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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:47

Il est extrêmement important de se projeter par l’esprit dans le passé, si nous supposons que ce haut lieu de mémoire serait apparut quelques part ailleurs, que dans notre cité pour nous rechercher à travers les hommes et nous rappeler à leurs souvenirs, afin que chacun puisse s’y recueillir en leur nom. La mémoire est un passé qui reconduit éternellement à l’héritage des hommes et dans ce contexte nous pouvons dire que nous avons été emportés par le changement, pour oublier jusqu’à ces lieux chargés de mémoire.

Le moudjahid Hadj Belkacem Benzaza à Réflexion
Selon El Hadj Belkacem Benzaza ancien moudjahed et qui a bien voulu témoigner : « Au-delà des spécificités culturelles, Mostaganem a une histoire singulière et riche de par les lieux qui ont été à l’origine de son historicité et sa relation entre son histoire et la mémoire. L’Histoire et la mémoire, sont liées au passé des hommes et de la citoyenneté et constituent un exemple emblématique de cette réflexion sur celle-ci , qui est d’autant plus intéressante que la réflexion pour s’interroger sur la notre ou encore celle du patrimoine, devenant ainsi un enjeu mémoriel qui est également prégnant dans les États-nations postcoloniaux et qui ont été influencés par les multiples versions. Il nous dira à ce propos : « Avant de parler des hommes, il faut parler de ce lieu tellement chargé d’émotion qu’il m’est difficile de décrire l’état d’esprit qui se conjugue en moi, maintenant que je vous en parle, mais aujourd’hui est une occasion pour moi vu mon âge de dire tout simplement que c’est un retour aux sources et je remercie Dieu de vous avoir envoyé, il était temps pour que les générations prennent acte. Vous savez nous dira-t-il, les revendications pour la réhabilitation de certains lieux de mémoires peu accessible au grand public, exige la contribution de tous pour remettre en cause le quasi-monopole des historiens (au sens académique) sur un passé, qui appartient aux mostaganémois et au peuple algérien. Si l’histoire se définit comme une tentative de reconstitution des faits du passé, elle doit fusionner avec les témoignages en plus de celui de l’historien qui est appelé à éclairer les générations par le biais de la mémoire de survivants ce qui n’est pas un moindre aspect de ce débat histoire/mémoire. Aussi l’absence remarquée, de ces lieux ou plus exactement la mise à l’écart, qui se veut une nouvelle approche de l’histoire d’Algérie elle-même significative des difficultés du « travail historien » et de ses relations avec la mémoire pour des générations même revisitée, a faussé celle-ci. Et de poursuivre, les quelques rares fois où l’on fait allusion c’est pour la renvoyer dans les marges de l’histoire à travers des formulations elliptiques qui ne relèvent pas simplement « d’effets de plume ou de pensée », mais d’appréciations qui traduisent une marginalisation systématique de certaines pages de l’histoire de Mostaganem et du Dahra. Les Lieux de Mémoire se présentent avant tout comme une entreprise de réécriture de l’histoire mettant en lumière et célébrant même « l’originalité, la spécificité et l’exceptionnalité des hommes. Le passé étant considéré comme révolu pour certains, on en est radicalement coupé des Lieux de Mémoire après plus de 49 ans d’indépendance ce qui nous renvoie à la maison de Moulay Cherif ici même ou vous vous trouvez » Le propriétaire de cette maison c’était Moulay Cherif, mais de son vrai nom Bekhlouf Aek, était un grand militant nationaliste et ce dès les années 40, avec Ould Aissa Belkacem, Hadj Maamar Benbernou et d’autres et c’est dans cette maison qu’avait été reçu en 1936 Messali El Hadj lors de sa venue à Mostaganem, pour un meeting qui a marqué les Mostaganémois à cette époque, car après Mostaganem il y a eu le fameux discours du 2 Août 1936 et ou il avait dit : « Cette terre n’est pas à vendre en prenant une poignée de terre, il ne reste pour le français que la valise ou le cercueil ». Après les évènements qui se sont succédés et ce à partir de cette année la dissolution du PPA, et la deuxième guerre mondiale tout cela avait bouleversé le monde mais est-il que les nationalistes continuaient à activer dans la clandestinité étant jeune je me rappelais, car en ce qui me concerne c’est en 1940 que j’ai adhérer au PPA et c’est grâce à Moulay Cherif. En 1945, comme chacun le sait il y a eu les évènements du 8 mai d’où les massacres perpétrés par la France contre les populations civiles de Sétif, Kherrata et Guelma. Ce 8 mai 1945, les nationalistes à Mostaganem avaient organisé une manifestation, qui partira de la Place Souika de Tijditt sur ordre du PPA, avec banderoles et inscriptions ou l’on pouvait lire ; (Indépendance de l’Algérie… Libérez Messali « Nous n’étions pas nombreux au départ, mais plus on avançait vers le centre ville plus les citoyens nous rejoignaient et les rangs grossissaient au fur et à mesure et comme vous l’avez rappeler dans vos éditions précédentes que je suis avec attention : il y avait, Hadj Mohamed Bezahaf, Hadj Mohamed Belahouel, Hadj Mohamed Mezadja, Hadj Djelloul Nacer, Fellouh, Benaissa Aek, Ahmed Berber et Laredj Malti, Moulay Cherif Merzoug Salah , Ould Aissa Belkacem, Cheikh Belketroussi, cheikh Ben Eddine et Larbi Benyagoub et je peux vous assurez une chose c’est que 1936, 1940 et 1945 marqueront à cette époque les mostaganémois. Toutes les rencontres importantes qui ont précédés 1954, se sont faites dans la maison de Bekhelouf Abdelkader dit Moulay Cherif située au niveau de la rue 21 n° 135 à Tjditt « El Meksar » Ce lieu historique aura abrité d’imminente personnalités, pour se rappeler la première fois où Larbi Ben M’hidi est venu, si j’ai bonne mémoire, il est allé voir Benyahia Belkacem dans son salon de coiffure pour lui indiquer l’adresse, tout en lui disant que ce n’est pas lui qui l’avait envoyé, même si le Chahid connaissait déjà, Ben M’hidi. Aussi faut-il citer les autres personnalités, qui ont fréquenté ce lieu historique, tels que Hadj Mohamed Benalla, Ahmed Zabana, Hadj Mohamed Benzahaf, Benyahia Belkacem, Blaoui Abdelkader, Si Benaouda et Ould Aissa Belkacem, Benayad Bendehiba, Kadi Bencheikh, Menkor, Ben Abdelmalek Ramdane et Si Brahim, Belhadji, Memchaoui, Filali Embarek, Amraoui, ces derniers venaient chez le chahid Benyahia Belkacem qui les emmenait dans le cabanon d’Ould Aissa Belkacem dont il avait la clef. D’autres s’y refugiaient tel que Si Benaouda qui avait été exilé et qui était resté plus de 6 mois dans cette maison. Entre 1950 et 1953, Larbi Benmhidi s’est réuni fréquemment dans la maison de Moulay Cherif et ce dans le cadre de la préparation de la lutte Armée, d’où son déclenchement le 1er novembre 1954. Pour ne pas oublier nous avions été arrêté en 1945 et emprisonnés dans la prison d’Oran et ce jusqu’en 1946 lors de l’amnistie, Moulay Cherif était avec moi, je vous dirais que Moulay Cherif sera l’objet de persécution et de plusieurs arrestations de la part de l’autorité coloniale qui ne la pas lâché constamment surveillé, d’ailleurs on se fera encore arrêté en 1947 pour interrogatoire mais relâchés. Dès 1950 les préparatifs avaient commencé car Larbi Ben M’hidi était continuellement en déplacement, d’où sa rencontre avec Moulay Cherif. Après Larbi Ben M’hidi, il recevra Hadj Mohamed Benalla qui était déjà recherché par l’administration coloniale et quelques jour après il viendra me voir pour me dire qu’il allait m’envoyer quelque chose avec quelqu’un, mais j’ignorais ce que c’était. La personne qui viendra de sa part était de Kristel du côté d’Arzew, il m’apporta un fusil de chasse que je devais remettre à Hellal Mohamed qui était déjà avec nous dans le mouvement national et qui à son tour devait la remettre à Bordji Amar. D’ailleurs nous étions préparés, du fait que nous avions commencé à cacher des armes blanches et des pistolets, que personnellement j’enterrais dans mon jardin. Une fois Bensaid Mohamed dit « Hamou El Meroqui » m’avait apporté un pistolet, quant à Moulay Cherif 2 fusils de chasse. Dès le déclenchement de la révolution, nous avons été arrêtés et on était plus de 25 personnes, car le coup d’éclat qui venait de se produire avait rendu les autorités françaises méfiantes tout en ayant des doutes sur nos actions et le commissaire nous traitâmes de salauds et de complices. Après cela, j’ai été désigné comme trésorier et je devais collecter des fonds pour les familles des personnes qui étaient en prison, à savoir : 205 000 frs de l’époque rien que pour les 41 familles de Sidi Ali « ex Cassaigne » à raison de 5000 frs par mois et par famille, Sidi Fellag 7 familles, militants du MNA 8, cet argent je le donnais à Merzoug Salah dont le contact au niveau de Sidi Ali était un greffier du tribunal de Sidi Ali et qui s’appelait Mchiche. En 1956 j’ai été arrêté et après avoir été torturé près de 15 jours dans les locaux de la police qui étaient situés au niveau de l’Avenue Raynal « Cherik Said » j’ai été interné à Bossuet, il me restait je me souviens 130 000 frs qu’heureusement j’avais remis à Kadi Bencheikh qui a pris la relève, j’ai été libéré en 1959, et continuer mes activités dans la clandestinité jusqu’à l’indépendance. A l’époque ou j’étais dans le camp de bossuet, Il y avait avec moi El Bey Mustapha, Hadj Maamar Benbernou, Ould Aissa Belkacem que j’ai trouvé avant moi, Djelloul Benderdouche avec un autre dont je ne me rappelle pas le nom, Hassane El Hassani dit « Boubegra », Aissat Idir et d’autres dont j’ai perdu leurs traces. Veuillez m’en excuser si je suis passé sur les détails, car si je devais vous raconter toutes les péripéties par où on est passé, il faudrait des journées entières, surtout en ce qui concerne ce lieu tellement historique d’où sont sortis des grands hommes dont la valeur est inestimable. Pour conclure, cette maison est un lieu qui rappelle tout un va et vient de ces chefs historique, et Moulay Cherif a été un fervent artisan de la lutte de libération national son œuvre se rapporte à sa démarche et ce lien vécu au présent éternel, et qui nous ramène à la seule source digne de produire de l’histoire. Aussi faut-il entretenir cette mémoire en préservant ce patrimoine qui est le bien du peuple et que celui-ci doit connaître, d’autant plus qu’il relève de cette distinction que l’on établit entre la mémoire et l’histoire des hommes, pour en faire un musée au nom de tous ces hommes.
"Réflexion", 12 novembre 2011
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Published by Benyahia Aek - dans Algérie Histoire
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 15:14

«C’ est un oncle qui a toujours donné l’impression d’être un vieux grincheux, toujours en colère, à qui rien ne fait plaisir. On avait toujours, moi et mes sœurs, peur de lui. Il nous faisait lire les romans de Maxime Gorki... Mais un jour et par hasard, je découvre, en tapant son nom sur Internet, quelques lignes sur sa vie d’anarchiste et de son soutien pour le parti politique de Messali Hadj, le MNA. Alors ce fut un déclic pour moi, et c’est de là que j’ai décidé d’entamer cette enquête pour déterrer cette vie qu’il a menée», souligne Nathalie Funès, journaliste au Nouvel Observateur, en guise de présentation de son livre récemment au CCF. Nathalie Funès donnera, par la suite, plus de détails sur les origines de son oncle, Fernand Doukhan, issu d’une famille de juifs berbères, dont les ancêtres ont vécu sous la Régence turque. Le statut de cette famille est assez chaotique : indigène sous l’empire colonial français, citoyen de la République après le décret Crémieux de 1870. Il se trouve être un anarchiste mais aussi membre du Mouvement libertaire nord-africain et un indépendantiste engagé. Il devient le genre de parent que les familles évoquent avec force soupirs, ou pas du tout. Car, comme le rappelle l’auteure dans L’Algérie d’hier, «il n’y a pas pire espèce qu’un pied-noir anticolonialiste». C’est ainsi que commence une passionnante enquête familiale, menée par la journaliste Nathalie Funès, sur son oncle Fernand Doukhan, qui voit le jour à Alger, en 1913.

Au lancement de la guerre de Libération, il a bien choisi son camp, celui de l’indépendance de l’Algérie. «C’est le premier homme de la famille à naître français, premier à ne pas porter un prénom hébraïque et premier à devenir instituteur et non colporteur ou matelassier», confie-t-elle tout en ajoutant qu’il «a fait l’objet de plusieurs arrestations pendant la Bataille d’Alger, où il était enfermé dans un camp d’internement près de Médéa, où la France place les pieds-noirs indépendantistes. Puis il se fait expulser de l’Algérie en avril 1958 quand des policiers l’embarquent sur un bateau pour Marseille. «Il n’a plus remis les pieds en Algérie par la suite», déclare-t-elle, en précisant que «cette enquête n’était vraiment pas facile à mener, d’autant plus que cet homme n’a laissé ni descendance ni journal intime, seulement quelques vieux papiers». L’auteure a, donc, mené sa propre enquête avec soin, fourni des informations et des indices qui sont récoltés minutieusement, tels que la tombe abîmée de l’ancien cimetière de Saint-Eugène à Alger, aujourd’hui Bologhine, où elle a consulté un vieux registre des anciens élèves normaliens de Bouzaréah, le bureau, en France, des victimes des conflits contemporains et bien d’autres institutions qu’elle a sollicitées pour acquérir les informations sur son oncle. «Ce livre a été un voyage dans le passé sur les traces encore existantes d’un oncle atypique, les endroits où il a vécu, dans les archives, dans les mémoires de ceux qui ont croisé sa route. Il raconte une autre histoire des Français d’Algérie», conclut-elle en disant que son travail lui a fait découvrir plusieurs vérités et informations qu’elle ignorait, et dont elle s’est enrichie. Il l’a, entre autres, incitée à entamer l’écriture d’un autre ouvrage qui sera rédigé avec le même esprit et dans le même contexte. Il reste à espérer que le lecteur sera tenté par la découverte d’un personnage franchement hors du commun.

 

"El Moudjahid", 10 novembre 2011

 

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/19401

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Published by Kafia Aït Allouache - dans Algérie Histoire
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 15:09

Grandeur et petites misères d’une Révolution

L'historiographie de notre révolution ne devait pas se limiter aux faits d’armes et au culte et à l’exaltation des héros. Mais quand cela s'est ainsi fait, on ne s’est pas toujours appuyé sur tous les témoignages et sur toutes les connaissances internes de ceux qui ont traversé et marqué cette période. Jusque-là, l’histoire de la lutte de libération dans Alger a davantage obéi à des chaînes d’intérêts et de lobbies locaux qu’au souci de la vérité et de l'objectivité.
Arezki Basta est un combattant très connu à Alger, notamment dans le milieu des moudjahidine, et sa probité est aussi solidement établie que le long cours de son engagement patriotique. Il milite au PPA à l’âge de quatorze ans, et ses qualités humaines, son charisme précoce et sa détermination lui valent très tôt des responsabilités importantes dans la capitale au sein de l’organisation indépendantiste puis au FLN pendant la révolution. Il sera ensuite chargé de différentes missions par le FLN et le GPRA au Caire, à Tripoli et en Europe. Entre le cessez- le-feu et l’indépendance, il est en charge de l’organisation des secteurs 1 et 3 de la Zone autonome d'Alger. C’est dans un contexte de pré-insurrection qu’il aura vécu la crise du MTLD et les affrontements qui s'en suivirent entre les partisans de Messali Hadj et la minorité qui a pris parti pour le Comité central, alors que se profilait de plus en plus distinctement la troisième voie, celle des activistes du Crua qui se tenaient, en principe, à équidistance des belligérants. Arezki Basta en fut un protagoniste puisqu’il eut à en découdre physiquement avec les nervis du Comité central et à s’invectiver avec Boudiaf et Bitat, entre autres dirigeants du Crua dont la neutralité avait été prise en défaut quand ils rencontraient secrètement des centralistes pourtant pas spécialement acquis au passage à l’insurrection ; ils le faisaient pour s’allier contre la majorité de la base militante acquise au vieux lutteur. Basta s’était également insurgé que ces mêmes se montraient carrément duplices quand certains d’entre eux, Krim et Ouamrane, en particulier, feignaient de soutenir Messali pour circonvenir la base du parti et accéder aux finances que la quasi-totalité des kasma avaient fermé aux centralistes. On verra qu’Ouamrane le poursuivra de sa vindicte pour cela et pour avoir refusé d'abattre Ahmed Mahsas, un dirigeant de la Révolution. Arezki Basta apporte quantités de traits éclairants sur les personnalités de beaucoup de dirigeants du mouvement national et de la Révolution et qui nous feront dire que cette épopée, pour grandiose et héroïque qu’elle fût, n’en aura pas été d’une totale sainteté. Le vieux moudjahid ne lésine pas sur l'énonciation des calculs personnels, des conspirations, des complots, des acharnements et des règlements de comptes qui l'ont parsemée. Dans le chapitre des dénis, on apprend, en particulier pour Alger où l’auteur dirigeait des groupes armés, que le martyrologe de la guerre de libération exclut de nombreux et authentiques patriotes, des fedayin tombés les armes à la main ou sous le couperet de la guillotine. «Malheur aux vaincus !» avait dit Brennus, ils avaient eu le tort de lutter sous le bannière messaliste du MNA. Arezki Basta donne les noms de certains de ceux-là et les circonstances de leurs sacrifices et il témoigne pour que justice leur soit, un jour peut-être, rendue. Ce sont près de 400 pages que l’on lit comme on écoute. Ce livre, Arezki Basta l'a écrit comme il parle. Des mots simples qui roulent sur le papier exactement comme ils sortent de la bouche. Un témoignage dense, utile, sincère, édifiant et d’une rare liberté.

Noureddine Fethani

* Arezki Basta : Les tragiques vérités qui n’ont pas été dites sur la révolution algérienne.


"Le Soir d'Algérie", 10 novembre 2011

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/11/10/article.php?sid=125624&cid=16

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Published by Noureddine Fethani - dans Algérie Histoire
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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 11:14
Colloque international des 12-13-14 novembre 2011 au Palais de la Culture Imama - Tlemcen :
 
"Tlemcen et sa région dans le mouvement National et la guerre de libération. De l'exode de 1911 à 1962"
 
pour consulter l'affiche en arabe :
 
 
pour consulter l'affiche en français :
 
 
pour consulter le programme :
pour consulter les résumés en arabe :
pour consulter les résumés en français :
source : site du CNRPAH

 

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Published by EVP Ecoute Vois Parle - dans Algérie Histoire
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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:07

Le moudjahid, Basta Arezki, était un militant du PPA de Messali Hadj. Il avait participé activement à la lutte contre le colonialisme.

Basta Arezki avait adhéré au PPA (Parti du peule algérien) en avril 1945, alors qu’il était âgé de 14 ans et demi. En 1949, il accéde au rang de chef de groupe avant d’être nommé, en 1952, au poste de responsable des jeunes PPA/MTLD de La Casbah d’Alger. A partir de juillet 1954, il devient responsable des groupes armés d’Alger-Centre, aux côtés de Fernane Hanafi, Krim Belkacem et Amar Ouamrane. Le moudjahid Arezki Basta a décidé de livrer ses secrets. «Je vous assure que je me suis mis à publier mes notes que j’avais prises durant tout mon parcours, non pas pour de l’argent, mais c’est pour replacer des faits historiques dans leur contexte réel, une manière pour moi d’empêcher ceux qui veulent écrire l’histoire de notre pays selon leur convenance.

En effet, il y a des vérités qui feront mal, mais je préfère laisser le soin aux historiens et aux chercheurs d’écrire l’authentique histoire de notre peuple», explique-t-il. Arezki Basta, à travers son livre intitulé Les tragiques vérités qui n’ont pas été dites sur la révolution algérienne, édité en 2011 par Arkcanes éditions, livre aux lecteurs des témoignages inédits sur des évènements qui se sont déroulés dans sa Casbah d’Alger de 1945 jusqu’à 1962. Il est revenu sur les détails de ses rencontres avec Boudiaf, Larbi Ben M’hidi, Mechati, Bitat, Mahsas, Krim Belkacem, Amirouche, Hamza Ali, Ouamrane et bien d’autres militants. L’auteur Arezki Basta ne se contente pas de son militantisme et de ses contacts à Alger et les wilayas environnantes, il nous relate son parcours l’ayant mené en France, en Tunisie, au Maroc et au Caire.

En dépit de ses 81 printemps, le moudjahid Basta Arezki reconnaît qu’il fait des révélations aujourd’hui qui contredisent des discours coutumiers, «heureusement que Mechati et Mahsas ainsi que quelques militants sont encore en vie, car ils peuvent témoigner si je mens dans mon livre. Je voulais transmettre à notre jeunesse des vérités d’une manière désintéressée, mais aussi pour l’intérêt de la mémoire collective. Ce n’est qu’une petite partie de l’histoire de notre pays. C’est une honte pour l’Algérie. Un demi-siècle après l’indépendance, notre peuple ignore toujours son véritable passé historique mené par des héros», conclut-il. Le livre de Basta Arezki est publié en arabe et en français.

 

El Watan, 1er novembre 2011

 

http://www.elwatan.com/culture/le-dernier-ne-de-basta-arezki-des-temoignages-inedits-01-11-2011-145744_113.php

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Published by M'Hamed Houaoura - dans Algérie Histoire
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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:01

Le colloque international qui s’est tenu à Tlemcen les 17 et 18 septembre 2011, dédié à la personnalité de Messali Hadj, a permis, encore une fois, aux héritiers du courant ex-assimilationniste (partisans respectifs de Ferhat Abbas, de l’Association des oulémas et du Parti communiste) de déverser leur fiel anti-PPA, en accusant son président de traître à la nation.

Ligotés par le fait que tous les animateurs de Novembre 54 et la grande majorité des cadres du FLN/ALN sont issus du PPA (à titre d’illustration, le premier CNRA de 1957 était composé à 75% d’ex-militants du PPA et ne comportait qu’un seul membre de l’Association des oulémas), ils ne peuvent s’attaquer à leur parti de manière frontale. Ces cadres du PPA s’étant séparés de Messali le 1er Novembre 54 en créant le FLN et les ex-assimilationnistes ayant rejoint le FLN, ces derniers ont beau jeu aujourd’hui de s’attaquer à Messali Hadj sans subir les foudres des anciens militants du PPA. Les représentants du courant assimilationniste, dans leur dénigrement de Messali Hadj, appellent souvent à la rescousse les anciens militants du PPA qui ont été déçus par l’idéologie arabo-islamique exclusive de Messali Hadj et qui ont été exclus du parti en 1949 à la suite de la crise dite berbériste.

C’est ainsi que dans son pamphlet du 22 septembre 2011 paru dans le journal El Watan, Mme Benmansour invite dans le débat Abane Ramdane, allant jusqu’à accuser les Messalistes du MNA de son assassinat. Il y a lieu de rappeler pour le lecteur non averti que le juste rassemblement des énergies nationales dans la lutte pour l’indépendance nationale prôné par Abane Ramdane était malheureusement très sélectif : tout en intégrant les ex-assimilationnistes dans le FLN, il a déclaré une guerre à outrance au MNA qui regroupait les partisans de Messali sans possibilité de trêve ou de réconciliation (toutes les tentatives dans ce but ont échoué du fait du FLN : Cf., feuilles de route remises par Abane Ramdane à Omar Boudaoud et à Rabah Bouaziz, après leur désignation en 1957, l’un comme chef de la Fédération du FLN en France, et l’autre comme responsable de sa branche armée).

Il est symptomatique de constater que les plus acharnés à dénigrer le PPA et son président, à savoir les adeptes de l’Association des oulémas et ceux de Ferhat Abbas partagent avec lui la même idéologie arabo-islamique. Par conséquent, leur vindicte à l’égard du PPA ne peut s’expliquer que par l’antagonisme social, les ex-assimilationnistes faisant partie des élites et des classes aisées et les membres du PPA étant des ouvriers, des petits artisans, des paysans sans terre, faisant partie des classes déshéritées.

Lors du colloque du 17 septembre 2011, Mohamed Harbi a théorisé cette différence sociale et culturelle en disant que les uns faisaient partie d’Al Khassa, c’est-à-dire la classe traditionnellement dirigeante et savante, alors que les autres faisaient partie d’Al Amma, c’est-à-dire les classes traditionnellement dirigées et ignorantes. Il est vrai que l’on ne peut que constater que la politique du PPA, avec sa politique et ses mots d’ordre radicaux, a renversé l’ordre traditionnel, de telle sorte qu’à l’indépendance ce sont les hommes d’origine Amma qui se sont trouvés aux avant-postes de la direction du pays. C’est sans doute ce bouleversement social qui est à l’origine de la haine des ex-assimilationnistes envers Messali Hadj et le PPA. Maintenant, venons-en aux faits pour savoir en quoi Messali Hadj serait un traître, et ce, en examinant les deux périodes suivantes : l’avant 1er Novembre 54 et l’après 1er Novembre 54.

L’avant 1er Novembre 54 : en 1936, notre pays a traversé un événement d’une extrême gravité. Une structure nationale appelée Congrès musulman algérien (CMA) regroupant une dizaine de partis et d’associations, dont notamment l’Association des oulémas qui en a été l’initiatrice, Ferhat Abbas et ses amis politiques de la Fédération de Elus de Constantine et le Parti communiste algérien, ont réclamé le rattachement politique de l’Algérie à la France, dans une charte revendicative qu’ils ont remise le 24 juillet de la même année au gouvernement français. Dans cette affaire, la franchise doit être de mise : quelles que soient la considération et l’estime que l’on a envers Cheikh Ben Badis, Cheikh Al Ibrahimi et Ferhat Abbas, qui se sont rendus à Paris pour remettre cette charte, le rattachement politique de l’Algérie à la France signifie exactement l’Algérie française, mot d’ordre des ultras colonialistes pendant la Révolution.

Il est effarant de constater qu’on puisse faire une telle demande après les sacrifices consentis par millions par le peuple algérien durant plus de 70 années de résistance après 1830 (ainsi, les régions Ouest et Centre, durant 17 années effroyables, sans la présence des médias et sans le soutien de pays arabes ou amis, ont perdu la moitié de leur population ; dans les années 1850, la Kabylie s’est sacrifiée dans la même proportion, de même les Zaâtchas de Biskra, la révolte d’El Mokrani, la longue épopée des Ouled Sidi Cheikh dans le sud oranais). Ces résistances renouvelées et ces sacrifices avaient un seul objectif : signifier à la France que l’Algérie n’était pas un bien vacant, qu’elle avait ses hommes et ses femmes pour la défendre et que son occupation n’était pas légitime, qu’elle était illégale et imposée par la force.

Or, voilà qu’en cette année 1936, des sommités de notre peuple, des intellectuels, des oulémas (excepté les oulémas du PPA, liste en N. B.) et des élus dans les assemblées, prennent l’initiative de rendre par leur charte revendicative l’occupation française consentie, légale. Il aurait juste suffi pour que cette entreprise réussisse qu’aucune partie algérienne ne se manifeste pour la désapprouver. Heureusement, ce ne fut pas le cas, car une organisation algérienne qui activait en France, à savoir l’Etoile nord-africaine (ENA), dont les militants étaient des travailleurs émigrés, s’opposait farouchement à ce rattachement depuis déjà une dizaine d’années (1926).

Quelques jours après la remise de la charte revendicative du CMA au gouvernement français qui eut lieu le 24 juillet, le président de l'ENA, Messali Hadj, se rendit à Alger le 2 août 1936, pour exprimer aux partisans du rattachement le refus de son organisation, en les apostrophant dans un meeting public et en leur disant : «L’Algérie n’est pas à vendre.» Du fait de cette contestation arrivée au bon moment, au moment où l’Algérie devait être offerte à la France, l’ENA et son président remirent cette dernière à sa vraie place de force occupante qui devait un jour ou l’autre quitter l’Algérie. Et c’est ce qui arriva en 1962 : la vision et le patriotisme constant et tenace de Messali Hadj s’est révélé juste. A Messali Hadj, la patrie sera éternellement reconnaissante.
Quant aux organisations du CMA, le tribunal de l’Histoire jugera. D’autant plus qu’elles n’ont jamais adopté le mot d’ordre d’indépendance totale après leur faux pas de 1936, et ce, jusqu’au déclenchement de la lutte armée le 1er Novembre 1954, après avoir tergiversé pendant deux années : elles n’ont rejoint le FLN qu’en 1956 et aujourd’hui, leurs partisans oubliant leur passé, n’hésitent pas à traiter Messali Hadj de traître, pas moins. En somme, c’est le voleur qui crie au voleur.

L’après 1er Novembre 54 : c’est durant la révolution qui a été le théâtre d’affrontements armés entre le FLN et le MNA, causant des milliers de victimes, que les ex-assimilationnistes tirent leurs arguments pour qualifier Messali Hadj et ses partisans du MNA de traîtres. Cette grave accusation s’avère non fondée lorsqu’on examine un tant soit peu quelques faits historiques.

Tout d’abord, il y a lieu de rappeler aux amnésiques, qu’au moment des affrontements tragiques FLN/MNA, les militants du FLN et l’ensemble des Algériens considéraient qu’il s’agissait d’une guerre fratricide, opposant des frères à d’autres frères, les deux militant pour la même cause. Ils déploraient vivement ces affrontements et ils auraient été encore plus confortés dans leur position s’ils avaient eu connaissance des faits, méconnus en ce temps par l’opinion publique, que nous allons citer ci-après.
Ainsi, dès décembre 1954, au deuxième mois de la révolution, le MNA a transmis une aide financière et matérielle à la Wilaya III (Kabylie) en la remettant à Krim Belkacem. Bien avant, le 8 novembre 1954, Messali Hadj avait condamné dans un communiqué la répression colonialiste.

A l’inverse, le Parti communiste a condamné les attentats du 1er Novembre. Deux, le 5 septembre 1955, moins d’une année après le déclenchement de la lutte armée, Messali Hadj a envoyé au nom du MNA un mémoire au SG de l’ONU pour lui demander de le soumettre aux travaux de la 10° session de l’AG de l’ONU. Ce mémoire concernait, je cite : «Les dramatiques et sanglants événements qui mettent aux prises, sur le territoire de l’Algérie, les forces armées françaises et le peuple algérien.» Il ajoute plus loin : «Depuis le 20 août 1955, la situation, déjà dramatique de l’Algérie s’est considérablement aggravée. Certes, le 1er Novembre 1954, le peuple algérien, qui, depuis la conquête, n’avait cessé de...… afin que soient pris en considération ses droits nationaux s’est vu contraint de passer à l’action.»

Après deux années et demie d’affrontements tragiques entre le FLN et le MNA, celui-ci a proposé une réconciliation le 17 juin 1957 dans une plateforme dont extrait ci-après (source : «Les archives de la Révolution algérienne» de Mohamed Harbi, page 140) : «Les responsables soussignés, du FLN et du MNA, détenus à la prison de la Santé : - déclarent être animés du désir de voir les deux organisationsœœuvrer d’un commun accord pour l’élaboration et l’application d’un programme susceptible de mettre rapidement un terme à la domination coloniale en Algérie. Etc.» Cette plateforme, signée par Mohamed Maroc au nom du MNA, devait être signée par Ben Bella au nom du FLN. Bien que Ben Bella fût d’accord sur le contenu, il n’a pas pu la signer n’ayant pas eu l’assentiment de ses compagnons de détention.

Dans le même esprit de réconciliation, Messali Hadj a lancé le 1er septembre 1957 un appel unilatéral à la cessation des attentats en France (source : «Le FLN, mirage et réalité» de Mohamed Harbi, page 156), appel à la suite duquel une trêve a été observée. Malheureusement, cette trêve a été vite rompue le 20 septembre par un attentat du FLN dans la région parisienne contre Ahmed Semmache, un cadre du MNA (supra : fin 2e paragraphe).

Pendant les négociations d’Evian, Messali Hadj a refusé de tomber dans le piège de la division au détriment de la cause nationale. Ci-après, extrait de son rapport de mars 1963 sur cette question (source : «Les archives de la Révolution algérienne» de Mohamed Harbi, page 375) : «Le 6 juin 1961 : on devait, ce jour, répondre à un émissaire du gouvernement français. Après avoir examiné leur demande, le bureau politique a décidé de décliner cette invitation qui était jugée contraire à la dignité du MNA, aux intérêts supérieurs de la Révolution algérienne. Le MNA n’a pas voulu se prêter à cette manœuvre du colonialisme français, qui consistait à utiliser notre parti comme un moyen de pression sur le FLN.» Cette position hautement révolutionnaire peut être interprétée, plus que tous les autres faits, comme une gifle magistrale aux tenants de la thèse de la trahison du MNA.

Comme tout mouvement révolutionnaire armé, le MNA a compté dans ses rangs de nombreux martyrs ainsi que des condamnés à mort dont certains guillotinés et des milliers de prisonniers.Enfin, après l’indépendance, de grands dirigeants du FLN ont marqué leur respect et leur estime à Messali Hadj, soit par une demande d’entrevue (Krim Belkacem 1967), soit en assistant à ses obsèques ( Ali Mahsas, Paris 1974) ou à son enterrement (Hocine Lahouel, Tlemcen). Une telle considération par la direction historique du FLN est tout à fait contradictoire avec le refus opposé à un colloque sur Messali Hadj qui devait se tenir à Batna après celui tenu à Tlemcen l’année 2000.

La direction historique du FLN étant constituée d’anciens militants du PPA, on peut comprendre que ces derniers aient toujours de l’estime pour leur ancien chef, surtout que celui-ci n’a pas commis d’acte de trahison, ils le savent plus que tout autre. Il est par conséquent certain que le refus du colloque de Batna ne provient pas d’anciens militants du PPA, mais des partisans des anciennes organisations assimilationnistes dont la haine pour le PPA, plus que pour le MNA, est restée tenace.

N. B. : tous les oulémas algériens n’étaient pas pour le rattachement politique de l’Algérie à la France. Le PPA comptait dans ses rangs de nombreux oulémas militant pour l’indépendance nationale. Ce sont (liste non exhaustive) : Cheikhs Saïd Ez Zahiri, Bouzouzou Mahmoud, Abderrahmane Belaggoune, Ziane Belgacem El Baïdhaoui, Belhadi Mohamed Al Amine, Bencheikh Hocine Abdelhakim, Mohamed Larbi Dmagh Al Atrous,Mahfoudi Mohamed, Khélifa Benamar, Zouaï El Hadj, Miloudi Laroussi, Cherchali Belgacem, Zerrouki Mohamed, Cheikh Belabed, Mhammed Bechlaghem, Beneddine Zerrouki. Ces oulémas étaient professeurs dans les medersas du PPA, certains dirigeaient des revues du parti comme Le Maghreb arabe ou El Manar, d’autres étaient
des élus.

 

Afif Haouli (Partisan du FLN 54/62)

 

El Watan, 1er novembre 2011

 

http://www.elwatan.com/contributions/idees-debats/messali-hadj-et-la-haine-du-ppa-01-11-2011-145752_240.php

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 15:48

Ali Agouni, responsable du PPA, a réagi, hier, aux propos du ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, qui avait écarté la possibilité de reconnaissance du PPA, dans le cadre de la prochaine loi sur les partis politiques.
Pour lui, le parti fondé par Messali Hadj est aujourd’hui encore victime d’“une injustice flagrante”. Et de s’interroger : “Comment les militants du PPA n’ont pas le droit d’utiliser les sigles de leur parti, tandis que le sigle FLN continue d’être utilisé alors que lui aussi est antérieur à 1962 ?” Pourquoi a-t-on peur du PPA ? se demande encore ce vieux militant qui estime qu’il s’agit là de “deux poids, deux mesures”.
Ali Agouni interpelle le ministre de l’Intérieur et lui demande de reconsidérer sa position de“revenir sur ses déclarations injustes vis-à-vis du PPA et de lui accorder son agrément comme a tous les autres partis”.
Rappelant que le PPA avait été frappé d’interdiction à l’époque coloniale, celui qui se bat aujourd’hui pour permettre à ce parti de retrouver sa place sur la scène politique nationale, déplore qu’il en soit aujourd’hui de même dans l’Algérie indépendante.
“Il est temps de mettre nos rancœurs et haine aux vestiaires et de réconcilier le peuple algérien pour définir une politique qui réponde objectivement aux aspirations légitimes des Algériens”, préconise Ali Agouni.
Revenant sur le refus opposé à la tentative d’homologation du PPA en 1989, Ali Agouni a tenu à rappeler la réaction de certaines personnalités historiques qui avaient, selon lui, dénoncé justement le refus d’agrément. Il citera, entre autres, Bachir Boumaza, Abdelmalek Benhabylès, le commandant Ahmime et Si Hocine, ancien responsable de l’Amicale des Algériens en Europe.
“Messali Hadj et le PPA qu’on veut interdire aujourd’hui ont créé la génération qui a fait le 1er Novembre 1954, qui a mené la guerre contre le colonialisme français et qui l’a gagnée”, insiste encore Ali Agouni qui, au nom du parti, “lance un appel au président de la République et à tous les partis politiques épris de justice et de démocratie ainsi qu’à toutes les personnalités politiques de soutenir le PPA dans sa juste revendication et de s’élever contre cette injustice envers la démocratie”.
Pour ce compagnon de route du fondateur du nationalisme algérien, qui a toujours la flamme militante, en dépit du poids des ans, “le moment est venu d’accorder l’agrément au PPA et de donner la place qu’il mérite dans l’histoire de l’Algérie à Messali Hadj”.

 

"Liberté, 24 octobre 2011

 

http://www.liberte-algerie.com/actualite/ali-agouni-c-est-une-injustice-refus-d-agrement-pour-le-ppa

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 13:55
 
 
Par le Pr Abdelmadjid Merdaci*

L’Algérie marquera sans doute le cinquantième anniversaire des massacres du 17 Octobre 1961 à Paris consacré depuis 1968, comme on le sait, «Journée nationale de l’émigration» par le calendrier officiel et l’occasion sera, de nouveau, saisie pour une passe d’armes symbolique de plus contre la colonisation française et ses méfaits et les observateurs – comme les chancelleries — s’attacheront à décrypter l’intensité relative de l’exigence récurrente de repentance à l’aune des cris et des chuchotements des palais et de salons d’Alger.
Il est vrai que le passé rattrape un présent lourd d’incertitudes et la question des clés de l’avenir peut formellement apparaître plus urgente que celle des arcanes d’une histoire dont, à l’examen, institutions et acteurs sociaux ont pu, des décennies durant, faire l’économie sinon un usage abusif sans que cela posât problème outre mesure.

1- Une créativité française, un silence algérien

La presse nationale qui rapporte la diversité des manifestations consacrées en France à ce cinquantenaire – en particulier l’appel signé par des personnalités françaises à reconnaître officiellement «une tragédie» qui est «l’une des pages les plus sombres de notre histoire» — est bien en peine de signaler la manière dont l’événement sera commémoré dans le pays et cela, en soi, est déjà un indicateur suffisant de la prégnance de l’opacité qui entoure les arbitrages dans la gestion des enjeux de mémoire forcément politiques. Il ne fait pas de doute qu’audelà des circonlocutions patriotiques de conjoncture — du registre de la pseudo loi de criminalisation de la colonisation —, la ligne constante du régime algérien aura été de savoir jusqu’où ne jamais aller trop loin dans la mise en cause de l’ancienne puissance coloniale et ce sont les tenants de l’imprévisible «du passé faisons table rase» qui avaient pu imaginer et même commencé à mettre en scène un improbable «traité de l’amitié» entre l’Algérie et la France vite rattrapé, en France même, par les tenants de la légitimité et la grandeur de l’œuvre coloniale. Pour ne rester que sur le seul événement du cinquantenaire des massacres d’Octobre 1961, il est d’autant moins naïf de poser la question de savoir par quelles œuvres, créations, témoignages l’Algérie en a consigné la mémoire que la réponse – sous réserve d’inventaire — frappe par son caractère tranché : rien. Celui qui veut savoir/voir — n’en déplaise aux censeurs pseudo- patriotes de l’écriture de l’histoire du nationalisme et de la guerre d’Indépendance — est dans l’obligation de recourir à des sources essentiellement françaises. C’est Jacques Panigel qui le premier – au prix insensé d’une durable censure française — a fixé les images d’ Octobre à Paris qui sera relayé, des années plus tard, par le Franco-Algérien Mehdi Lalaoui signataire du Silence du fleuve. On comptabilise pas moins de dix documentaires – dont le prochain Ici on noie les Algériens de Yasmina Adi sortira ce 19 octobre — et quelques films de fiction dont Nuit Noire et le remarquable Les sacrifiésde Okacha Touita. Jean-Luc Einaudi aura aussi livré la première enquête journalistique documentée sur les massacres d’Octobre 1961 et sur les responsabilités directes du préfet de police Papon qui donnera lieu à la fois à des procédures judiciaires et aux premières manifestations d’un courant révisionniste dans la recherche historique française minorant le nombre des victimes algériennes. Porté aussi au cinéma, le roman noir de Didier Daeninckx Meurtres pour mémoire mesure, sur le registre fictionnel, l’impact des massacres d’Octobre sur les imaginaires français, impact que l’œuvre magistrale des chercheurs anglo-saxons James House et Neil Mac Master sur les filiations idéologiques de long cours des massacres – celle notamment de Maurice Papon — rend plus intelligible. C’est parce qu’il est légitimement insupportable d’opposer à cette créativité française sur une séquence qui procède aussi et tragiquement de notre mémoire collective les discours stéréotypés et oubliés de ministres des Anciens moudjahidine dont plus personne ne conserve le souvenir, qu’il y a urgence à rappeler qu’il ne peut y avoir de réponse à la lancinante question «de quoi sera fait demain» tant que ne sera pas abordée de front celle de savoir et de savoir de manière éthique, documentée «de quoi était fait hier». Les signes ne manquent pas qui indiquent déjà que le nécessaire retour critique sur le passé encourt les risques de nouvelles modalités de dévoiement.

2- De la question de la légitimité

Le maintien – délibéré ? — de la confusion sur les énoncés portant sur les sources de légitimation du régime algérien peut en être exemplaire. Dans le discours prononcé à l’occasion de la commémoration du cinquantième anniversaire de l’insurrection de Novembre 1954, l’actuel chef de l’Etat avait pu surprendre – et ostensiblement irrité les rentiers de la mémoire de la guerre d’Indépendance» — en proclamant «la fin de la légitimité révolutionnaire ». Le fait est que si celle-ci se rapporte aux acteurs ayant initié l’insurrection, conduit politiquement et militairement la guerre, elle n’aura influé que de manière marginale sur le cours des évènements au lendemain de l’indépendance. Au-delà de tout débat formaliste sur les questions de légalité et de légitimité au sein du FLN/ALN, celles-ci étaient clairement du côté du GPRA et ce sont elles qui avaient été mises au ban de la société et de la mémoire collective par le recours à la violence de l’alliance Etat-major général (EMG) – Ben Bella/Khider. «Nous prendrons le pouvoir quel qu’en soit le prix», avaient répondu ces deux dirigeants aux exhortations du Colonel Hassen venu à Rabat les prévenir des risques d’une guerre civile. Autrement dit, le régime algérien, depuis l’indépendance, quand bien même s’était-il revendiqué de la guerre d’Indépendance, procède d’abord et avant tout de l’usage de la violence politique et il faudra bien, un jour, revenir aux combats d’août 1962, à leurs nombreuses victimes et à leurs conséquences durables sur les fondements de l’Etat de l’indépendance. Ainsi donc, est-ce bien plus cette violence politique qu’il s’agit de récuser – aujourd’hui encore plus qu’hier – qu’une légitimité historique qui n’en peut. Mais...

3- Une normalisation populiste

Le populisme aura été le vecteur porteur de la normalisation de la société algérienne par la violence politique qui repose sur deux énoncés à l’efficacité longtemps redoutable : d’une part l’imaginaire guerrier qui, occultant la dimension fondamentalement politique du recours aux armes – explicitement porté par la proclamation du 1er Novembre —, fait de la violence le principe décisif de la victoire sur l’Etat colonial français, d’autre part l’érection d’un «peuple héroïque», et rassemblé autour et à l’intérieur d’un FLN/ALN homogène, aseptisé, sans contradictions ni vie politique active. A l’enseigne gratifiante pour ceux qui s’étaient accaparés des rênes du pouvoir mais aussi et surtout pour de larges secteurs de la société symboliquement absous de leurs hésitations – sinon plus encore — d’«un seul héros, le peuple» s’établissait ainsi un récit historique institutionnel relayé par les instances du pouvoir, les médias et notamment par l’histoire scolaire qui outre la censure outrancière – celle des figures du mouvement national comme Messali, Abbas, Bendjelloul ou des dirigeants de l’insurrection comme Boudiaf ou Aït Ahmed —, met en place les instruments d’une rente mémorielle encore d’actualité. Les résurgences mémorielles enregistrées sous l’ère du président Chadli Bendjedid, de l’inscription de la journée du 19 mars 1962 dans le calendrier des fêtes légales au retour dans l’espace public d’acteurs longtemps occultés et stigmatisés – Krim Belkacem, Ferhat Abbas, Abane Ramdane — relativiseront progressivement le mythe du peuple acteur collectif de la libération nationale et ouvriront peu à peu droit à des récits de vie, biographies et témoignages qui remettront en jeu la part des engagements personnels dans les processus politico-militaires du nationalisme.

4- Une patrimonialisation du passé

Au plan éditorial, il est loisible de constater que la recension opérée, il y a de cela quelques années, à ce sujet par les historiens Ouarda Siari-Tengour et Fouad Soufi portant sur plus de deux cents titres, devra être revue à la hausse et il est notable que le cours (auto) biographique supporte déjà les dérives d’une forme de patrimonialisation du passé et nourrit les tentations de réécrire l’Histoire. Le lecteur ou l’observateur attentifs n’auront pas manqué de relever ici une agressive stratégie commerciale et de communication autour de tel homme politique ou la proximité familiale et territoriale dans le retour en grâce relatif de telle autre figure historique mise au ban de la société. Ces évolutions marquent, quant au fond, les difficultés qui continuent de contraindre la fabrication d’un récit historique national sans lequel la question vitale du vivre-ensemble ne peut avoir de support légitime. Cette question est, à tous égards, bien plus décisive que l’appel récurrent à «mettre le FLN au musée» alors même que l’Algérie indépendante, ses institutions, ses intellectuels et ses chercheurs ont, toutes raisons égales par ailleurs, dans l’ensemble échoué à placer dans l’espace public national les données documentant ce qu’a été le Front de libration nationale. L’accueil réservé en son temps aux ouvrages de référence – Aux origines du FLN, Le FLN, mythes et réalités, longtemps censurés en Algérie, les polémiques ayant entouré le plus récent texte portant Documents sur L’histoire intérieure du FLN signé par Gilbert Meynier, indiquent qu’il y a des marges d’intérêt pour le FLN et sa place singulière dans l’histoire moderne de l’Algérie. Pour le reste, la filiation entre le FLN des fondateurs, celui de Boudiaf et des compagnons, et l’appendice d’aujourd’hui de Belkhadem est suffisamment improbable pour requérir plus d’attention que cela.

5- Les enjeux d’Octobre 1961

En tout cas, moins d’attention que ce qu’appelle cette Fédération de France du FLN initiatrice des manifestations pacifiques du 17 Octobre 1961 à Paris et dont l’importance politique fut tôt pressentie pour faire l’objet d’une querelle de parrainage entre Boudiaf et Abane. Ali Haroun, Omar Boudaoud — membres de la dernière direction de la Fédération —, «Daniel» Benyounès ont consigné des témoignages utiles pour la connaissance de la «septième wilaya» — pour reprendre Ali Haroun — et les spécialistes de l’histoire de l’Algérie attendent avec grand intérêt la thèse de Linda Amiri sur le sujet. Il faudra sans doute revenir un jour sur la place tout à fait singulière de cette instance du Front qui portait la guerre sur le territoire même de l’ennemi, sur les violents déchirements d’une émigration algérienne de longue date acquise à l’idée nationale qui ne peuvent supporter indéfiniment – quoi que puisse en penser et dire le secrétaire général de l’Organisation des anciens moudjahidine – une stigmatisation de courte vue. «Journée de l’émigration» était dans le registre des reconnaissances et des gratifications tout ce que le régime pouvait concéder à une Fédération de France du FLN ostracisée en raison de ses choix légalistes lors de la crise de l’été 1962. L’appel qu’elle lance – à partir de Cologne, siège officiel de l’organisation – à la manifestation pacifique le 17 octobre 1961 en réponse à une demande lancinante des responsables — notamment parisiens — soumis à une répression de plus en pus dure et massive des services de police de Papon et des groupes de harkis requis par des officines de l’armée, s’inscrit-il encore dans les choix stratégiques d’un GPRA largement requis par l’évolution des négociations avec le gouvernement français ou procède-t-il – précisément en raison de ces mêmes négociations — des rapports internes au Front ? Officiellement en tout cas, l’objectif est moins d’infléchir les choix de la direction du FLN que de répondre à la décision du 6 octobre du préfet de police Maurice Papon instituant un couvre-feu pour les travailleurs algériens. Ils furent plus de trente mille, hommes, femmes, enfants à donner des capacités de mobilisation du FLN une image décisive et à s’être exposés au pire déchaînement de violence en plein cœur de la capitale française et du fait des services de police et de sécurité de l’Etat français Depuis des années, militants politiques, historiens, acteurs de la société civile française ont engagé un combat méritoire pour la reconnaissance des massacres d’Octobre 1961 par l’Etat français et la multiplication des manifestations à l’occasion de ce cinquantenaire – notamment avec l’alignement officiel du parti socialiste sur cette demande — sanctionnent déjà la qualité de leur détermination. Le quasi-silence officiel algérien est aussi vieux d’un demi-siècle. Faudra-t-il alors des manifestations publiques pour que l’Etat algérien inscrive clairement ces massacres dans un contentieux historique encore inépuisable ?
A. M.

*Professeur à l’Université Mentouri, Constantine.
Mail : mad.benhacen@yahoo.fr
 
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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 11:02

Aujourd'hui, 17 octobre 2011, on célèbre le sinistre anniversaire de la chasse aux Algériens menée en plein Paris par la police, le 17 octobre 1961.

J'ai, personnellement, mais aussi au nom du "Nouvel Observateur" signé une pétition initiée par notre confrère Edwy Plenel qui contient un appel à la mémoire mais aussi à la justice. Bertrand Delanoë, pour sa part, a organisé plusieurs manifestations pour associer la mairie et la ville de Paris à cette célébration.

Le 17 octobre 1961, nous étions en pleine guerre d'Algérie. Jusqu'à une certaine période, le territoire de la métropole française et de la capitale avait été épargné. La fédération de France du Front de libération national algérien (FLN) n'avait pas jugé politique ni d'ailleurs stratégiquement intéressant de s'aliéner une population française dont la majorité n'était en rien associée aux répressions de type colonial et policier.

Cependant, dans les derniers mois et plus exactement depuis juin 1961, des attentats avaient eu lieu contre les forces de l'ordre à Paris.

Il faut se souvenir que sur les 350.000 Algériens résidant alors en France, 180.000 vivaient en région parisienne et que le FLN contrôlait, avec une poigne implacable, tous les immigrés algériens, en arrivant à un comportement d'une impitoyable cruauté quand ces immigrés restaient acquis au grand leader nationaliste algérien Messali Hadj. On ne peut donc pas dire que l'on vivait dans ces milieux dans la paix et la confiance et surtout dans la discipline.

Cependant, comme le rappelle deux auteurs britanniques Jim House et Neil Master, de juin à août 1961, la fédération de France du FLN avait décidé d'une trêve rompue par les militants parisiens de cette fédération qui ont assassinés une dizaine de policiers en deux mois. A partir de ce moment, le préfet de police, au nom célèbre de Maurice Papon, sous les ordres du ministre de l'intérieur Roger Frey et après des instructions données par le Général de Gaulle lui-même, la répression va s'organiser. D'autant que les syndicats policiers, indignés par les attentats dont ils étaient les victimes, réclament non seulement des armes et des gilets par balles, mais des ordres écrits donnant libre cours à la répression.

Nous en arrivons donc à cette terrible journée du 19 aout 1961, où la répression d'une manifestation se voulant et se déclarant pacifique, mais qui avait été solennellement et précisément interdite, aboutît à un massacre innommable d'Algériens traqués au faciès partout où ils prétendaient défiler. Le spectacle de cette répression a été épouvantable, il y a eu une centaine de morts. Contrairement à ce qui a été écrit, les journalistes ne se sont pas laissés imposer le moindre silence. Il y a eu des quantités d'articles dans toute la presse française. Une seule chose manquait, qui ne ferait pas défaut aujourd'hui: il n'y avait pas une seule photo, donc pas une seule trace visible dans les journaux, à la télévision, et au cinéma.

Maintenant il faut poser deux ou trois questions essentielles: le gouvernement provisoire du FLN se trouvait à Tunis, c'est lui qui donnait les directives à toutes ses troupes et à tous ses militants, où qu'ils soient. Ce gouvernement a-t-il donné des ordres pour qu'une manifestation, même pacifique, ait lieu? Il n'en est rien. Au contraire, et c'est très important. Les négociations entre la France et les responsables de l'insurrection algérienne faisaient de grands progrès et elles allaient d'ailleurs aboutir à la proclamation de l'indépendance au printemps 1962, six à sept mois plus tard.

Pourquoi la section parisienne de la fédération de France n'a-t-elle pas obéit aux ordres de son gouvernement? Plusieurs réponses. D'abord, ils n'étaient pas forcément d'accord avec un gouvernement, celui de Tunis, qui était lui-même divisé entre des groupes politiques et des groupes militaires. Ensuite, les militants parisiens se sentaient frustrés d'une participation directe à l'insurrection alors que celle-ci connaissait des succès. Ensuite encore, les Parisiens du FLN estimaient qu'on ne pouvait pas laisser sans réponse l'organisation de la répression où le racisme anti-arabe et la brutalité des méthodes se développaient de plus en plus. Reste que le 16 octobre, la veille du massacre, les responsables algériens avaient bel et bien été informés de ce qui les attendait s'ils manifestaient. C'est pourquoi, après le massacre, il y a eu de violents désaccords entre les responsables algériens.

A la question de savoir si un résistant ne doit pas craindre la répression lorsque son devoir est de résister, il y a une réponse: lorsque les résistants français ont scié des rails et des trains, ils savaient que des dizaines d'otages seraient fusillés. Mais c'est là que la réponse se complique. Lorsque la résistance contribue à faire aboutir l'indépendance, justifie le risque d'exposer des civils au martyre. Mais précisément, les Algériens qui étaient opposés à la manifestation avançaient que ce n'était pas au moment où les négociations progressaient qu'il convenait de compromettre le travail des négociateurs.

On a compris que je tenais à expliquer la raison de ma signature de la pétition. Car la question des responsabilités se posent à la fois aux Algériens et aux Français.

Reste que de toute manière, les conditions dans lesquelles la répression du 17 octobre 1961 a été conçue, décidée, organisée, et perpétrée, relèvent d'une barbarie dont seuls les Juifs avaient été l'objet dans un passé récent.

 

"Le Nouvel Observateur", 17 octobre 2011

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/jean-daniel/20111017.OBS2637/souvenons-nous-du-17-octobre-par-jean-daniel.html

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 10:59

Ancien militant du Parti du Peuple Algérien (PPA), le moudjahid Ali Agouni, a animé une conférence-débat sur la vie et l’œuvre du leader nationaliste Messali El Hadj (1898-1974), au Centre des loisirs scientifiques d’Alger, place Maurice Audin, en présence de nombreux militants de son parti.

Profitant de la célébration nationale du 50e anniversaire de la date historique du 17 Octobre 1961, M. Ali Agouni a tenu à rappeler de prime abord que dès qu’il a appris la terrible nouvelle du massacre de centaines d’Algériens à Paris, Messali El Hadj a condamné énergiquement la sauvage répression de cette manifestation par la police française, aux ordres du sinistre Maurice Papon, qui a entraîné des centaines de morts et de blessés parmi nos travailleurs émigrés.
Après quoi, le conférencier est revenu en détail sur le parcours historique de Messali El Hadj en soulignant particulièrement que, depuis sa participation à la création de l’Etoile Nord Africaine en 1927, à Paris, ce dernier a consacré toute sa vie à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.
Il a ensuite ajouté que le leader politique algérien a su tirer les leçons de la résistance héroïque du peuple algérien face à l’occupant colonial pour investir le champ politique dans le but d’éveiller les consciences et appeler à l’unité des rangs des Algériens afin d’arracher les droits des peuples du Maghreb arabe à la liberté et à l’indépendance. M. Agouni devait ensuite souligner l’importance de la rencontre de Messali El Hadj avec Chakib Arslane, le brillant intellectuel arabe en Suisse, ses discussions fécondes avec Ferhat Abbas, les efforts constants qu’il a déployés en Algérie et à l’étranger en vue d’organiser et de mobiliser les Algériens autour de la cause de l’indépendance nationale.
Dans ce contexte, il a cité des faits et des événements majeurs de l’histoire nationale et celle du leader politique, comme la création du PPA, puis celle du MTLD, la tenue du Congrès musulman en 1936, au stade municipal des Annasser, où Messali El Hadj a frappé l’imagination des Algériens par son célèbre discours contre l’assimilation, la confection du drapeau algérien par son épouse Emilie Busquant, la création des AML en mars 1945 (Amis du manifeste et de la liberté) sa rencontre avec Aït Ahmed pour réorganiser les rangs de la résistance armée, après la décapitation de l’OS en 1950, sa tournée au Moyen-Orient en 1951, ainsi que la réunion du Comité central et l’aggravation des problèmes internes de son parti .
Dans ce contexte, le conférencier n’a pas oublié les épreuves endurées par le leader nationaliste et ses compagnons de lutte pour le triomphe des idéaux nationalistes en citant les nombreuses arrestations et détentions que Messali El Hadj a connu dans les prisons de Serkadji (Barberousse) et de la Santé (Paris), sa déportation à Brazzaville au Congo et autres épreuves, et ce, jusqu’au déclenchement de la Révolution de Novembre.
Il a conclu ses propos en rappelant la nécessité de l’écriture de l’histoire pour les générations futures avant d’ouvrir un débat sur l’histoire de l’Algérie.

 

"El Moudjahid", 18 octobre 2011

 

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/18144

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