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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 10:57

Le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou, vient de mettre les pieds dans le plat en accusant sèchement Messali Hadj, le fondateur du Mouvement national algérien (MNA), de «traître» et les messalistes de «collaborateurs». N’était le statut de cette organisation sociale qui a toujours gravité dans le giron du pouvoir, se posant en dépositaire et garante de la préservation de l’histoire et de la mémoire nationales, sa déclaration aurait été appréciée pour ce qu’elle est : une opinion personnelle d’un moudjahid, ou bien encore une position officielle d’une organisation, celle des moudjahidine, sur un fait d’histoire comme on en entend ici et là. Mais voilà, c’est que l’Organisation des moudjahidine n’a pas pour habitude de prendre ce genre de liberté avec l’histoire, un domaine dont on a pu mesurer le caractère sensible, explosif, chaque fois que l’on tente de parler de notre histoire autrement qu’en empruntant le chemin balisé de l’écriture officielle.

D’ailleurs, pour éviter de rompre ce consensus générationnel autour de l’histoire par des déclarations ou des positions au sujet desquelles on a toujours fait croire que l’Algérie n’est pas encore prête politiquement, moralement, à admettre dans le débat public, l’ONM s’est spécialisée dans les confortables cérémonies commémoratives officielles qu’elle organise régulièrement. Depuis que l’aéroport de Tlemcen porte le nom de Messali Hadj – une décision qui est intervenue sous le second mandat de Bouteflika – beaucoup avaient interprété cela comme un signal politique fort venu d’en haut pour réhabiliter à titre posthume Messali Hadj après qu’il eut été gommé de l’histoire officielle depuis l’indépendance.

La tenue, il y a quelques jours à Tlemcen, du séminaire sur Messali Hadj – une initiative, officiellement, de la société civile qui avait suscité une vive polémique dans certains milieux – avait conforté cette thèse. Comment alors analyser cette sortie médiatique pour le moins inattendue du secrétaire général de l’ONM sur Messali Hadj ? Les novembristes ont-ils repris la main dans cette partie de bras de fer sur cette page de l’histoire fortement controversée ? Si c’est le cas, cette offensive a-t-elle reçu l’assentiment de Bouteflika qui aurait reculé à la suite du tollé soulevé par la tentative de réhabilitation qui ne dit pas son nom ?

Dans le cas contraire, l’Organisation des moudjahidine a-t-elle tenu, par cette posture, à se démarquer de la position officieuse ou semi-officielle qui se précise par petites touches ? Une chose est sûre : la déclaration du patron de l’ONM soulève plus d’interrogations qu’elle ne suggère de pistes d’analyse ou une volonté réelle d’interroger l’histoire, avec ses faits et ses méfaits, en se focalisant beaucoup plus sur les péripéties qui ont marqué la Révolution algérienne que sur les hommes.

Après avoir attendu plusieurs décennies, à peine entr’ouverte, de façon informelle et timorée, cette page de l’histoire, décidément si lourde à porter par la mémoire collective, semble être vite refermée. Laissée entre les mains des politiques, l’histoire, qui est un patrimoine commun, devient un enjeu de pouvoir, un facteur de légitimation des uns et de délégitimation des autres.

 

"El Watan", 12 octobre 2011

 

http://www.elwatan.com/edito/un-debat-des-resistances-12-10-2011-143144_171.php

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Published by Omar Berbiche - dans Algérie Histoire
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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 10:54

Le FLN devra-t-il changer de nom ?

 

La déclaration de Ould Kablia semble s’adresser à l’ex-parti unique qui monopolise les symboles de Novembre et se place en dépositaire unique du patrimoine de la révolution algérienne.

Bonne nouvelle pour les nouveaux partis. Le ministre de l’Intérieur vient de les rassurer quant à leur agrément. “L’agrément des nouveaux partis se fera après l’adoption par le Parlement du projet de loi organique relatif aux partis politiques”, a-t-il déclaré, hier, en marge de la cérémonie de sortie d’une promotion de la Protection civile.
Mauvaise nouvelle en même temps pour les anciens partis d’avant 1962. Ould Kablia a précisé, en réponse à une question sur l’agrément du PPA, qu’il était interdit “d’utiliser les noms et les sigles d’anciens partis ayant existé avant 1962”. Jusque-là, un seul parti a demandé à être agréé, le PPA. Mais le propos du ministre de l’Intérieur prête à des lectures qui intègrent de facto le FLN. Autre indice qui accrédite cette hypothèse, l’autorisation et la sécurité digne d’un événement officiel assurée à la tenue de la conférence nationale du mouvement de redressement du parti, jeudi dernier, et qui s’est transformé quasiment en congrès.
Avec sa déclaration, Ould Kablia, qui est l’auteur de l’avant-projet de loi sur les partis, semble s’adresser à l’ex-parti unique qui monopolise les symboles de Novembre et se place en dépositaire unique du patrimoine de la révolution algérienne. Va-t-il pour autant aller jusqu’à exiger du FLN de changer de nom et de sigle ? La déclaration en elle-même peut devenir un motif d’aggravation des secousses qui lézardent le parti depuis 1996. Cette sortie du ministre, en pleine campagne pour les réformes politiques, rejoint, par ricochet, la déclaration pour le moins surprenante du secrétaire général de l’Organisation des moudjahidine (ONM) accusant Messali Hadj de traîtrise et les militants du PPA de collaborateurs de l’armée coloniale. Il rejoint également le discours du président Bouteflika lors du dernier congrès de l’ONM où il “décréta” la fin de la légitimité historique et le début de la légitimité populaire. Des années après, les choses semblent se concrétiser, cela d’autant que le “courant” en faveur de la réappropriation des sigles de la révolution de Novembre vient de franchir un nouveau pas avec la proposition d’une loi en ce sens, récemment déposée par des députés. Autre preuve de la validité de cette hypothèse, le fait que la question relative à l’agrément du PPA soit posée par l’APS, l’agence officielle, dans un contexte où les faits et les évènements importants ne manquent pas sur la scène politique nationale. Et la réponse franche et tranchée du ministre renseigne sur l’objectif et l’arrière-pensée de cette décision.
Et c’est le FLN déjà fissuré qui, à coup sûr, va en pâtir…, à commencer par l’obligation qui lui serait faite de changer son logo et ses références. Un défi qui lui sera difficile de relever tant il sera contraint de se mettre dans la même position que le reste des partis politiques. Et à quelques mois des élections législatives et locales, dans une conjoncture qui lui est des plus défavorables avec ses dissensions internes et la première victoire des redresseurs, le FLN risque de laisser des plumes. Des sièges surtout et son aura.
Les autres partis, les nouveaux, pourront avoir leur agrément en suivant la procédure. Tout simplement, assure Ould Kablia.

"Liberté", 17 octobre 2011

 

http://www.liberte-algerie.com/actualite/le-fln-devra-t-il-changer-de-nom-ould-kablia-annonce-l-interdiction-des-sigles-d-avant-1962

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Published by Djilali BENYOUB - dans Algérie Histoire
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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 10:51

Les archives de la révolution algérienne de Mohammed Harbi : Un éclairage historique inédit

 

La Révolution algérienne a connu un long cheminement politique qui a présidé dans une période tumultueuse — et sans doute pas aussi linéaire que l’on pourrait le croire — avec la constitution des différents mouvements et partis politiques d’avant-garde jusqu’à son déclenchement en Novembre 1954.

La publication d’un large éventail de documents inédits rassemblées et commentés par l’historien Mohammed Harbi sous la forme d’une première édition française à Jeune Afrique en 1981 a donné lieu en 2010 à une seconde publication au vu de l’importance de cet ouvrage aux éditions algérienne Dahlab.
Avec cet éclairage inédit offrant aux lecteurs de nouvelles pistes pour une meilleure compréhension des circonstances réelles dans lesquelles la Révolution algérienne était entrée dans sa marche historique, les lecteurs auront à leur disposition des documents demeurés secrets pendant une vingtaine d’années rassemblant des rapports internes, lettres, messages qui s’étalent entre 1948 et 1962.
Dans son édifiante introduction, l’auteur nous explique la raison et l’utilité de cette publication qui aborde le thème crucial de la Révolution algérienne et ce, malgré la complexité d’un sujet qui peut prêter à controverse stérile ou passion exacerbée des deux côtés de la Méditerranée : «L’occultation et la déformation intentionnelles des faits n’épargnaient pas les acteurs eux-mêmes.
Peu de militants algériens peuvent se vanter d’avoir toujours fait leurs choix en connaissance de cause. Peut-on éclairer une scène où règne la confusion sans en finir avec le culte du secret et la censure, forcée ou volontaire, que chacun s’impose ? Evidemment, non !
La publication de ces archives se veut donc une réponse à cette question.», écrit l’auteur. Composé de huit chapitres présentant, documents à l’appui, toutes les composantes du Mouvement national et des diverses virtualités inhérentes au processus historique avec l’étude des alternatives proposées par le MNA de Messali Hadj et le Parti communiste, l’ouvrage apparaît comme un livre d’histoire contemporaine avec une première partie du recueil qui porte sur la préparation de l’insurrection et la scission du MTLD et une attention particulièrement concentrée sur la période de 1954-1962 d’autant que l’auteur en travaillant sur ces documents collectés s’est rendu compte de l’importance décisive à travers son étude des années qui ont précédé le 1er Novembre.
La seconde partie qui porte sur la Révolution armée est un condensé de textes plus homogène. L’ouvrage qui est une tentative éclairée aux fins de susciter une «véritable libération sociale» de montrer certaines zones d’ombre sur un passé prestigieux et de donner au lecteur un ensemble de pages qui reflète l’esprit dans lequel cet historien a contribué à sa manière au défrichage de l’histoire de la guerre d’indépendance, est en même temps une nouvelle forme de reconsidération, par l’auteur, du passé héroïque de l’Algérie, un passé qui comme un accouchement ne s’est pas fait sans douleur et de façon linéaire, mais a, au contraire, été source d’affrontements incessants au sein des mouvements prônant la libération du peuple algérien sous des angles différents.
C’est ce cheminement politique qui a évolué en dents de scie contrairement à l’opinion officielle que se propose Mohammed Harbi d’étudier sur la base de précieuses informations qui contribueraient dans l’avenir à voir de façon plus claire le présent car écrit Mohammed Harbi à ce sujet : «Le passé, en Algérie doit redevenir le patrimoine de chacun.
Privé de mémoire, un peuple peut errer longtemps dans les ténèbres (…) L’histoire, on le sait est une reconstruction. Les mêmes matériaux peuvent donner à des interprétations différentes. Les archives de la Révolution algérienne ne doivent pas rester le monopole de gardiens jaloux, hommes de pouvoir ou opposants, qui gèrent le passé sans que personne ne soit en mesure de les contester.
La confrontation des idées et des expériences et la formation des opinions politiques ne peuvent qu’y gagner. Sans cela, il n’est guère de progrès réels et irréversibles.» A signaler dans ce livre le remarquable texte de la postface rédigé par l’historien spécialiste des questions algériennes et magrébines Charles-Robert Agéron qui présente ce livre comme «le tableau éclatant de la Révolution algérienne qu’il nous ait été donné de lire jusqu’ici.» Et mentionne l’acuité des analyses de l’auteur ainsi que la rigueur de sa réflexion qui font de ce témoignage, unique en son genre, un livre de documents inédits qui pourrait s’adresser au public jeune d’aujourd’hui.

"El Moudjahid", 16 octobre 2011

 

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/18033

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Published by Lynda Graba - dans Algérie Histoire
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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 10:49

Le ministre de l'Intérieur est des Collectivités locales, Dahou Ould Kablia, a affirmé, ce dimanche 16 octobre à Alger, «qu'il est interdit d'utiliser les noms et les sigles d'anciens partis ayant existé avant 1962». C'est ce que rapportent les journaux. Mais on est déjà des millions à se poser la même question : et le FLN ? Il est bien né avant 62 ? Est-ce que le ministre de l'Intérieur, qui aime déjà les redresseurs anti-Belkhadem, vise-t-il ce que vise l'histoire depuis toujours ? Le FLN au musée ? On ne sait pas. Reste que l'interdiction de faire des remakes de l'histoire politique algérienne est un peu fascinante. Dans le détail, en gros, mis à part le départ des colons français et leur remplacement par des colons algériens, rien n'a changé. C'est-à-dire politiquement. Du point de vue statistiques, bien sûr, il n'y a rien à comparer entre maintenant et avant l'indépendance : nous sommes plus nombreux, les Français sont moins nombreux, il y a plus d'écoles et d'hôpitaux, plus de routes et de voitures, plus de droits et de pétrole. Mais pour le reste ? Pour le casting politique ? Là, il y a doute qui remet en cause l'interdit de Ould Kablia. En gros, il y a encore des colons : ils sont puissants, forts, piègent le pays par leur appétit, ont des milices et des fermes. Ces colons locaux fraudent les élections, aiment les zaouïas, donnent des médailles aux plus collaborateurs, aiment le travail chinois et déteste le travail d'arabe. On les appelle le régime, comme autrefois les colons s'appelaient «la civilisation». En face, c'est encore le même schéma : l'opposition qui veut encore une fois l'indépendance, ou pas, et qui hésite sur les moyens et le calendrier. Du coup, on retrouve les mêmes acteurs d'autrefois : d'abord les islamistes assimilationnistes. Autrefois, c'étaient des benbadissiens, aujourd'hui, ce sont des«entristes». Ils prônent l'islamité, l'arabité, le nationalisme mais aussi la patience, la non-violence et l'opportunisme. On retrouve aussi les partisans du dialogue avec le Pouvoir : rien ne sert de se battre contre l'armée la plus forte du Maghreb, vaut mieux négocier des droits. Ces gens-là veulent des élections propres, la fin du double collège, l'égalité entre les Algériens qui possèdent Alger et les Algériens d'Algérie et l'abolition du code de l'indigénat. Ce sont des gens que le Pouvoir malmène, utilise, jette ou ramasse selon les cycles et les pressions. Ce sont des sortes de centralistes. On a aussi les «maquis» en Kabylie et la même crise berbériste selon certains. On peut ajouter au tableau le mouvement des enseignants algériens de 1920 devenu syndicat du personnel de l'éducation ou les partisans de la solution armée, encore minoritaires mais déjà prêts pour le coup de feu et la photo de groupe.

Si on regarde bien, on a aujourd'hui un MTLD, un MNA, des enfants de Benbadis, des partisans de la solution armée, des Messalistes, un ou deux Ferhat Abbas, un clan de Oujda, le retour des épidémies et des migrations alimentaires, de la révolte populaire. La différence ? Il faut être juste : on mange mieux, on dort beaucoup plus, on est un peu plus riche, mieux soigné et on a un passeport. Et le reste ? Pas grand-chose : le FLN veut toujours être seul et unique, avant la guerre et après l'indépendance. La seule différence est que le FLN est passé «de l'autre côté» : il ne libère pas le peuple mais l'empêche d'être libre. Ould Kabila devrait aller au bout de sa logique : interdire au FLN alimentaire de se revendiquer du FLN historique. L'usurpation d'histoire devrait être interdite pour tous. Un nouveau Front de Libération est le droit de chacun.

 

"Le Quotidien d'Oran", 18 octobre 2011

 

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5159278

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Published by Kamel Daoud - dans Algérie Histoire
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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 12:10

Enquête - Il y a 50 ans, une manifestation pacifique d’Algériens était sauvagement réprimée à Paris. On ignore encore le nombre des victimes. Grâce à l’ouverture des archives, la documentariste Yasmina Adi défie, dans un film, le déni et l’oubli.

 

«Les violences atteignent aussi la métropole. Ainsi, le 17 octobre 1961, à Paris, les forces de l’ordre tuent près d’une centaine d’Algériens, lors d’une manifestation pacifique organisée par le FLN. Le 8 février 1962, la police charge, près du métro Charonne, des manifestants protestant contre les attentats de l’OAS. Le bilan est de neuf morts.» Voilà ce que les élèves français des classes de terminale peuvent trouver dans leur livre d’histoire (Nathan), sous le chapitre «L’indépendance de l’Algérie» du cours consacré à «L’enjeu de la décolonisation (1945-1962)». Clair, mais pour le moins concis. Sans doute, les enseignants en disent-ils davantage, mais à la veille du 50e anniversaire d’un massacre inouï - commis dans la soirée du 17 octobre 1961 et qui se poursuivit durant plusieurs semaines -, combien sont-ils en France, toutes générations confondues, à savoir même de quoi il s’agit ?

 

Cette monstrueuse «ratonnade» - l’historien Pierre Vidal-Naquet assure que l’expression est née de cet événement tragique, raton désignant Algérien dans le vocabulaire des racistes décomplexés - reste curieusement ignorée de l’opinion, quand elle n’est pas purement et simplement niée, minimisée, occultée, ou effacée par la manifestation anti-OAS du métro Charonne, quatre mois plus tard, au point d’entretenir une étrange confusion entre ces deux épisodes parisiens dramatiques de la guerre d’Algérie finissante.

 

Flottant parfois jusqu’au Havre

 

«L’archive, c’est mon trip.» Française née à Saint-Martin-d’Hères (Isère) de parents algériens, Yasmina Adi, 36 ans, a un franc-parler réjouissant. Au premier coup d’œil, il n’échappe à personne que cette jeune femme a du tempérament, en tout cas quand elle parle de son travail. Yasmina Adi est documentariste, elle est l’auteure d’un film qui sortira en salles le 19 février, dont l’affiche donne froid dans le dos, malgré son impeccable sobriété : l’image en noir et blanc d’un pont parisien dont le parapet est griffé d’une inscription en lettres capitales peinte au pinceau - «ICI ON NOIE LES ALGERIENS», au-dessus d’une date, discrète, écrite en rouge, «17 octobre 1961».

 

A chaque décennie, surtout depuis 1981, des hommes et des femmes - historiens ou non - s’évertuent à empêcher la condamnation à l’oubli de quelque 300 Algériens tués par la police française, alors sous les ordres du préfet Maurice Papon, et dont un grand nombre furent retrouvés flottant sur la Seine, parfois jusqu’au Havre, le courant du fleuve les entraînant vers la Manche. Aujourd’hui encore, ce chiffre de 300 morts ou «disparus» reste une «estimation», car étudier cette histoire-là relève depuis cinquante ans de la gageure. Une histoire évidemment peu glorieuse pour les Français, mais que les Algériens ne se sont pas non plus empressés d’éclairer. Une histoire maudite, comme on en compte depuis la nuit des temps dans tous les pays qui vivent une guerre.

 

En octobre 1961, la guerre d’Algérie, qualifiée «d’événements d’Algérie», a déjà 7 ans. Une guerre d’indépendance avec ses conflits intérieurs (en Algérie) et extérieurs (en métropole, car l’Algérie est encore française) et leurs lots de morts, de tortures, d’attentats et autres atrocités. De luttes entre Algériens aussi, qui fourniront aux autorités françaises l’occasion d’attribuer les exécutions «d’indigènes» aux règlements de comptes internes.

 

Le préfet impose le couvre-feu

 

Quand, voilà deux ans, Yasmina Adi «commence à aller taper aux portes», elle vise un objectif : «Réveiller les consciences» - une sorte d’obsession chez elle s’agissant de l’Algérie -, en réalisant un documentaire avec des archives pour unique matière, seul moyen, dit-elle, d’apporter les preuves irréfutables du massacre du 17 octobre 1961. Si elle a réussi cette folle entreprise, c’est que, contrairement à ses prédécesseurs, l’outil dont elle a pu s’emparer était interdit jusque-là : les historiens eux-mêmes n’avaient pas accès aux fameuses archives, impossible à ceux qui le demandaient de voir, lire, entendre des documents fermés parfois pour soixante-dix, cent ans, sans aucun droit aux dérogations, sauf celles, rares, accordées au petit bonheur, selon la bonne mine du demandeur et surtout de ses intentions.

 

Cette ouverture des archives a changé la donne. Avec elles, fini les mémoires courtes, les souvenirs ravalés, les mensonges réitérés depuis tant d’années. Pour en arriver là, il a fallu en passer par quelques «accidents» scandaleux dont la France n’a pas l’exclusivité, mais qu’elle cultive soigneusement quand il s’agit de garder secrète sa part d’horreurs.

 

Paris, 5 octobre 1961. Le préfet de police, Maurice Papon, impose le couvre-feu à tous les Algériens de Paris et sa banlieue, de 20 h 30 à 5 h 30 du matin. Le 17 octobre, sur ordre du Front de libération nationale (FLN), des milliers d’Algériens quittent leurs domiciles et bidonvilles de la couronne parisienne, pour manifester - pacifiquement, a bien insisté la fédération de France du FLN - contre «cet ordre raciste et discriminatoire». Hommes, femmes et enfants tentent de se regrouper en un défilé qui s’achèvera dans le sang et dans la Seine, réprimé en divers points de Paris par une police déchaînée, frappant, tirant des coups de feu, raflant des centaines de manifestants empilés, tabassés dans des cars de la RATP qui les conduisent au palais des Sports (ex-Vél’d’hiv’), au stade Pierre-de-Coubertin et au fort de Vincennes, où ils sont entassés et laissés sans soins pendant plusieurs jours.

 

«Les premières négociations d’Evian entre la France et le FLN algérien, de mai à juillet 1961, avaient échoué (1), notamment sur la question de l’attribution du Sahara et de son pétrole», rappelait Pierre Vidal-Naquet dans une interview accordée à Libération le 13 octobre 1981, pour la commémoration du 20e anniversaire du 17 octobre. «On était en pleine confusion, il y avait un président de la République, le général de Gaulle qui, incontestablement, voulait la paix par la négociation, avec le FLN comme interlocuteur unique et privilégié ; et un chef de gouvernement, Michel Debré, pour le moins réticent.» Le FLN pour seul négociateur, qui vient d’ailleurs d’éliminer son rival dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, le Mouvement national algérien (MNA).

 

Le mobile des règlements de comptes s’effondre

 

«Parti du père du nationalisme et vieux leader historique, Messali Hadj, le MNA a été créé contre le FLN, décrit Benjamin Stora, historien de l’Algérie, dans une interview au Nouvel Observateur en janvier 2003. En 1955, le MNA représente 100% des immigrés algériens. Messali Hadj considère que le FLN est manipulé par Le Caire. De son côté, le FLN juge le MNA trop réformiste […]. Troisans de tueries dans une guerre entre frères qui fera plus de 10 000 morts. A partir de 1958, sous les coups de boutoir du FLN, le MNA commence à s’effondrer. Fin 1960, début 1961, le FLN a gagné, la bataille est terminée», affirme-t-il, sur la foi d’archives inédites de la fédération de France du FLN (les Algériens immigrés), de la préfecture de police et de la Cimade (2). Et de conclure : «On ne peut pas dire que les corps repêchés dans la Seine en octobre 1961 sont dus à des règlements de comptes entre Algériens. A cette époque, le MNA ne conserve plus que deux fiefs, le Nord avec Lille-Roubaix-Tourcoing et l’Est.»

 

Cette information est capitale pour comprendre le déni encore entretenu autour des ratonnades et exécutions commises dans les rues de Paris, avant, pendant et après le 17 octobre 1961.

 

Bordeaux, automne 1997. Maurice Papon comparait devant la cour d’assises de la Gironde pour crimes contre l’humanité et collaboration active avec le régime de Vichy notamment dans la déportation de juifs bordelais. Le procès aborde également l’action de l’ex-préfet de police de Paris pendant la guerre d’Algérie. Interpellé sur l’affaire des Algériens jetés dans la Seine, il donne sa version des faits : «Quinze ou vingt Nord-Africains jetés dans la Seine à la suite de règlements de comptes entre tenants du MNA et dissidents du FLN. On a fait de ce 17 octobre un tableau polémique, poursuit-il. Il n’y a pas eu de débordements. La répression s’est réduite à faire monter les Nord-Africains dans les autobus. Ils ne se sont pas fait prier.»

 

La version de Maurice Papon

 

A la barre des témoins de la partie civile, Jean-Luc Einaudi (3), éducateur au ministère de la Justice, sans qui ces funestes événements seraient encore enfouis, rétorque à l’ex-préfet de police de Paris : «On sait qu’il y a eu des violences criminelles commises contre des manifestants pacifiques. On sait qu’il n’y a pas eu d’affrontements entre des cortèges de manifestants et des forces de l’ordre, mais qu’il y a eu chasse à l’homme.» Des propos confirmés à la cour d’assises par une conservatrice aux archives parisiennes, Brigitte Lainé, qui vaudront au premier et à la seconde, une plainte en diffamation de Maurice Papon, pour une phrase que l’ex-préfet de Paris refuse d’entendre : «Il y eut à Paris un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Papon.»

 

21 octobre 1997, rue Béranger, siège de Libération. Arrive à l’improviste David Assouline, professeur d’histoire, que nous connaissons bien : membre de l’association Au nom de la mémoire, créée en 1990, il milite pour que la lumière soit faite sur cette période. Ce jour-là, il tient à la main une grande enveloppe contenant «un trésor» qu’il voudrait voir publié dans nos colonnes (Libération du 22 octobre 1997). Tout sourire, il explique qu’il a pris au mot la ministre de la Culture d’alors, la socialiste Catherine Trautmann. Celle-ci vient de rebondir sur les affirmations, quelques jours plus tôt, de Maurice Papon à Bordeaux par une déclaration inattendue : promettant l’ouverture des archives inaccessibles, elle estime que «ce sont des faits qui interrogent les Français depuis des années, les familles algériennes qui ont été touchées par les disparitions de leurs proches et qui ont souhaité en connaître les circonstances».

 

David Assouline n’attend pas le passage de la parole aux actes, il se rend naturellement aux Archives de Paris, où il est reçu par le conservateur en chef, Philippe Grand. «Je n’avais pas l’autorisation de ma hiérarchie, explique alors ce dernier à Libération, mais j’avais celle de mon ministre de tutelle, madame Trautmann.» Et David Assouline d’exhiber une dizaine de grandes pages de papier vieilli mais très lisibles, documents extraits Philippe Grand des cartons contenant les archives du Parquet. «Les pages des mois d’octobre et novembre sont remplies de FMA (Français musulmans d’Algérie), frappés du tampon"Mort", par coups et blessures volontaires, explique David Assouline. Pour certains, figure même la mention manuscrite "repêché ou repêchage". Après une première consultation non exhaustive, on en dénombrait déjà soixante-dix.»

 

Les archivistes Philippe Grand et Brigitte Lainé seront sanctionnés par leur hiérarchie, puis réhabilités. Quant au procès en diffamation intenté par Maurice Papon contre Jean-Luc Einaudi et Brigitte Lainé, il tournera à son désavantage, le substitut du procureur reconnaît le droit d’employer le terme de «massacre». Avec cette nuance : pour lui, les morts du 17 octobre sont les victimes d’«une houle de haine qui a submergé les hommes sur le terrain. Il n’y avait malheureusement pas besoin ce soir-là ni d’ordres ni d’instructions». A quoi l’avocat d’Einaudi répond : «Un préfet, c’est le chef. Celui dont on attend les réactions : s’il tempête, on se fait tout petit. S’il couvre les excès, tous les débordements sont possibles.»

 

Yasmina Adi n’est pas tout à fait de cet avis. «J’en ai assez d’entendre toujours parler de Papon. Il y a un président de la République, le général de Gaulle, un Premier ministre, Michel Debré, un ministre de l’Intérieur, Roger Frey, et, en effet, un préfet de Paris qui est un très bon soldat à la main lourde. C’est cela qu’on doit expliquer aux jeunes générations.» Son film ne montre d’ailleurs Maurice Papon que fortuitement, les documents de l’Institut national de l’audiovisuel qu’elle a préféré utiliser mettent la vedette sur Debré et surtout Frey. Frey qui ment sur le nombre de morts - «deux Algériens et un Français venant du Morbihan» - à l’Assemblée nationale, et au journaliste d’Europe 1 que l’on voit insister auprès du ministre pour obtenir le véritable bilan.

 

«On en a parlé chez nous et personne ne nous a crus»

 

Les archives de l’INA, de la préfecture de police de Paris, des agences de photos, en particulier des journalistes anglais (Reuters, la BBC) et américains que Yasmina Adi a demandées aux intéressés, donnent un éclairage plus subtil de l’enchaînement des faits véhiculé jusque-là : «On ne peut pas dire que la presse n’a pas fait son travail, explique Yasmina Adi. Peut-être pas le premier jour. Mais après, si on élimine les documents télé de propagande qui existent à l’INA, on se rend compte, en fouillant, en appelant les photographes ou, s’ils sont morts, leurs enfants qui ont conservé les planches contacts, que l’événement a été énormément couvert. Le célèbre photographe Elie Kagan n’était pas seul. Pendant deux mois, les Français ont suivi le feuilleton dans les journaux, à la radio, moins à la télé car elle était encore très rare.»

 

Ici on noie les Algériens est un film étonnant. Quelques très rares témoins, comme cet infirmier du contingent français qui décrit les conditions de rétention au palais des Sports de milliers d’Algériens que «nous venions abreuver car ils avaient très soif. Il ne nous a pas été permis de soigner les blessés». Le même homme raconte comment «après identification, les Algériens appelés passaient derrière la scène, on ne savait pas ce qu’ils allaient devenir […]. J’ai vu six morts derrière la palissade, ils étaient passés par l’identification. On en a évidemment parlé chez nous et là, surprise, personne ne nous a crus». Cette femme aussi, la veuve d’Ahmad Khalfi, filmée assise à l’arrière d’une voiture qui roule le long de la Seine : «Il m’a laissée toute jeune avec quatre enfants. Je sens que tu es dans l’eau. Nos ennemis t’ont mis là. Il en a mangé ce fleuve. Les salauds. Fais de moi une plongeuse, que je puisse l’enterrer dignement.»

 

«Libérez nos maris et nos frères !»

 

Le film reste, pour l’essentiel, un montage d’archives qui se suffisent à elles-mêmes, au point de n’être appuyées par aucun commentaire off. Pour rendre compte du comportement de la police, elle s’est autorisé un procédé extrêmement efficace : «La préfecture de police m’a donné beaucoup d’images de la salle de commandement policier. Je n’avais évidemment pas de bandes audio, qui ont disparu, mais des rapports écrits sur tous les échanges avec les policiers sur place cette nuit-là, et lors de la manifestation des femmes, le 18 octobre. Des comédiens ont lu scrupuleusement les communications qui ont eu lieu dans cette salle aseptisée, où l’on voit des hommes en blouse blanche.» Elle voulait, dit-elle, que le spectateur soit en immersion totale. Effet garanti : «Un certain nombre de femmes algériennes se dirigent vers Paris pour manifester avec des banderoles où elles ont écrit "Libérez nos maris et nos frères". Appel général :appréhendez un maximum de femmes avec leurs enfants. Devant les journalistes, n’employez pas les termes "appréhender", "arrêter", dites "conduites dans des centres et foyers sociaux".» «Nos effectifs réagissent très vivement à l’égard des manifestants. Notre commandant de district a dû constamment intervenir auprès de ses hommes pour éviter les excès.» «Les manifestants ont été refoulés par nos hommes qui usent de leur bidule», «il y a de nombreux blessés, nous sommes débordés, il me faut des renforts».

 

Enormément d’autres archives - si elles n’ont pas été détruites - dorment encore dans les cartons, souvent en vrac, non inventoriées. Quand elles pourront être mises au jour, l’histoire enfin deviendra réalité. Mais faute de l’inventaire des noms de tous les «disparus» - il n’existe pas - restera à jamais une inconnue : le nombre des victimes est impossible à établir.

 

(1) Les accords de paix d’Evian seront signés le 18 mars 1962, après huit ans de guerre et plus d’un siècle de présence française en Algérie. La guerre va pourtant continuer jusqu’à la proclamation de l’indépendance de l’Algérie, le 3 juillet 1962. (2) «Les Fantômes du 17 octobre», de Linda Amiri, éd. Mémoire Génériques. (3) «La Bataille de Paris», Seuil, 1991. «Octobre 1961. Un massacre à Paris», Fayard.

 

http://www.liberation.fr/politiques/01012365774-seine-macabre-17-octobre-1961

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 12:01

A l’occasion du colloque international sur Messali Hadj, qui s’est déroulé à Tlemcen, sous le thème «Cette terre n’est pas à vendre», les Séfraouis tiennent d’abord à remercier les organisateurs du colloque, et s’en souviennent de sa visite en 1948.
Un vibrant hommage lui est rendu en cette occasion, saluant ainsi le parcours de l’homme fondateur du mouvement national algérien. Deux témoignages de deux octogénaires, il s’agit de Messieurs Limam Hadj Mohamed (dit Taleb Bahous) et Rahou Kaddour, (que Dieu leur donne santé parfaite), ils ont mis à notre disposition tous ces renseignements et ces témoignages, que nous résumons ci-après. Le vingt du mois de mars 1948, le leader du MTLD, le nationaliste Messali Hadj, est arrivé à Aïn- Sefra. Il était accompagné d’une importante délégation (dont un député de l’époque en la personne de Boukadem et Baki Boualem qui était candidat aux élections à l’Assemblée algérienne pour la circonscription d’Aïn-Sefra), il était suivi d’un inspecteur de garde et d’agents de la sûreté. Les membres directeurs du MTLD du bureau local d’Aïn-Sefra, avec à leur tête Mekki Ahmed, président, et Baki Tahar secrétaire général, l’ont accueilli à l’entrée de la ville. Le bureau local était décoré de palmes et de tapis et au-dessus de la porte, un portrait de Messali, jouxtant une inscription en langue française «Pour vaincre, il faut s’organiser ». Le président de la section avait demandé l’autorisation d’annoncer l’arrivée par le crieur public. Celle-ci lui a été naturellement refusée par le chef d’annexe du territoire militaire d’Aïn-Sefra, du fait qu’il s’agissait d’une manifestation purement privée. Messali était accueilli devant le local de la section par les scouts musulmans et une foule nombreuse l’attendait dont le tiers était ses partisans. Répondant aux paroles de bienvenue prononcées par Mekki Ahmed et Chami Ahmed, il a rappelé dans une brève allocution les idées doctrinales de son mouvement, déclarant entre autres : «l’avenir est aux hommes forts et audacieux. La liberté ne se donne pas, elle se prend», déclara Messali lors d’un discours prononcé d’un arabe littéraire. Interdiction pour Messali, de traverser la ville en cortège, celui-ci prit directement la route en direction de Hammam Ouarka, où il passa la nuit. Le passage du leader dans la région a eu, certes, pour conséquence de galvaniser et éveiller les esprits chez ses partisans ardents et sincères. Un regain d’activité s’est déjà manifesté depuis le départ de ce leader du mouvement nationaliste. II semble bien être la conséquence des mots d’ordre que Messali n’aura pas manqué de diffuser en privé, notamment au cours du repas tenu chez le militant Merine Boubekeur. Un militant actif déclara lors de ce repas : «Que le citoyen qui a les moyens d’acheter un quintal de blé, ne devrait en acheter que 50 kg et consacrer le reste de son argent à l’achat d’armes». Ne dit-on pas que le vent des Aurès a soufflé d’abord sur les monts des ksour.

 

Le Soir d'Algérie, 25 septembre 2011

 

http://lesoirdalgerie.com/articles/2011/09/25/article.php?sid=123418&cid=16

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 10:33
S'il y a un homme politique dont le nom et le parcours doivent être connus de tous les Algériens, c'est bien Messali Hadj. Et pourtant, son existence même a été cachée pendant des décennies, bien que son nom soit apparu, de temps à autre, dans des publications à caractère universitaire, à la diffusion extrêmement restreinte et réservée à quelques spécialistes.

Messali et l'Etoile Nord-Africaine

Parmi les livres qui ont donné des détails sur son rôle prééminent dans la naissance et le développement du mouvement nationaliste algérien, qui a débouché sur la guerre de libération nationale et l'acquisition de l'indépendance le 5 juillet 1962, on peut citer l'ouvrage de Abou Kassem Saadallah, résultat d'une recherche effectuée à l'Université du Minnesota, ouvrage intitulé «La montée du nationalisme en Algérie», et publié en 1983 par l'Entreprise nationale du livre à Alger. Saadallah s'intéresse à la période cruciale 1900-1930, qui a vu une renaissance de la société algérienne, qui avait commencé à panser les blessures infligées par la conquête coloniale particulièrement violente et l'émergence d'une élite, encore numériquement faible, mais suffisamment instruite pour proposer des solutions modernes à la lutte contre le colonialisme.

Saadallah s'est attaché, non seulement à exposer la montée en puissance du mouvement nationaliste algérien, mais également à souligner le rôle crucial de l'Etoile Nord-Africaine dans les progrès du mouvement.

Il écrit, entre autres, dans son ouvrage (p.295) : «La formation de l'Etoile (Nord-Africaine) fut l'un des grands évènements de l'histoire politique de l'Algérie. L'étendue de son rayon d'action, ses perspectives révolutionnaires et la durée de son existence contribuèrent profondément au développement et à l'orientation du nationalisme algérien». Il souligne également le rôle joué par Messali Hadj dans la création et le leadership de cette première organisation nationaliste moderne.

Voici ce qu'il écrit à ce sujet : «Messali était membre du Comité exécutif de l'Etoile lorsque le parti fut créé en mars 1926. Moins d'un an plus tard (février 1927), il représentait le parti avec le Tunisien Chadli Khairallah au congrès anticolonialiste qui eut lieu à Bruxelles».

La plate-forme nationaliste de Bruxelles

C'est au cours de ce congrès que Messali Hadj présenta ce qui devait être la plate-forme du mouvement nationaliste algérien, quels qu'aient été ses dirigeants ou l'organisation politique dont ils se réclamaient. Les options énoncées par cette plate-forme se retrouvent non seulement dans les textes politiques du PPA-MTLD, partis créés et dirigés par Messali Hadj, mais également dans le document de la Soummam, comme dans le programme de Tripoli, ou même la Charte nationale de Houari Boumédienne.

Saadallah a reproduit, en annexe de son ouvrage, (p. 291) les revendications politiques avancées par Messali Hadj, dont la lecture, même rapide, permet de découvrir la profonde unité de pensée du mouvement nationaliste algérien, au-delà des querelles de personnes et des organisations.

Cacher ce Messali qu'on ne saurait voir !

Tenter d'écrire l'Histoire contemporaine de l'Algérie en faisant l'impasse sur Messali Hadj, comme fondateur du mouvement qui devait déboucher sur l'indépendance et théoricien de ce mouvement, est une entreprise vouée à l'échec.

Saadallah, comme d'autres historiens de métier, algériens ou étrangers, n'a fait que rappeler, dans un contexte politique qui portait peu à l'objectivité, que le leadership de Messali Hadj, quels qu'aient été ses dépassements - et qui peut, parmi ceux qui ont dirigé sans partage l'Algérie pendant la guerre de libération nationale, comme depuis l'indépendance, lui jeter la première pierre ? - a été crucial dans la réussite de l'entreprise nationaliste algérienne, quoique lui-même soit mort quasiment apatride.

Le dirigeant nationaliste devenu apatride !

Il est utile de rappeler, car c'est un détail qui n'honore pas la classe dirigeante algérienne qui a pris le pouvoir - et s'y est maintenue par la violence armée - qu'une demande de passeport et de carte d'identité nationale fut faite en 1971 par Messali Hadj sous le couvert du consulat algérien à Genève- au ministre de l'Intérieur algérien de l'époque, feu Ahmed Medeghri, dont le pedigree politique ne pesait pas lourd face à ce géant de l'Histoire de l'Algérie, comme de celle du monde. Ce ministre a rejeté une demande légitime, qui ne pouvait être refusée sur aucune base légale, Messali Hadj étant, du fait de la loi algérienne sur la nationalité de l'époque, et du fait même des Accords d'Evian, de nationalité algérienne et ne pouvait en être déchu qu'à sa demande ou sur la base d'un jugement prononcé par une institution judiciaire.

Il est peu probable que Medeghri ait tranché seul sur cette demande ; car sa décision alors reflétait une prise de position politique claire quant à l'Histoire du mouvement de libération national, et constituait à la fois un acte de déni de droit, mais également une volonté d'éliminer, si ce n'est physiquement, du moins légalement celui qui avait incarné la lutte farouche pour l'indépendance du peuple algérien pendant près de trois décennies, et d'effacer, par-delà sa personne, de la mémoire des Algériens les noms de tous ceux qui avaient contribué à son indépendance et avaient pavé la voie permettant à ce ministre d'occuper son poste.

Messali Hadj n'est pas un héros local !

Comme le rappelle l'ouvrage de Saadallah, Messali Hadj n'avait d'autre ambition que de mener le combat pour une Algérie indépendante, où tous les Algériens et toutes les Algériennes, quel que soit leur lieu de résidence ou leur appartenance tribale ou régionale, jouiraient du droit à la liberté.

Messali Hadj a été accusé de beaucoup de crimes, et certains continuent à faire de lui la cible de leurs diatribes. Mais, s'il y a un reproche qui ne lui a jamais été fait, c'est de jouer sur la carte régionaliste pour maintenir son leadership. Ses partisans les plus acharnés, si ce n'est les plus fanatiques, se sont recrutés sur tout le territoire algérien, du nord au sud et de l'est à l'ouest : il a été considéré comme un dirigeant national, non comme le chef d'un mouvement d'essence régionale. Mais il fallait bien qu'il naisse quelque part : il se trouve que le hasard l'a fait naître à Tlemcen. Cependant, cet accident n'a jamais empêché les Algériens à la recherche d'un guide aux idées claires, à la capacité d'organisation indéniable, à la volonté et au courage au-dessus de tout soupçon, de le suivre en masse pendant une période cruciale de la lutte pour l'indépendance.

Redonner au personnage de Messali Hadj sa dimension nationale

Et toute initiative sincère de rejeter de manière définitive l'entreprise de falsification et de «tronquage» de l'Histoire - menée pendant près d'un demi-siècle - ne peut être complète que si le caractère national de la personnalité de Messali hadj est reconnu dans les paroles comme dans les faits. On ne peut que se féliciter que la raison ait fini par l'emporter chez les dirigeants algériens, et qu'ils soient enfin arrivés à la conclusion qu'un peuple auquel est dénié son droit à l'histoire ne peut que subir drame sur drame, et que la violence extrême vécue pendant la décennie noire tire sa source de ce déni d'histoire, qui a conduit certains à vouloir remonter le temps pour se retrouver des racines. L'homme ne vit pas seulement de pain ! Et ce fut la triste et dramatique leçon de cette décennie.

Or, ce qu'on constate, c'est que pratiquement depuis cette ouverture vers une version de l'histoire contemporaine plus proche des réalités historiques, le nom de Messali Hadj a été systématiquement associé à sa ville natale, comme si , dans son programme ou son action, il avait visé à la reconstitution du royaume, certes brillant, des Zianides, ou à la création d'une principauté autonome sur le territoire environnant de l'ancienne capitale du Maghreb central.

La continuation de la falsification de l'Histoire sous une autre forme

On est passé du refus de reconnaissance de l'homme historique jusqu'à lui dénier le droit à la nationalité algérienne - ce qui est le comble de la bassesse comme de l'aveuglement politique partisan - et au rapatriement du personnage historique à son douar, ou, pour être plus précis, sa ville d'origine.

C'est un peu la continuation de la falsification de l'histoire sous une autre forme. On chatouille l'orgueil de la population locale - quelle localité refuserait de reconnaître un tel enfant ! - et on fait de Messali une sorte de figure locale, faisant la fierté des gens de la ville de naissance, mais encore non reconnu au niveau national, comme s'il avait agi exclusivement pour le compte de sa ville natale.

Lorsqu'un universitaire du cru a voulu organiser dans la ville de Batna un séminaire universitaire sur cet homme politique de dimension nationale, il en a été empêché sous prétexte - et on ne fait que citer la presse de la période - que Batna n'était pas Tlemcen, comme si l'Etoile Nord-Africaine, le PPA et le MTLD avaient eu pour seul objectif de donner l'indépendance à Tlemcen !

Il est probablement temps de choisir entre, d'un côté, une addition d'histoires, où chaque région fait l'apologie de ceux du terroir local qui ont atteint la prééminence pendant la lutte de libération nationale, et de l'autre, une histoire nationale où chaque Algérienne et chaque Algérien se reconnaît dans ces personnalités, leurs luttes, leurs convictions, quel que soit le lieu où elles sont nées.

Réhabiliter les victimes des purges anti-messalistes et montrer du doigt les coupables de ces purges !

On a reproché à certains la fidélité à Messali pendant la dernière phase de la lutte de libération nationale. Certains même, comme Choaib et Sid Ahmed Tchouar, exécutés avec l'accord personnel de Ben Bella, si ce n'est sous ses ordres, et enterrés dans une tombe collective (voir l'ouvrage de Khaled Merzouk : «Messali Hadj et ses compagnons», Editions Dar Othmania, Alger 2008, pp. 248-250 et 485-487), comme si la fidélité à un leader politique, qui n'avait d'autre ambition que de voir une Algérie indépendante, était devenu un crime impardonnable.

En conclusion

Le personnage de Messali Hadj ne peut pas continuer à être assigné à résidence dans sa ville natale, car la remise à niveau de l'Histoire du Mouvement national algérien passe par le redimensionnement national de Messali Hadj, comme par la réhabilitation de ceux qui ont perdu la vie dans les luttes intestines au sein du mouvement nationaliste algérien, en particulier après que notre pays eut acquis son indépendance, pour laquelle tous avaient lutté et avaient accepté les sacrifices personnels les plus lourds.

"Le Quotidien d'Oran", 22 septembre 2011
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Published by Mourad Benachenhou - dans Algérie Histoire
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 22:14

Le colloque international sur Messali Hadj, organisé pendant deux jours à Tlemcen, s’est achevé, avant-hier à l’université Abou-Bekr-Belkaïd, avec l’adoption d’une série de recommandations parmi lesquelles figurent le projet de création d’une fondation portant le nom du père du nationalisme algérien, la proposition de commémorer chaque année la journée du 2 août en souvenir à son initiative courageuse de 1936 de demander le premier l’indépendance de l’Algérie, l’introduction de l’œuvre et du parcours de Messali Hadj dans les manuels scolaires et l’inscription dans les universités de projets de recherche et de thèses d’État sur la personnalité de Messali Hadj. Présidée par la fille de Messali Hadj, Mme Benkelfat Djanina, venue spécialement du Canada où elle réside, cette rencontre scientifique suivie par plusieurs centaines de personnes, dont certaines venues de nombreuses régions du pays, s’est déroulée avec la participation d’historiens de renom, chercheurs, écrivains et universitaires.

 

Liberté, 20 septembre 2011

 

http://www.liberte-algerie.com/edit_archive.php?id=162900

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Published by B. Abdelmadjid - dans Algérie Histoire
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 17:10

 

 

يجب تجاوز المصالحة مع تاريخ مصالي الحاج إلى ردّ الاعتبار لأعضاء الحركة الوطنية
فيلم مصطفى بن بوالعيد يحمل مغالطات تاريخية /ملتقى مصالي سنة 2000 كان مفبركا وموجها

خصّت السيدة جنينة قلفاط نجلة الزعيم التاريخي للحركة الوطنية مصالي الحاج ''الخبر'' بحوار في تلمسان، عشية انطلاق أول مؤتمر أكاديمي علمي تحتضنه جامعة جزائرية منذ الاستقلال، لمناقشة دور مصالي الحاج مؤسس نجم شمال إفريقيا وحزب الشعب الجزائري والذي يعتبره المؤرخون أب الحركة الوطنية في الجزائر مطلع القرن العشرين. وتحدثت السيدة المقيمة بكندا عن لقائها بالرئيس بوتفليقة في الربيع الماضي وعن صباها ولقائها بمصطفى بن بولعيد وعن نظرتها لواقع المشهد السياسي والتاريخي بالجزائر .

بداية السيدة جنينة ما رأيك في الملتقى الحالي الذي يخصص لمسار زوجك الراحل؟ فكرة تنظيم الملتقى تعود لجمعية ''أكوليمات'' وهي تمثل فضاء للمجتمع المدني بتلمسان، وقد لمست لدى أعضائها الاهتمام بتاريخ الجزائر عموما وتاريخ تلمسان والحركة الوطنية خصوصا، حيث سبق وأن اتصل بي أعضاءها في شهر فبراير من سنة 2010 وعرضوا عليّ الفكرة، فرحّبت بها، مثلما رحّب بها المؤرخان بنجامين سطورا ومحمد حربي واللذان سيحضران افتتاح الملتقى بجامعة تلمسان، في أول لقاء أكاديمي علمي بجامعة جزائرية منذ الاستقلال. وهنا أستغرب كيف تغيب الطبقة السياسية وأين هم رؤساء الأحزاب السياسية، في ملتقى يناقش مسار مؤسس الحركة الوطنية، فهل يعقل أن ينتظر الجميع إشارات ومبادرات من رئيس الجمهورية ليتحركوا، إنما هذا دليل على انعدام طبقة سياسية حقيقية في الجزائر وفي رأيي منذ سنة 1953لا توجد أحزاب بزعماء وبرامج سياسية في الجزائر.
على ذكر الرئيس عبد العزيز بوتفليقة... ماذا قال لكم يوم لقائكم به في 16 أفريل الماضي، تاريخ تدشين مطار مصالي الحاج زناتة بتلمسان؟
كان لقائي ببوتفليقة للذكريات والتاريخ، خاصة بوجود الرئيس أحمد بن بلة والذي قال للرئيس بوتفليقة أنه يعرفني منذ كنت طفلة... كانت لحظات ببعد تاريخي وإنساني في مدينة جمعت وشكّلت تاريخا مشتركا للزعماء الثلاث. وقد أثار انتباه بوتفليقة اسم حفيدتي ''أزيادي''، فسألني عن معنى الاسم وقلت له أن الوالد المرحوم مصالي الحاج قرأ بمكتبة ''بوردو'' أول رواية للأديب ''بيار فوتي'' وهو أحد المهتمين بالتراث المشرقي تحمل عنوان ''أزيادي''، وكان كثيرا ما يحدثنا عن تفاصيل الرواية وحفظا لذاكرته وذاكرة الوالدة أطلقت على حفيدتي اسم ''أزيادي ايميلي بيسكون''.
وماذا عن الدفاتر السبعة عشر أو المخطوطات التي تركها والدكم؟
ما تزال محفوظة عندي بكندا، ولعل أهم ما جاء فيها تم طبعه سنة 1982 في كتاب حمل عنوان ''مذكرات مصالي الحاج'' وهي الطبعة الأصلية الصادرة بباريس عن دار النشر ''لاتاس''. للأسف فقد جاءت الطبعة التي نشرت في الجزائر مبتورة ومحرفة وحذفت منها المقدمة، بالإضافة إلى اعترافات الرئيس أحمد بن بلة، وإن كنت متأكدة أنه ليس هو من كتبها، لأنني أعرف أسلوبه ومستواه باللّغة الفرنسية. وقد حرصنا أثناء الطّبع على تأسيس لجنة علمية تاريخية ترأسها المؤرخ شارل أندري جوليان رفقة محمد حربي وبنجامين ستورا. حاولنا قدر المستطاع وضع هذه المذكرات في سياقها التاريخي وهنا أشير إلى أن مذكرات مصالي الأصلية والموثوقة، هي فقط التي نشرت بباريس سنة .1982 وأنا أشتغل منذ سنوات طويلة لإعداد مؤلف يحكي قصّة ملازمتي للمناضلين مصالي الحاج وزوجته ايميلي بيكسون. عانيت وعائلتي طيلة عقود من الزمن، فقط لأنني ابنة مصالي الحاج، وأنا فخورة بمسار والدي وسعيدة أننا استطعنا اليوم تنظيم ملتقى علميا بالجامعة الجزائرية يتحدث عنه.
ولكن سيدتي... سبق وأن احتضنت تلمسان سنة 2000 الملتقى الأول حول مصالي بعد تولي بوتفليقة الرئاسة
لا لا... مؤتمر 2000 كان مسيّسا وموجها، ولهذا قاطعته ورفضت حضوره ومثلي فعل ستورا وحربي.
ما تعليقكم عن المشاهد التي ظهر فيها مصالي الحاج في الفيلم التاريخي الذي تناول نضال الشهيد مصطفى بن بولعيد؟
لست راضية عمّا قيل عن مصالي الحاج في الفيلم الذي ذكرت، لم يكن مصالي معترضا على العمل المسلح ولا على الثورة، كما جاء في الفيلم. لقد التقيت بن بولعيد وأعرفه شخصيا، وأذكر جيّدا زيارته للوالد في ''سيون'' بفرنسا، ما جاء في الفيلم عكس ما جرى بين بن بولعيد ومصالي الحاج في الحقيقة. والدليل على المغالطات التاريخية الواردة في الفيلم أنه صوّر مصالي الحاج بقسنطينة في هندام سنة 1936 بلحية طويلة وعباءة، والوالد في سنوات الخمسينيات أيام بداية الأزمة كان يرتدي لباسا أوروبيا، وكان بدون لحية، وهذا دليل أن الذي أنجز السيناريو ليس على دراية بتفاصيل التاريخ. هذا لا يمنعني من تحيّة الممثل سليمان بن عيسى الذي زارني بـ''مونريال'' في كندا بغية الإطلاع والتقرب من شخصية مصالي الحاج وفي تقديري هو ممثل مثقف ومقتدر.
هل نجد لديكم سيدتي تفسيرا للتهميش الذي طال شخصية مصالي الحاج في المشهد التاريخي والسياسي في جزائر الاستقلال وبعدها؟
قرار تهميش مصالي الحاج للأسف، قرار سياسي بامتياز، في اليوم الذي سيكتب فيه التاريخ الحقيقي، ويتعرف الناس على ما حدث في تلك الحقبة الزمنية، عندها ستتم المصالحة مع الذات ومع التاريخ. وبالمناسبة... كثيرا ما سألني الناس هل تمّ إعادة الاعتبار لشخص مصالي بعدما أطلق الرئيس اسمه على مطار مدينته تلمسان. أقول أننا في العائلة لا نطلب ردّ الاعتبار لأنفسنا وإنما نطالب بردّ الاعتبار لكل المنتسبين للحركة الوطنية التاريخية. لقد تعجّبت من أحد الأشخاص، ممّن يصفون أنفسهم بالساسة وهو يقول في ملتقى نظم مؤخرا حول شخصية العقيد لطفي أنه تلذّذ بقتل مسلّحين من الحركة الوطنية السياسية، هذا معناه أنه لا توجد الآن في الجزائر طبقة سياسية واعية ومؤهلة للحكم.
بعض مناضلي الحركة الوطنية يطالبون بإعادة الاعتبار لحزب الشعب الجزائري وقد يقدمون طلبا باعتماده بعد الاصلاحات التي أعلنها الرئيس؟
حزب الشعب الجزائري جزء من تاريخ الحركة الوطنية ويمثل العصر الذهبي للسياسة ورجالاتها...
مثل جبهة التحرير الوطني ...... مقاطعا ...؟
لا أرجوك... لا يمكن المقارنة، فحزب جبهة التحرير الوطني يمثّل حضورا وهميا وفضاء افتراضيا يحكم به النظام منذ الاستقلال وهو ما خلّف جمودا وأدى إلى ابتعاد للنخب عن ممارسة السياسة في الجزائر.
كيف ترين الجزائر الآن؟
أقول أن الجزائر وتلمسان كانتا تمثلان جزءا هاما في شخصية مصالي الحاج وكلما كان مبتعدا بجسمه عن بلده ومسقط رأسه كلما كان تعلقه بهما يزداد بشكل رهيب وأتمنى أن تساهم الإصلاحات التي دعا إليها الرئيس بوتفليقة في تحقيق الأمن والاستقرار والتقدم للجزائر التي تستحق وبدون مجاملة واقعا أحسن من الذي تعيشه منذ عقود .

 

El Khabar, 16 septembre 2011

 

http://www.elkhabar.com/ar/culture/265155.html

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 10:16

قدّم المؤرخ محمد حربي تحليلا دقيقا للظروف الاجتماعية والسياسية المحلية والعالمية التي ساهمت في تشكيل شخصية مصالي الحاج ''الزعيم الشعبي وليس الديكتاتور''، مبرزا أهم مواقفه التي تعكس فكره الثوري، مشيرا إلى أن محمد بوضياف وجد صعوبة كبيرة في إقناع كل من بوصوف وبن مهيدي وبن طوبال للانقلاب على مصالي والانضمام إلى اللجنة الثورية للوحدة والعمل.

دافع المؤرخ محمد حربي المختص في تاريخ الثورة التحريرية والحركة الوطنية عن البعد الوطني لشخصية مصالي الحاج، صبيحة أمس في أول جلسة للملتقى الدولي ''الأرض ليست للبيع'' بتلمسان، الذي يحتفي بالذكرى الخامسة والسبعين للتجمع الشعبي 2 أوت 1936، أين رفع مصالي حفنة تراب وأطلق العبارة المشهورة ''الجزائر ليست للبيع ولا يمكن ربطها بفرنسا''، حيث أشار المحاضر في بداية مداخلته إلى العدد الكبير من الوجوه التي تحضر الملتقى ومن مختلف مناطق الوطن، مما يدل كما قال ''على أننا بصدد الحديث عن شخصية وطنية''.
وتناول محمد حربي في محاضرته التي ألقاها بقاعة المؤتمرات لكلية الطب بجامعة تلمسان، وحملت عنوان ''مفهوم الشعب عند المصالية''، علاقة مصالي الحاج بالنخب الجزائرية في بدايات نضاله، لأن المستعمر الفرنسي حسب المتحدث، كان قد نجح في تكريس مبدأ التفاضل والتقسيم الاجتماعي للمواطنين بين ''عامة وخاصة''، وفق ما أسماه المؤرخ بـ''سياسة التفاضل''، وكان مصالي الحاج ينتمي إلى الطبقة الشعبية أو العامة، وهذا أدى كما يقول حربي إلى ''عدم تقبل'' ما يسمى عند النخب ممارسة العامة للسياسة''، فجاءت حربه على جبهتين: الأولى مواجهة فرنسا ومخططاتها الإدماجية، والثانية مواجهة هذه النظرة التمييزية الضيقة.
ويرى المؤرج محمد حربي أن مؤتمر الملعب البلدي للعاصمة في 2 أوت 1936 هو أول منبر شعبي كبير خطب فيه مصالي الحاج فاحتضنته الجماهير، معتبرا أن من أسباب تمزق حزب الشعب الجزائري هو وجود فارق في الكفاءة التقنية للسياسي والكفاءة الاجتماعية التي تكتسب في الميدان وبملازمة الجماهير، مما ''خلق نزاعا بين تيارين الأول يستند إلى الشعب لممارسة السياسة وكان يمثله مصالي ومن معه، والثاني يستند على أجهزة تنظيمية ومثله غرماء مصالي من مفجري الثورة''.
وأرجع حربي التفاف الشعب حول مصالي بطريقة تقليدية إلى نمطية الأحزاب في المجتمعات العربية والإسلامية وفي دول العالم الثالث، والتي يلتف فيها المناضلون حول شخصية كاريزماتية مثل مصالي الحاج، الذي كان زعيما شعبيا وليس دكتاتورا.
وقدّم حربي في الشطر الثاني من تدخله شهادات ووثائق تؤكد أن مصالي الحاج كان يحضر للمقاومة المسلحة، بتكوين نخب عسكرية، مثلما طرح ذلك في لقاء له بالأمير عبد الكريم الخطابي في المشرق، وكان دائما حسب المتحدث يطرح التساؤل نعم للثورة ولكن متى وكيف؟ وقال حربي إن الولاية الثالثة التاريخية بقيادة كريم بلقاسم استفادت من مبلغ اثنين مليون فرنك فرنسي بموافقة مصالي الحاج.
ومن الشهادات التي أوردها حربي أن محمد بوضياف وجد صعوبة كبيرة في إقناع كل من بوصوف وبن مهيدي وبن طوبال للانقلاب على مصالي والانضمام إلى اللجنة الثورية للوحدة والعمل، والتي انفرد أعضاؤها بإعلان تفجير الثورة.
للإشارة فإن الملتقى من تنظيم جمعية ''ايكول أيمات''، بالشراكة مع مخبر الدراسات الحضارية بجامعة تلمسان. وقد عرف الافتتاح الذي شدّد فيه المنظمون على كونه ملتقى علميا أكاديميا وليس مهرجانا سياسيا -تفاديا لأي تأويل- حضورا شعبيا كبيرا لأنصار الحركة الوطنية وحزب الشعب الجزائري غير المعتمد، إضافة إلى نخبة من الباحثين والمؤرخين المختصين في تاريخ الجزائر الحديث وفي تاريخ الحركة الوطنية وثورة التحرير، مثل المؤرخ الفرنسي بينجامان ستورا، إضافة إلى الرئيسة الشرفية للملتقى جنينه مصالي قلفاط كريمة مؤسس حزب الشعب الجزائري ونجم شمال إفريقيا.
ومن الجانب الرسمي حضرت السيدة بن يلس كريمة ممثلة عن وزير الداخلية دحو ولد قابلية، معلنة اعتذاره عن الحضور لارتباطات عملية.

 

El Khabar, 18 septembre 2011

 

http://www.elkhabar.com/ar/culture/265413.html

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