvrira son cercueil un an avant le 1er Novembre 1954. Un demi-siècle plus tard, Mohamed Benchicou fait œuvre utile. En rendant à Emilie Busquant sa place dans l’histoire, il nous a rendu à tous un peu de notre dignité.

 

El Watan, 5 juillet 2012

 

http://www.elwatan.com/culture/benchicou-rend-justice-a-emilie-busquant-le-drapeau-algerien-avait-une-mere-05-07-2012-177288_113.php

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Published by Rémi Yacine - dans Algérie Histoire
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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 18:31

Une exposition réalisée par les Archives départementales met au jour une foule de documents dont certains étaient jusqu'alors confidentiels. Elle ressuscite aussi des histoires oubliées qui ont lié la Charente et la guerre d'Algérie.

 

C'est une série de correspondances, de notes, de comptes rendus, restés secrets pendant un demi-siècle, exhumés pour la première fois. Des documents estampillés «confidentiel» et «courrier réservé», rédigés par les Renseignements généraux d'Angoulême ou la préfecture de la Charente: une fiche détaillant les moindres faits et gestes du président du Conseil et député Félix Gaillard; une autre épluchant les activités politiques de Jean Pronteau, parlementaire communiste, partisan de «la paix en Algérie», «pendant l'Occupation» et «depuis la Libération».

Les Archives départementales de la Charente qui ont inauguré vendredi une exposition baptisée «La Charente et les Charentais pendant la guerre d'Algérie» (1) mettent ainsi au jour quelques pièces inédites. Des pépites tombées naturellement dans le domaine public au terme de cinquante ans: «Les Renseignements généraux ont effectué un dépôt composé de documents sur cette époque alors que nous étions en train de préparer notre exposition», explique Amélie Averlan, directrice adjointe des Archives départementales. Le travail de fourmi mené a également permis de ressusciter d'étonnantes histoires oubliées.

Angoulême, prison à ciel ouvert de Messali Hadj

Qui s'en souvient? Au milieu des années 50, un homme à la barbe fournie, vêtu d'une djellaba et coiffé d'un fez, s'installe 48, avenue Gambetta à Angoulême. Il s'appelle Messali Hadj et il est l'un des pères du nationalisme algérien, condamné à Alger à seize ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour dans sa ville pour «atteinte à la sûreté de l'État». Angoulême a été choisie pour être sa prison à ciel ouvert «en raison de son calme et du faible nombre de résidents d'origine nord-africaine» (environ 80 personnes).

Le conseiller général et maire de Javrezac Jean Gombert se souvient de cet «homme habillé de manière traditionnelle toujours accompagné d'hommes dont on ne savait s'ils étaient des gendarmes ou des gardes du corps». «J'étais enfant, je ne savais pas qui il était.» La présence de Messali Hadj met Angoulême sous tension, révèlent plusieurs notes confidentielles.

Le commissaire de police écrit au préfet pour réclamer des renforts. (voir document). L'année suivante, le conseiller général Labarre confie son inquiétude au préfet: «Le mouvement de libération dirigé par Messali Hadj fait massacrer des Français, des Européens, des musulmans en Algérie. Il est responsable de la mort de nos soldats. On comprend mal que l'instigateur de ces attentats se promène à Angoulême en liberté, même surveillé, ait toute latitude pour donner ses mots d'ordre aux tueurs [...]. Les Charentais sont des gens calmes mais on ne peut pas les braver en vain quand l'avenir de la patrie est en cause.»

Des centaines de rapatriés en villégiature à Dignac

Une ferme banale sur un terrain d'environ un hectare, au lieu-dit «Chez-Soulet», commune de Dignac. Les habitants du secteur sont presque tous trop jeunes pour s'en souvenir mais des dizaines de ressortissants d'Afrique du Nord ont posé leurs bagages derrière ces murs dans les années 60. Le site avait même été rebaptisé El Abiodh, du nom d'un village algérien. Après les accords d'Évian, la Charente a ainsi accueilli près de 3 000 rapatriés du Maghreb.

Kadder s'en souvient parfaitement: ses parents, ses oncles et ses cousins ont longtemps été propriétaires de la ferme. Lui-même y a vécu une partie de son enfance. «Des Algériens mais aussi des Marocains et des Tunisiens sont passés par ici. On les a reçus parce que c'est notre tradition d'ouvrir les bras. Mais notre famille ne souhaite plus parler de cela, élude-t-il. L'histoire est douloureuse, les anciens ont tous disparu et nous avons tourné la page. Et on a toujours peur qu'en en reparlant, ce soit mal interprété.»

Selon les recherches effectuées par les organisateurs de l'exposition, le village El Abiodh a été édifié par direction départementale de la Construction. Des plans révèlent que les rapatriés étaient installés dans ce lieu de villégiature de façon méthodique: «Bâtiment 1, femme 1, bâtiment 2, homme 2»...

L'OAS a commis huit attentats en Charente

«Une bombe explose à Angoulême», titre la Charente Libre en 1961. «Le huitième attentat commis en Charente», affirme l'article. C'était place Victor-Hugo, devant le café Le Chalet. «Il est évident que cet établissement était visé parce que M. Réthoré, député UNR, y tient sa permanence les jours de foire», écrit le journaliste. Encore un souvenir occulté. Au début des années 60, les tensions sont vives dans le département entre les camps divisés autour de la question algérienne. L'OAS (Organisation de l'armée secrète) multiplie les actions. Les correspondances et les articles évoquent un attentat qui n'a pas fait de victime, à la préfecture, le 8 juin 1961 et raconte comment, dans la nuit du 22 au 23 août 1961, un autre attentat a été déjoué à Magnac-Lavalette: l'OAS avait programmé de faire sauter le château des frères Réthoré. Une simple ronde de gendarmes a permis d'éviter le pire.

(1) L'exposition est à découvrir au conseil général de la Charente. Entrée gratuite aux heures de bureau. L'exposition est composée de seize panneaux amovibles et d'un documentaire vidéo comportant des images d'archives et le témoignage d'André Veyssière, Charentais, ancien instituteur à Garat, rappelé en Algérie en 1956. 10 000 jeunes Charentais sont partis, à l'époque, défendre les positions de l'État français en Algérie.

 

http://www.charentelibre.fr/2012/06/26/carnets-secrets-de-la-guerre-d-algerie,1102440.php

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 13:44

Le MDA d'Ahmed Benbella avait décidé, en 1989, de poursuivre son action sur le territoire national mais il fallait compter sans l'acharnement du pouvoir qui voulait en découdre avec un parti dont il a toujours craint le leader.

Désigné comme porte-parole du parti, Hocine Guermouche avait écrit dans un communiqué de presse daté du 2 mai 1989, que «Le Mouvement (…), après un exil forcé, qui a duré 7 années au cours desquelles il a œuvré inlassablement pour que triomphe dans notre pays la démocratie, la justice et le progrès, (…),s'adresse à tous les citoyens et citoyennes déterminés à mobiliser leurs forces morales et les capacités intellectuelles pour être au grand rendez-vous de l'histoire de notre pays et afin que la démocratie ne reste pas un vain mot mais connaisse une réelle et large application». En lançant cet appel, Guermouche et ses compagnons savaient que la tâche n'avait rien de facile. «La libération du président Ahmed Benbella en 1979, laissait supposer un certain fléchissement du pouvoir dans le sens d'une ouverture politique, (…). Mais c'était sans compter avec un régime très attaché à ses privilèges,» rappelle Guermouche en référence à ce qui avait été écrit à la même année dans le numéro 8 du journal du MDA, Tribune d'Octobre. «La répression qui s'ensuivit sonna le glas d'une amorce de réactivation politique du parti,» note encore notre interlocuteur qui a rendu visite dimanche à la rédaction. Benbella n'avait ainsi de choix que de s'exiler pour continuer son combat à l'extérieur. Durant les années 80, Guermouche «ainsi qu'un nombre très important de frères connus pour leurs idées ouvertement opposées au régime-comme il le souligne lui-même, allaient connaître les affres d'une nouvelle longue détention, précédée de plusieurs semaines de torture les plus inhumaines et les plus abjectes exercées sur leur personne par des agents, des commissaires divisionnaires, des renseignements généraux et de la police judiciaire.» Transféré dans les locaux de la sécurité militaire à Bouzaréah, où il demeura trois semaines, Guermouche connaîtra le pénitencier de Berrouaghia pour y avoir été emprisonné durant 27 mois assortis d'une période d'isolement de 7 mois. Il sera aussi transféré à la prison de Serkadji, et fût présenté devant la cour de sûreté de l'Etat de Médéa qui prononcera son acquittement.

L'HISTOIRE DES ARCHIVES DU MDA

Convaincu de la noblesse de la tâche partisane, Guermouche reprend ses activités politiques en faveur du lancement du MDA sur le territoire national. Il en sera son porte-parole et créera, en parallèle, un comité de soutien à Benbella composé des supporters de plusieurs équipes de football qui se sont occupés à coller les affiches du parti et de son leader, lancer des tracts et même marquer de grandes façades de tags proBenbella. «A l'époque, le FIS avait pris les mosquées, nous avons pensé alors à investir les milieux sportifs notamment le football pour raviver le MDA en Algérie,» nous a-t-il déclaré. Hafidh Ouadhah rappelle que «bien que le MDA ait été crée en premier en 1981 en France, pour les besoins de la clandestinité, et n'est né qu'en 1989 en Algérie, son esprit, son idéologie ainsi que ses idéaux qui étaient en évidence celle de Benbella et des grandes figures de l'Histoire qui l'entouraient comme Mohamed-Seghir Nekkache, étaient présents à travers l'Algérie bien avant 1965, l'année du coup d'Etat.» Pour mieux organiser le MDA, Guermouche s'est déplacé en France au cours de l'année 90, pour récupérer tous les documents et les livres qui retracent l'itinéraire et l'histoire de son leader, Benbella, de ses collaborateurs, de ses militants ainsi que les combats qu'il a menés et les idéaux qu'il défend. «Je voulais en constituer une bibliothèque à Alger, « nous dit-il. A son retour et à son arrivée au port d'Alger, il était attendu par, précise-t-il «18 officiers des différents corps de sécurité.» Il est convaincu qu'il a été «donné par les taupes qui nous avaient noyautés à Paris et à Alger.» Il se voit saisir de force les 13 cartons de documents qu'il avait ramenés de France. «J'étais accompagné de trois militants, on leur a tenu tête mais ils les avaient quand même saisis,» raconte-il

«JE RENDS HOMMAGE A LA JUGE QUI A CONDAMNE LE MINISTRE DE L'INTERIEUR»

Guermouche décide alors de se mettre en grève de la faim avec quatre de ses compagnons au niveau même de l'esplanade de l'aérogare du port d'Alger. Leur cause a été défendue par trois avocats lorsqu'elle a été présentée devant la chambre administrative prés la Cour d'Alger. Dans un communiqué daté du 11 juillet 1990, la Ligue des droits de l'Homme (LADH) a déclaré s'être saisie «du cas des quatre militants du MDA, rejoints par la suite par un cinquième, qui observent une grève de la faim dans les locaux réservés aux voyageurs(…) pour protester contre la mesure de confiscation par les autorités de police des documents constituant les archives de leur mouvement rapatriés le 1er juillet 1990.» La LADH a précisé que «sa médiation (pour dénouer la situation et trouver une solution rapide et adéquate aux niveaux appropriés), n'a malheureusement pas abouti (…).» Elle ajoute que «(…), une délégation de la LADH comprenant un médecin, venu pour contrôler l'état de santé des grévistes de la faim, s'est vu refuser l'accès au port d'Alger par les services de police en date du 8 juillet 1990.» Présidée à l'époque par Youcef Fethallah, la ligue a jugé la mesure de confiscation des documents «de nature à freiner le processus démocratique(…)»,et a appelé les autorités concernées à «veiller à ne constituer aucune entrave à l'activité politique des partis dont l'action s'inscrit dans le cadre des institutions démocratiques et de l'Etat de droit.» Après 12 jours de grève de la faim, les militants du MDA eurent gain de cause. C'est par une ordonnance en référé que la juge Lebied Ghania siégeant en séance publique a statué en faveur des plaignants contre le ministre de l'intérieur géré à l'poque par Mohammedi.«L'Etat en la personne de Monsieur le ministre de l'intérieur est tenu de restituer les documents litigieux appartenant au requérant(…) ,» disait l'ordonnance datée du 14 juillet 1990. «Je rends hommage à la juge qui a condamné le ministre de l'intérieur à une époque où il n'était pas facile de toucher aux hommes du pouvoir, elle a été formidable et courageuse,» a souligné Guermouche. Très affaibli par la grève de la faim, ce militant infatigable a essayé de reprendre son activité partisane mais il a été découragé par les sordides épisodes d'infiltrations des services de sécurité qu'a vécues le parti de Benbella. «On a été noyauté par des agents, par des vautours et par des rapaces qui n'avaient jamais hésité à se faire des fortunes sur le dos du MDA. Je n'ai pu accepter de telles situations, ça m'a fait tellement mal que j'ai quitté le parti en gardant Benbella dans mon cœur,» nous explique Guermouche. Il citera «le cas des militants MDA de France qui avaient refusé de rentrer même sur décision de Benbella parce qu'ils recevaient des salaires faramineux et profitaient de privilèges exorbitants.» Il aura aussi été marqué avant fin 89, par «la manière»dont il a été destitué pour voir nommé Nekkache président du parti et Djamel Guenane secrétaire général. «Je n'ai absolument rien contre ce grand homme que je respecte et qui mérite tous les honneurs, mais j'ai été évincé d'une manière qui m'avait fait très mal qui a été initiée par des opportunistes,» se rappelle-t-il encore. D'ailleurs, si la disparition du«Raïs» semble avoir redonné du courage à beaucoup de ses militants pour penser à relancer le MDA, Guermouche refuse l'idée en affirmant que «je resterai foncièrement contre parce que je sais d'emblée que sa relance ne servira pas les idéaux de Benbella mais d'autres opportunistes.» Il prie pour que «Benbella repose en paix» tout en ne manquant pas de «saluer le président Bouteflika pour les honneurs qu'il lui a rendus.» Guermouche nous précisera dira-t-il «pour l'histoire» que contrairement à ce que nous avons annoncé dans l'édition de dimanche, «Benbella a été libéré le 4 juillet 1979 et assigné à résidence à M'Sila jusqu'au 1 novembre 1980. Il est retourné à Alger à cette date pour quitter le pays en 1982 pour un long exil qui a commencé en France et a continué à Genève jusqu'au 25 juillet 1990 où Benbella retournera en Algérie.»

L'AMNISTIE GENERALE, UNE IDEE DE BEN BELLA

Les militants de Paris, eux, évoquent très souvent l'aide «morale» que leur a apportée Ait Ahmed après son rapprochement avec Benbella. Ceux qui écrivaient tout au début dans El Badil, faisaient dans l'invective, l'insulte et l'irrespect mais nous avons mis fin à cette situation grâce aux recommandations d'Ait Ahmed à l'occasion du fameux accord MDA-FFS conclu entre les deux historiques le 16 décembre 1985 à Londres,» se rappelle Mohamed Benelhadj. Hafidh Ouadhah, lui, se rappelle que les militants du MDA en Algérie avaient donné un nouvel élan au parti surtout nous dit-il «quand Nekkache en a pris la présidence, Guenane le secrétariat général et militant aux côtés de Hocine Guermouche, Tahar Khelil, Hadj Ahmed Harek et autres hommes déterminés et acquis à la cause benbelliste.» Guenane rappelle-t-il a été «aux côtés du président bien avant, il a été à son cabinet en 1964.» Ouadhah souligne surtout que «nous avons été avec Benbella quand tout le monde l'avait abandonné et ne voulait plus entendre parler de lui.»

Notre interlocuteur se rappelle aussi quand «des personnalités connues et beaucoup qui se disaient être militants avaient peur de se retrouver dans le bateau qui est allé le chercher de Barcelone pour le ramener en 90 à Alger après plusieurs années d'exil.» Tous s'accordent à ce que Benbella ait été un homme de pardon. «Il recherchait la réconciliation avec tout le monde, il a tenu à revoir les putschistes qui l'ont destitué de son poste de président de la république,» affirment-ils. «Lorsqu'il est rentré à Alger en 90, il a séjourné à l'hôtel El Aurassi pendant plus de trois mois parce qu'il n'avait pas de maison à Alger,» se rappelle Ouadhah. «Très fatigué par les visites que lui ont fait un grand nombre de personnes, il a décidé de quitter l'Aurassi pour être installé dans le Moncada, prés du Mouflon d'Or de Ben-Aknoun,» dit-il encore. Benbella avait, se souvient Ouadhah, accepté de rencontrer Kasdi Merbah en tant que président du MADJ, un parti politique qu'il avait créé au lendemain de l'ouverture démocratique de 88. Merbah, faut-il le rappeler, a dirigé la sécurité militaire pendant de longues années. Réconciliateur qu'il est, il s'était longuement entretenu avec Merbah «sans rancune.» Une rencontre qui a valu à Benbella le mécontentement d'un grand nombre de ses militants. Ouadhah nous apprend que «plus de 800 cartes d'adhésion ont jetées par terre.» L'on apprend que c'est sur proposition de Benbella que Bouteflika tente de faire admettre l'idée d'une amnistie politique générale. Un projet dans ce sens a été remis il y a quelques mois au chef de l'Etat, par les soins de Maître Ksentini.

 

"Le Quotidien d'Oran", 17 avril 2012

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5167138

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 11:12

Le premier président de l'Algérie indépendante (1962-1965), Ahmed Ben Bella, est décédé mercredi à l'âge de 96 ans à son domicile familial à Alger.

L'état de santé d'Ahmed Ben Bella s'était fortement dégradé ces dernières semaines et il avait été admis à deux reprises à l'hôpital militaire d'Aïn Naâdja. L'ancien président de la République souffrait de problèmes respiratoires. Certains médias s'étaient empressés, à tort, d'annoncer son décès. C'est donc un des chefs historiques de la révolution qui s'en va à la veille de la commémoration du cinquantième anniversaire de l'indépendance. L'homme fut l'icône médiatique de la révolution dont il a été, avec de nombreux militants de l'OS, l'un des précurseurs. Une révolution dont il a accompagné la montée et les divisions qui se sont prolongées après l'indépendance.

Né le 25 juin 1916 à Maghnia, dans une famille d'agriculteurs modestes originaire de Marrakech, Ben Bella a fait l'école secondaire de Tlemcen, études qu'il ne poursuivra pas jusqu'au bout. Ce passionné de football - il a joué dans l'équipe de Maghnia mais également à l'Olympique de Marseille pour la saison 1939-40 - faisait partie, en tant qu'adjudant, de ceux qui menèrent la célèbre et dure bataille de Monte Cassino (Italie) en 1944. Comme pour beaucoup d'hommes de sa génération, les massacres du 8 mai 1945 ont constitué un tournant décisif vers la radicalisation nationaliste. Il est en 1945 responsable de la section locale (Maghnia) du PPA et il est élu conseiller municipal. Il participe, avec Hocine Aït Ahmed, alors responsable de l'OS, Organisation secrète, à la fameuse attaque contre la poste d'Oran pour financer l'organisation. Il remplacera Hocine Aït Ahmed à la tête de l'OS en 1949.

Quand l'Organisation secrète fut découverte en 1950, il en est toujours le dirigeant. Arrêté, Ahmed Ben Bella a été condamné à 7 ans de prison mais réussit à s'évader de la prison de Blida en mars 1952. Il rejoint la délégation extérieure du PPA-MTLD au Caire. Il fait partie des historiques qui ont décidé du déclenchement de la guerre de libération le 1er novembre 1954. Il est arrêté le 22 octobre 1956 avec d'autres dirigeants du FLN (Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf) dans le premier détournement d'avion de l'histoire commis par l'armée coloniale le 22 octobre 1956. Il fait partie de ceux qui ont contesté le Congrès de la Soummam et ses jugements sur Abane Ramdane ont continuellement suscité des polémiques.

A l'indépendance, allié à l'Etat-Major général, le fameux «Groupe d'Oujda» contre le GPRA, Ahmed Bella s'impose premier président de la République algérienne. C'est le temps du discours révolutionnaire et socialiste. Et d'une gouvernance assez chaotique dans un pays sans cadres et éprouvé par une guerre violente. Certains diront que cette intronisation à l'indépendance n'était que le premier étage du coup de force qui s'accomplira, le 19 juin 1965, par le coup d'Etat mené par le ministre de la Défense, Houari Boumedienne. Ben Bella restera en prison, sans jugement, jusqu'en octobre 1980, où il est libéré sur décision du président Chadli Bendjedid.

RETOUR

Exilé en Suisse, il lance le MDA (Mouvement pour la démocratie en Algérie). Ahmed Ben Bella revient, par bateau, après les émeutes d'octobre. Il en restera un méchant papier outrancier de l'APS intitulé «Qui êtes-vous M. Ben Bella» qui avait profondément choqué. Mais le retour politique escompté et espéré par ses partisans n'a pas eu lieu. L'Algérie avait changé. Une autre«vague» montait, celle de l'islamisme. L'ancien président de la République a pris position contre l'arrêt du processus électoral en janvier 1992. Il fait partie, en janvier 1995, des signataires de la plate-forme du Contrat national (Sant'Egidio), un acte qui suscitera un déchaînement médiatique sans précédent orchestré par le pouvoir.

A l'arrivée au pouvoir de Bouteflika en 1999, il lui exprime son soutien. Il le restera jusqu'au bout estimant que le président réalise effectivement l'objectif de réconciliation nationale. L'un des paradoxes de Ben Bella est qu'il a été l'un des plus féroces critiques du chadlisme alors qu'il avait été libéré par Chadli Bendjedid. Et l'un des plus fervents soutiens de Bouteflika alors qu'il faisait partie du… 19 juin 1965. Le premier président de la République algérienne s'en va à moins de 4 mois du cinquantenaire. Allah yerahmou !

 

"Le Quotidien d'Oran", 12 avril 2012

 

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5166957

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 22:55

Emission en direct d'Alger à l'occasion des "24h à Alger" (16 mars 2012)

Avec :

Nedjib Sidi Moussa, doctorant en science politique (thèse sur les trajectoires des dirigeants messalistes) à l'Université Paris 1.

Abdelmadjid Merdaci, Sociologue et historien, maître de conférences à l'université Mentouri de Constantine.

Amara Nourredine, chercheur en Histoire. Sa thèse porte sur "Algériens et consuls français dans l'Empire Ottoman. Les pratiques de la nationalité algérienne."

Fouad Soufi, maître de recherche au Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle CRASC à Oran

Tarik Mira, député indépendant, prépare une thèse portant sur la Kabylie pendant la révolution.

Malha Benbrahim, historienne, spécialiste de l’oralité et l’histoire, a travaillé dans le cadre de ses recherches universitaires sur " berbérité dans la question nationale".

 

http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-comment-raconte-t-on-et-enseigne-t-on-l-histoire-algerienne-aujou

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 23:43

C’est tout à fait par hasard qu’il y a bientôt 6 ans, en feuilletant un ouvrage, nous tombions sur un article du quotidien Le Parisien datant du mercredi 20 novembre 1957. Le carnage relaté dans l’article du journal s’inscrit dans l’une des facettes les plus tragiques de la guerre d’Algérie : la « guerre dans la guerre ». Cette appellation désignant la lutte fratricide opposant membres du Mouvement National Algérien (MNA) et partisans du Front de Libération National (FLN) pendant les premières années du conflit. Extrait.

« Atroce tuerie à Bondy, où six musulmans sont abattus pendant leur sommeil. Il s’agirait d’un règlement de compte entre bandes rivales. « Camarades morts, venir tout de suite ». C’est ainsi que M. François Goujon, ambulancier à Meaux, fut interpellé dans la nuit de lundi à mardi, par un Musulman qui paraissait grièvement blessé. M. Goujon venait de raccompagner à son domicile de Bondy, une grande malade, qui devait d’ailleurs rendre peu après le dernier soupir. Il se trouvait à l’angle des rues Auguste Blanqui et Roger Salengro à Bondy, quand l’homme le héla en titubant. (…). Peu après, les enquêteurs se présentaient rue Auguste Blanqui où un horrible spectacle les attendait : dans une pièce meublée du rez-de-chaussée, cinq cadavres ensanglantés semblaient avoir été jetés pêle-mêle sur les lits et sur le sol. (…). La porte d’entrée avait été défoncée et les traces de nombreux coups de feu pouvaient être relevées. (…)

Le propriétaire de cette maison pompeusement baptisée hôtel est un certain Mohamed Néri. Il vit depuis longtemps en France et n’a pas attiré, jusqu’à présent, l’attention sur lui…
La persistance et même la recrudescence du « terrorisme » Nord-africain inquiète de plus en plus, aussi bien les musulmans qui constituent l’immense majorité des travailleurs Algériens en France, que les Français de la métropole.
Les travailleurs Nord-africains honnêtes et loyaux ont droit, ainsi que nous l’avons maintes fois écrit, à une sécurité totale au même titre que tous les habitants de certains quartiers de Paris ou de villes de la banlieue transformés trop souvent en théâtres tragiques par les mercenaires de la rébellion.
Les victimes : Ahmed Benziane, 30 ans ; Mohamed Djaifri, 32 ans ; Mohamed Ziani, 32 ans ; Rabah Kada, 37 ans ; Mohamed Bouazza, 22 ans ; Neri Bélardi, 20 ans.
Benamour Ziane, 28 ans et Benamar Ziane, 29 ans, sont blessés grièvement. »

Un article de La voix de l’Est décrivant également la tuerie de 1957 précise que, d’après les sources policières, il s’agirait bien d’un règlement de compte entre les deux factions. Les premières années de la guerre d’Indépendance voient s’affronter les deux grands partis nationalistes, en métropole comme en Algérie. Ce bain de sang prouve la volonté des deux partis clandestins de s’imposer au sein de la première communauté maghrébine de Bondy, témoignant de leur engagement probable dans la lutte. Le FLN, qui a commencé le conflit le 1er novembre 1954, et le MNA, parti de Messali Hadj, qui refuse de dissoudre son mouvement pour rallier le FLN.

Pourquoi les deux mouvements s’opposent-ils aussi violemment ? Il faut remonter aux germes de la révolution algérienne pour avoir un élément d’explication. FLN et MNA sont issus de la scission d’une autre mouvance, le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) créé en 1947 dans le but affiché d’émanciper le peuple algérien du joug colonial. Or ce mouvement fondé par Messali Hadj est miné par des luttes intestines rendant impossible toute action efficace contre le colonialisme. Les massacre de Sétif et de Kherrata notamment, le 8 mai 1945, rendent pourtant impossible pour toute l’Algérie le maintien du statut quo colonial. Une répression qui choqua d’autant plus les Algériens que des dizaines de milliers d’entre-eux ont passé leurs dernières années à se battre avec les troupes alliées (débarquements en Provence et à Monte-Cassino) et en métropole en treillis, à ramper dans la boue et le sang pour libérer la France du nazisme. C’est dans ce contexte d’inertie du MTLD qu’est créée une force dissidente du mouvement : l’Organisation secrète (OS), ancêtre du FLN, qui prône explicitement le passage à la lutte armée.

Vauban disait, « pour gagner la guerre trois choses sont nécessaires : l’argent, l’argent et l’argent ». La seule source de financement possible était alors constituée par l’immigration algérienne, compte-tenu de l’état de misère terrible dans lequel le système colonial avait plongé la population « autochtone » en Algérie (cf. Misère de la Kabylie, d’Albert Camus). Le contrôle des cotisations des émigrés était donc l’enjeu des affrontements ente le FLN et le MNA en France.

Bien sûr, la collecte de fonds était organisée clandestinement, en grande partie par le biais de porteurs de valises, ces Français qui aidaient les indépendantistes Algériens à transporter argent et documents divers de l’hexagone vers la colonie. Six morts et deux blessés graves. Tel est le tribut que versa la communauté algérienne de Bondy à l’Indépendance de l’Algérie. Une lutte sanglante et fratricide, emboîtée au sein d’une guerre contre le colonialisme qui fut longue et meurtrière (on estime le nombre de victimes civiles entre 500 000 et 1 million). Tant de sang versé afin de se libérer d’un système qui maintenait toute une population dans un état de sous-hommes. Quels pouvaient bien être ces « bienfaits de la colonisation » pour qu’un peuple fût ainsi prêt à tous les sacrifices pour pouvoir s’en passer ?

 

http://yahoo.bondyblog.fr/201203191537/episode-fratricide-de-la-guerre-d%E2%80%99algerie-a-bondy/

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Published by Idir Hocini et Hanane Kaddour - dans Algérie Histoire
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