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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 10:09

يرى المؤرخ الفرنسي، بنجامين ستورا، أن أحداث العشرية الحمراء حتّمت إعادة فتح النقاش حول مرحلة ما قبل ,1954 مبرزا صعوبة الفصل بين البعد السياسي والبعد التاريخي في الإصلاح. بالمقابل، اعتبر ستورا بأنه عندما كان يتحدث عن مصالي مع مناضلي جبهة التحرير الوطني بفرنسا ''يجهشون بالبكاء ندما على تهميشه''.
عبّر المؤرخ الفرنسي المختص في تاريخ المغرب العربي بنجامين ستورا، أمس، في مداخلته بملتقى مصالي الحاج في يومه الثاني، عن ارتياحه بإثارة موضوع مصالي الحاج في مسقط رأسه، قائلا: ''لأول مرّة نتحدث بكل حرية عن مسار الرجل في مدينته وبلاده''. وعاد ستورا بالحاضرين في مداخلته إلى شهر جوان من سنة ,1974 تاريخ وفاة مصالي الحاج ومتابعة الصحافة الفرنسية للخبر، باعتباره حدثا مهما، الأمر الذي دفعه كطالب في التاريخ، كما قال، إلى ''البحث في تاريخ الشخصية التي تعرّضت للتهميش في بلادها، ونال درجة الدكتوراه''.
وعرّج ستورا في تحليله لمكانة مصالي الحاج في الذاكرة الشعبية كشخصية تاريخية على التجمع الشعبي لسنة ,1936 مقدّما شرحا للأبعاد التاريخية والسياسية للجملة الشهيرة التي أطلقها مصالي ''هذه الأرض ليست للبيع''. واعتبر ستورا أن الواقعة تعدّ ''تحوّلا مركزيا في نضال الحركة الوطنية المنادية باستقلال الجزائر، والقطيعة مع الاستعمار الفرنسي''، كما كانت إعلانا عن ميلاد حزب الشعب الجزائري سنة .1937 مضيفا أنها كانت ''درسا سياسيا متعدد الأبعاد ومؤسسة للخطاب الراديكالي المنادي بالاستقلال''. وتساءل المؤرخ الفرنسي في سياق متصل عن أسباب حذف اسم مصالي من المنظومة التربوية والسياسية بعد استقلال الجزائر، ولماذا دخل اسمه الحياة السرية مثل غيره من مناضلي الحركة الوطنية كبوضياف وأحمد بن بلة؟ ليؤكد بعدها أن محاولات الحذف لم تفلح في مسحه من الذاكرة الشعبية ودليل ذلك، حسب ستورا، أنه عندما كان يفتح ملف مصالي مع مناضلي جبهة التحرير الوطني بفرنسا ''يجهشون بالبكاء ندما على تهميشه''. ليشيد في ختام تدخله بدور الصحافة الجزائرية المستقلة في إعادة الوجوه المغيّبة إلى المشهد التاريخي والسياسي والإعلامي، مضيفا أن تاريخ مصالي هو تاريخ وطن، والإشكال هو: كيف يمكننا تمرير الأبعاد الثقافية والتاريخية للأجيال القادمة؟
واعتبرت، من جانبها، جنينة مصالي في مداخلتها أن الملتقى وبعد خمسين سنة من النسيان، يعد انتصارا لكتابة التاريخ وحمايته من التزوير، مذكّرة أن مؤتمر باريس سنة 1998 وما عرفه من نجاح ''جعل سفير الجزائر لدى باريس محمد غوالمي ينقل انطباعا أعاد للسلطة شيئا من رشدها''.
وأرجعت جنينة مصالي، من جهة أخرى، فتح ملف مصالي الحاج أكاديميا وعلميا، إلى الأحداث التي عرفتها الجزائر، منها عودة محمد بوضياف في سنوات التسعينيات، ورغبة الجيل الجديد في اكتشاف بعض الرموز والوقوف ضد ثقافة النسيان التي فرضتها سياسة دامت خمسة عقود، شجع عليها وجود مجتمع مدني مقيد ومهمش منذ خمسين سنة

 

 

El Khabar, 19 septembre 2011

 

http://www.elkhabar.com/ar/culture/265523.html

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 09:53

Les participants au colloque international sur Messali Hadj, dont les travaux se sont achevés dimanche à Tlemcen, ont appelé à l'intégration des œuvres de Messali Hadj dans les manuels scolaires et à encourager les étudiants universitaires à effectuer des travaux de recherche sur le parcours militant de cette personnalité historique.

 

Les participants au colloque international sur Messali Hadj, dont les travaux se sont achevés dimanche à Tlemcen, ont appelé à l'intégration des œuvres de Messali Hadj dans les manuels scolaires et à encourager les étudiants universitaires à effectuer des travaux de recherche sur le parcours militant de cette personnalité historique.
Les recommandations de cette rencontre de deux jours, organisée par l'association des anciens élèves des collèges et lycées de Tlemcen (Ecolymet), en collaboration avec le Laboratoire des études historiques et civilisationnelles de l'université Abou Bekr-Belkaid de Tlemcen, ont porté également sur la création d'une « fondation Messali-Hadj » et la baptisation de places publiques et rues à son nom, ainsi que la prise en charge de tous ses écrits, ses photos et ses documents d'archives.
Les participants ont aussi recommandé la publication des travaux et des communications de cette rencontre scientifique afin de les mettre à la disposition des chercheurs.
Cette rencontre organisée sous le slogan « Cette terre n'est pas à vendre », marquée par la participation d'enseignants et chercheurs en histoire contemporaine d'Algérie et de France, commémore le 75e anniversaire du discours historique prononcé par Messali Hadj le 2 juin 1936 au stade municipal d'Alger. La dernière conférence de cette rencontre a été présentée par le Dr Bloufa Djilali, enseignant d'histoire à l'université de Tlemcen, qui a évoqué les crises qui ont secoué le MTLD en 1950 et 1954, et les conséquences qui ont donné lieu à des divisions entre les Messalistes et les Centralistes au niveau local, notamment à Tlemcen et ses environs.
Cette dissidence a donné naissance à un troisième courant prônant une action armée, a-t-il encore évoqué.

 

El Moudjahid, 20 septembre 2011

 

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/16896

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 09:47

Des participants au colloque international sur Messali Hadj, ont estimé que la multiplication des thèses universitaires sur le mouvement national et le parcours politique de Messali Hadj, reflètent l'intérêt porté par les jeunes chercheurs à cette période de l'histoire de l'Algérie.

 

Des participants au colloque international sur Messali Hadj, ont estimé que la multiplication des thèses universitaires sur le mouvement national et le parcours politique de Messali Hadj, reflètent l'intérêt porté par les jeunes chercheurs à cette période de l'histoire de l'Algérie.
Le directeur du Laboratoire des études historiques et civilisationnelles de l'université Abou Bekr-Belkaid de Tlemcen, organisateur de cette rencontre scientifique, Le Dr Abdelhamid Hadjiat, a indiqué, à cet égard, qu'un nombre important d'étudiants chercheurs activant au niveau des ateliers de ce laboratoire ont choisi des thèmes portant sur l'histoire du mouvement national, tout en signalant l'existence d'une équipe spécialisée dans ce domaine qui œuvre à collecter toutes les informations, les témoignages et les documents relatifs à cette période.
Le Dr Belkacimi de l'université d'Oran a souligné, pour sa part, que plusieurs doctorants ont opté pour des thèmes portant sur l'histoire contemporaine, contribuant ainsi à l'enrichissement de la bibliothèque universitaire en matière de thèses soutenues sur le mouvement national et le rôle de Messali Hadj.
Toutefois cet engouement, qui ne rencontre aucune contrainte, doit obéir à une méthodologie basée sur la « rigueur scientifique » et « l'objectivité », loin de tout préjugé, pour que le travail soit académique et contribue efficacement à l'écriture de notre histoire contemporaine, a indiqué le Dr Negadi Sidi Mohamed, chercheur en histoire à l'université de Tlemcen.
Le même conférencier a souligné l'importance de se démarquer des divergences idéologiques en se basant sur la recherche des faits historiques.
A propos des divergences qui ont secoué les rangs du mouvement national, M. Sidi Moussa Nedjib, chercheur en France, a, dans une communication intitulée « 14 juillet 1954 : l'extraordinaire congrès du MTLD », rappelé cette rencontre tenue par Messali Hadj à Hornu (Belgique), pour laquelle il n'avait convié que ses partisans dans le but » d’« exclure les membres du comité central qui se sont opposés à lui pour une présidence à vie du parti ».
Selon le même conférencier, ce congrès a constitué une amorce de conflits et de divisions entre les messalistes et les centralistes, marquée par des échanges d'accusations par presse interposée, à savoir Algérie libre des messalistes et La nation algérienne des centralistes.
Dans le même contexte, le Dr Belaïd Rabah de l'université d'Alger, a abordé ce conflit et ses conséquences qui ont abouti à la tenue d'un congrès national en Algérie, par les exclus du parti qui ont décidé d'exclure à leur tour Messali Hadj de sa présidence et affirmer qu'ils représentent la seule autorité politique.
Cette dissidence a donné naissance à un troisième courant prônant une « action révolutionnaire et militaire immédiate ».
En dépit de ces dissidences, Messali Hadj est resté « le père du mouvement national », a souligné le Dr Belkacimi de l'université d'Oran.
De son côté, le Dr Abdelmadjid Boudjella a mis en exergue le rôle du leader du parti de l'Etoile nord africaine (ENA) au sein du peuple, afin d'éveiller la conscience nationale pour mener la lutte et revendiquer le droit à l'indépendance de l'Algérie.
Le Dr Megnounif Chaib de l'université de Tlemcen a évoqué la position de Messali Hadj, rejetant catégoriquement l'idée d'intégration, proposée par le projet de loi Blum-Violette, visant à accorder certaines réformes et le statut de citoyen français uniquement aux élites.
Ce colloque de deux jours, organisé sous le slogan « Cette terre n'est pas à vendre », à l'initiative de l'association des anciens élèves des collèges et lycées de Tlemcen (Ecolymet), marqué par la participation d'enseignants et chercheurs d'Algérie et de France, commémore le 75e anniversaire du discours historique prononcé par Messali Hadj le 2 août 1936 à Alger.

 

El Moudjahid, 20 septembre 2011

 

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/16895

 

 

EVP : Cet article est exemplaire du traitement journalistique biaisé, en particulier concernant le congrès d'Hornu où l'on fait dire avec des citations imaginaires, ce que n'a pas dit le conférencier, par des raccourcis suspects.

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 09:44

En mémoire du père fondateur du nationalisme Messali El Hadj, un colloque vient d’être organisé par l’association des anciens élèves des medersas et lycées de Tlemcen


Colloque sur Messali Hadj à Tlemcen : Concilier passé et présent
Plusieurs chercheurs et historiens, contemporains, universitaires et enseignants de France et d’Algérie, ont été présents à ce grand évènement d’envergure internationale. Cette rencontre, d’un cachet particulier, a été initiée par le laboratoire des études civilisationnelles de l’université Abou-Bakr-Belkaid de Tlemcen, De nombreuses personnes étaient venus des quatre coins du pays pour assister à cet évènement, dont des anciens nationalistes et militants qui malgré l’âge se sont déplacés. Ce colloque, selon les spécialistes est considéré comme un moment fort de notre histoire, et met en lumière le caractère important de cette rencontre, voire une étape de plus dans la recherche de la vérité sur le père fondateur Messali Hadj. Avec l’organisation de ce colloque, il y a lieu de faire remarquer que les interventions de cette première journée ont été marquées par le discours de Djanina Messali, fille du leader qui a mis l’accent sur l’importance de cette rencontre nécessaire afin de revenir aux sources de l’histoire contemporaine. Cette rencontre qui se tient sur les lieux de naissance de ce grand oublié de l’histoire, peut s’avérer importante afin de remettre dans son contexte l’historique d’un homme calomnié au plus haut point et victime d’une injustice sans précédent. « Cette terre, qui est la nôtre, cette terre de baraka n’est pas à vendre ni à hypothéquer, cette terre à ses enfants et ses héritiers, ils sont là vivants et ne veulent la donner à personne. Et d’ajouter : il ne reste aux français que la valise ou le cercueil », Le cri d’un homme indigné pour dire non au rattachement de l’Algérie à la France. C’est sous ce thème que les intervenants ont insisté pour mettre en évidence le rôle du leader nationaliste, dans sa lutte contre le colonialisme, à partir de 1924. les organisateurs de ce colloque ont voulu le tenir sur un terrain scientifique sans complexe et sans à priori tant est que l’histoire de l’Algérie est riche de par sa diversité et ce pendant les 132 ans de colonisation. Tlemcen capitale de la culture islamique, a été choisie pour cette rencontre pour concilier passé et présent dans un rappel des origines coïncidant ainsi avec le 75ème anniversaire de son discours en ce 2 août 1936 et qui restera désormais dans les annales. Pour cet évènement, de nombreuses personnalités ont été présentes et le seront durant les deux jours dont : L’écrivain Mohamed Harbi, l’historien Français Benjamin Stora, le chercheur Siari Kengour, Soufi Fouaad et Belkhalfa Leila. Dans leurs différentes interventions, ils s’attèleront à expliquer le rôle majeur du mouvement national et de celui qui a été à sa tête un peu plus de 30 ans. Dans cette optique, l’histoire de l’Algérie contemporaine selon les intervenants, a été beaucoup plus conditionnée, par l’Etoile Nord Africaine et par la revendication indépendantiste de l’Afrique du Nord dans un premier temps et de l’Algérie plus particulièrement. Selon les spécialistes, l’engagement politique de Messali, commencera dés ces premières années à déranger l’entité coloniale dans la mesure ou celle-ci ne pouvait répondre ni laissé faire dans la mesure ou cette revendication se plaçait dans la logique même du combat de l’homme. Pour rappel il convient de rappeler, que l’action de l’ENA, son rôle et ses objectifs n’étaient autres que l’indépendance du début à la fin et sera relayé par le PPA, le MTLD et enfin le FLN, issu du mouvement national et c’est dans ce cadre que se joua, le destin de ce moment historique pour que l’on y revienne. Son mot d’ordre était, l’indépendance et l’abolition du code de l’indigénat et la question de l’indépendance comme on dit était le point nodal proposé comme base du programme du mouvement nationaliste. Jamais cette date du 2 aout 1936, n’a été retenue par trois générations qui ne connaissent pas le rôle majeur de Messali Hadj du fait qu’aucune commémoration n’est intervenue ne serait-ce que pour rappeler au peuple Algérien les sacrifices de l’homme de par la foie qu’il avait mis dans ce même peuple, luttant avec acharnement n’ayant pour objectif que l’indépendance et rien que l’indépendance du pays pour en payer le prix. Messali a laissé un message qui nous revient aujourd’hui pour nous permettre à travers ce colloque de comprendre que le devoir de mémoire est important de par les actions entreprises par l’homme et qui reprennent tout leur sens après des décennies.
Reflexion, 17 septembre 2011
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Published by Benyahia Aek - dans Algérie Histoire
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 09:38

Professeur de sociologie et d’histoire à l’université de Paris VIII, puis à Paris V et VII, puis maître de conférences à l’université de Paris VIII, Mohamed Harbi a bien voulu, à travers cet entretien, livrer quelques impressions sur le sens et la portée du colloque dédié au père du nationalisme algérien.

Liberté : Par rapport au colloque organisé en 2000 à l’initiative de quelques membres de la société civile et placé sous le patronage du président de la République, quels éléments historiques nouveaux a apporté celui de 2011 ?
Mohamed Harbi : D’abord une bonne partie des participants n’est pas la même que celle du colloque antécédent. Depuis ce moment-là, il y a énormément d’éléments nouveaux qui sont intervenus qui permettent ou qui obligent à se poser des questions d’une autre manière. Et donc de réviser certains épisodes qui ont brouillé le regard des historiens et des acteurs. Parce que la brouille du regard des acteurs est beaucoup plus importante que le regard des historiens puisque ces derniers parlent de ce qui a été, alors que les acteurs, eux, parlent de ce qu’ils ont fait. Par exemple, comme élément nouveau, j’ai le compte rendu d’une conférence de Boudiaf donnée aux militants du PRS (Parti de la révolution socialiste) dans laquelle il révèle un certain nombre d’éléments nouveaux sur l’attitude de différents personnages au moment de la crise. Il explique comment alors une bonne partie des membres de l’OS avaient pris position pour Messali une fois la crise déclenchée, ont changé leur opinion à partir du moment où il est intervenu. Or, son opinion à lui était déterminée par le caractère de la crise qui a eu lieu en France et non pas simplement par l’ensemble des données de la crise.

Dans votre conférence, vous avez mis en évidence le fait que Messali Hadj a prôné à un certain moment la lutte armée alors que certains courants estiment au contraire qu’il n’a jamais envisagé cette voie ?
Effectivement, Messali Hadj était pour la lutte armée. J’ai expliqué que j’avais le témoignage de Moussa Boulkeroua qui était à l’époque le responsable de la fédération de France. Il m’a affirmé qu’au moment où il était parti en Orient et qu’il était venu précipitamment à Paris pour suivre une conférence des nations unies en rapport avec un certain nombre de délégués de pays arabes, il a été appelé par Messali pour transmettre un message urgent à Benkhedda. Quel était le contenu de ce message ? : c’était le fait de choisir un certain nombre de militants pour les envoyer au Caire contacter l’émir Abdelkrim et être affectés à des stages militaires dans des académies arabes. Et cela devait être fait dans la perspective d’organiser un encadrement pour des opérations militaires en Algérie. Le parti restant, le cœur de l’entreprise, les militaires agissant en accord avec le parti et la population. C’est donc une différence d’approche dans la conduite de la guerre que celle qui a eu lieu avec les fondateurs du FLN. Je peux d’ailleurs rappeler une opération du même type, c’est celle de Bourguiba. Au moment où les négociations du gouvernement Chenikh, qui était appuyé par le néo-destour, ont échoué, il a décidé lui de passer à la lutte armée. Il a tenu un rassemblement populaire et voilà ce qu’il a dit : “nous allons passer à la lutte armée, ne perdez pas la tête, nous allons combattre une grande puissance et donc il n’est pas question de victoire militaire, notre victoire sera politique, nous allons amener la France à nous reconnaître comme interlocuteur, à discuter avec nous et à revoir le statut de la Tunisie pour aller vers l’indépendance.” L’attitude et la manière dont Messali envisageait la lutte armée étaient exactement les mêmes que celles de Bourguiba.

Depuis l’annonce de la nouvelle loi sur les partis, des voix s’élèvent pour réclamer la remise sur les rails du PPA fondé par Messali Hadj. Selon vous, ce vieux parti pourra-t-il aujourd’hui revenir sur la scène politique et y résister ?
La réponse n’est pas de mon ressort, elle est du ressort des anciens messalistes. Mais si j’avais été, moi, un ancien messaliste, je dirais que le PPA a accompli sa mission et qu’on en reste là. C’est exactement comme le FLN dont la fin de mission aurait dû lui être notifiée en 1962.

Face aux mouvements populaires de contestation qui embrasent les pays arabes, l’Algérie, selon vous, risque-t-elle d’en être affectée ?
Je pense que l’Algérie a un système qui est dans une impasse politique, mais que la porte n’est pas définitivement fermée à des changements. La société espère que le pouvoir en place fera en sorte que l’impasse dans laquelle nous sommes ne mène pas à des aventures.

Liberté, 20 septembre 2011

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=162897&titre=“Le système est dans une impasse politique”

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Published by B. Abdelmadjid - dans Algérie Histoire
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 09:28

Pr Abdelmadjid Merdaci *
La tenue d’un colloque sur Messali ne relève jamais de l’anodin en Algérie et son organisation dans le sillage des manifestations de «Tlemcen, capitale de la culture islamique» vaut d’être relevée, ne serait-ce que par les questions qu’elle peut soulever. Il est sans doute utile de rappeler, notamment à l’intention des plus jeunes Algériens, à quel point le nom de Messali Hadj était proscrit dans son pays, il ne fut cité dans les manuels scolaires algériens qu’une seule fois – en relation avec la création de l’Etoile nord-africaine – et dont la longue et complexe trajectoire militante fut longtemps et délibérément confondue avec le seul MNA (Mouvement national algérien) cloué au pilori du patriotisme par l’histoire officielle algérienne.
Penser qu’il y a à peine vingt ans, la Télévision nationale pouvait présenter dans son journal télévisé de vingt heures une quasi-scène de lynchage lors du congrès de l’Organisation nationale des moudjahidine d’un malheureux participant qui avait commis le crime de citer le nom de Messali informe au moins que le rapport au passé, y compris aux yeux de ceux qui ont encore le pouvoir d’assignation et de censure, pouvait supporter quelques évolutions.
1-L’aggiornamento mémoriel des années quatre-vingt
Ces évolutions, faut-il le noter, se sont engagées, et parfois de manière spectaculaire, sous le régime du président Bendjedid avec la ré-inhumation des cendres de Krim Belkacem au carré des martyrs d’El-Alia à l’occasion de la commémoration du trentième anniversaire de Novembre 54 – cela fait, bien entendu, sans égard aux conditions pour le moins troubles de la disparition de l’ancien négociateur d’Evian – et un an plus tard, en décembre 1985, par l’observance d’une minute de silence à la mémoire du président Abbas à l’ouverture solennelle du congrès du FLN. C’est à cette même période que le nom de Messali Hadj figurait, sans doute pour la première fois, dans le cadre d’un entretien publié dans Révolution africaine qui desserrait, aussi peu que ce soit, la chape de la censure et de la stigmatisation. Des mutations politiques et économiques viendront, par la suite, confirmer que la réévaluation du passé — celui en particulier de la guerre d’Indépendance – avec la tenue des congrès d’«écriture de l’histoire», le retour dans l’espace public national de figures politiques longtemps occultées, la réalisation et la diffusion d’une série remarquée sur «Les sources du 1er Novembre» — suivie d’un spectaculaire débat en direct avec des dirigeants historiques comme Mohamed Boudiaf ou Aït Ahmed – s’inscrivait bien dans une stratégie de re-légitimation des nouvelles équipes en charge des affaires publiques et de la volonté de mieux contrôler les hypothèques du passé. Il faut ainsi porter au compte de cette séquence l’érection de l’université Ferhat- Abbas de Sétif — et corollairement des fécondes journées «Ferhat Abbas » qui remirent sur scène la militance Udmiste —, celle aussi de l’université Mohamed- Khider de Biskra et il est remarquable que ce mouvement ait été poursuivi et amplifié dès le début du mandat de l’actuel chef de l’Etat. On pourra retenir, entre autres choses, à ce titre, l’attribution du nom de Abane Ramdane à l’aéroport de Béjaïa et celui de Messali Hadj à celui de Tlemcen, le plus notable restant le message de Abdelaziz Bouteflika aux organisateurs du colloque de Paris sur Messali et dont les termes avaient clairement vertu symbolique de levée des interdits frappant le premier porte-parole de l’Etoile nord-africaine.
2- La fin d’une amnésie algérienne
Cette résurgence mémorielle constitue bien une datation dans l’histoire politique de l’Algérie indépendante qui reconfigure les filiations des légitimations par le passé et il est tout autant notable qu’elle s’établisse paradoxalement contre les principes d’unité –de la nation, du territoire, socle du nationalisme par une assignation territoriale pour le moins ambiguë. Comment lire en effet l’assignation de Abane à la seule Soummam, de Ferhat Abbas aux seules régions de Sétif et de Jijel, de Mohamed Boudiaf à, M’sila, Khider à Biskra et enfin Messali à Tlemcen sans contrevenir au sens même de leur combat ? La publication des Mémoiresde Messali Hadj par l’Anep — préfacées, faut-il le souligner, par le chef de l’Etat – puis d’un ouvrage de témoignage de compagnons de lutte parachèveront l’extinction du tabou auquel aura aussi contribué, avec efficacité, Djeneïna Benkalfat, fille de Messali et gardienne vigilante de sa mémoire. Connaît-on pour autant mieux son parcours politique et Messali Hadj a-t-il effectivement repris la place — éminente — qui est la sienne dans l’histoire du nationalisme algérien au regard notamment de la perception que s’en fait assez généralement l’opinion ? Sans doute pas pour une part importante des Algériens convaincus par l’histoire institutionnelle que Abdelhamid Ben Badis fut au «principe de la révolution». Il faut donc bien faire le constat que des fragments de vérités historiques ne suffisent pas à déconstruire et disqualifier des décennies de mensonges et de manipulations d’état du passé et ainsi en est-il de Messali Hadj comme d’autres acteurs du nationalisme et de la guerre d’Indépendance aujourd’hui voués à la méconnaissance ou à l’indifférence. Il devrait alors avoir lieu de se féliciter de toute initiative – publication, création audiovisuelle, colloque – de nature à informer, instruire et en tout état de cause combattre l’ignorance et ses conséquences et à cette aune un colloque consacré à Messali Hadj ne pourrait être que bienvenu.
3- Au nom du lieu
Celui qui s’ouvre à Tlemcen, ces 17 et 18 septembre, a assurément pour lui les gages de la présence d’historiens faisant autorité, et les contraintes inhérentes au genre peuvent, au regard de l’observateur, paraître bien moins lourdes que celles des conditions mêmes de son organisation. Qui peut contester à des acteurs de la société civile de Tlemcen – ou d’ailleurs – et encore moins à un laboratoire de recherches d’initier une rencontre sur tel ou tel acteur ou tel ou tel événement de l’histoire politique de l’Algérie, et notamment sur Messali Hadj, et dans ce cas de figure précis, est-ce bien le contexte de l’organisation de cette manifestation, l’ambiguïté des charges symboliques qui l’entourent qui provoquent le malaise quand bien même fût-elle distincte de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique». La connexion entre la trajectoire politique de Messali Hadj, objet du colloque et les ambitions de «Tlemcen, capitale de la culture islamique» pour ne pas être évidente nourrira l’équivoque en raison même du choix du moment, et convoquer Messali – dont la figure est encore en attente d’une pleine réinscription dans l’histoire algérienne – sur ce registre peut rajouter peu ou prou à la confusion notamment sur les relations du fondateur du PPA avec l’islam, ses institutions et ses divers représentants. Le paradoxe serait alors frappant, puisque le discours du 2 août 1936, au stade municipal d’Alger, qui fait fonction d’enseigne au colloque constituait d’abord une réponse publique aux acteurs du Congrès musulman dont les oulémas et le président Ben Badis étaient les animateurs aux côtés des élus indigènes du Dr Bendjelloul et du Parti communiste algérien. Au demeurant, s’il est acquis, pour les historiens du nationalisme, que le discours d’août 1936 marque un tournant – particulièrement dans le sens de l’enracinement en Algérie même des thèses indépendantistes –, le parcours politique de Messali Hadj ne s’y réduit pas pour autant. A bien y regarder, est-ce bien – outre l’opportunité de financement – le lieu de naissance qui apparaît au principe de la rencontre et cela peut tout à fait poser de légitimes questions. Il était bien plus facile de se reconnaître dans le colloque Messali empêché à Batna en 2000/2001 que d’applaudir aujourd’hui à celui qui se pare objectivement des plus hautes protections de l’Etat à Tlemcen et le passage du purgatoire de la mémoire collective aux feux des rampes officielles pour signaler aussi des accélérations de l’histoire, n’en demeure pas moins lourd d’ambiguïtés. Le retour du refoulé Messali paraît bien s’accomplir, mais maintenant et à Tlemcen, plus sous des enseignes familiale et locale qu’explicitement politiques — quid ainsi du PPA ? — et s’il convient tout à fait de donner acte à Djeneïna Benkalfat de la pugnacité de son engagement en faveur de la défense de la mémoire de son père, y avait-il plus de clarté dans la défense du proscrit d’hier que dans celle du Messali destinataire des hommages d’aujourd’hui et qui n’en peut mais ?
4- Une privatisation de la mémoire messaliste ?
Outre l’hommage annoncé, le colloque de Tlemcen consacrera-t-il, et de manière plus inattendue, l’inscription de la mémoire messaliste dans la logique de privatisation de l’histoire du nationalisme et de la guerre d’Indépendance qui est au principe de la gestion et du contrôle du passé et dont l’érection d’une «famille révolutionnaire » et d’ayants droit — fils de chouhada, fils d’anciens moudjahidine — est l’expression politique accréditée ? C’est déjà le cas d’autres proscrits – Abbas, Boudiaf notamment – dont la mémoire est gérée, dans l’espace public, par les descendances directes. Invitée d’honneur du chef de l’Etat à l’inauguration officielle de «Tlemcen, capitale de la culture islamique» — les images de cette inédite proximité pouvaient à tout le moins surprendre sinon même choquer les survivants de l’ostracisme officiel –, présidente d’honneur du colloque, la fille de Messali Hadj n’encourt-elle pas le risque — réel — de noyer sous les honneurs de circonstances une cause qui, pour être aussi, à n’en pas douter, personnelle est moins celle de la famille Messali et de ses proches que celle du droit des Algériens à se réapproprier leur histoire, toute leur histoire ? L’histoire de Messali Hadj n’a pas commencé un 2 août 1936 qui se confond aussi avec la tragique guerre fratricide FLN/MNA dont le traumatisme pèse encore comme une insupportable hypothèque sur l’histoire du nationalisme et de la guerre d’Indépendance dont il sera de plus en plus difficile de différer l’examen sous de commodes et convenues stigmatisations. Ces questions ne sont d’évidence pas compatibles avec l’esprit d’un hommage et est-ce aussi pour cela que le colloque de Tlemcen peut susciter plus de réserves que d’attentes.
A.M.
*Université Mentouri - Constantine mad.benhacen@yahoo.fr

 

Le Soir d'Algérie, 17 septembre 2011

 

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/09/17/article.php?sid=123003&cid=16

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Published by Abdelmadjid Merdaci - dans Algérie Histoire
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 18:00

“Le discours de Messali Hadj du 2 août 1936, prononcé au stade municipal d’Alger, peut être considéré comme étant un marqueur dans l’histoire du nationalisme algérien”, a déclaré à Liberté l’historien et chercheur Benjamin Stora, l’un des plus importants spécialistes français de l’histoire de l’Algérie contemporaine, auteur de nombreux ouvrages consacrés au mouvement nationaliste algérien.
Présent à Tlemcen où il a participé au colloque international sur Messali Hadj intitulé “Cette terre n’est pas à vendre”, Benjamin Stora, répondant à une question sur le retentissement de ce discours, a ajouté : “pour au moins deux raisons, il a été un marqueur : il y a d’abord le fait que le nationalisme indépendantiste radical était né dans les milieux de l’émigration ouvrière en France avec l’étoile nord-africaine. Le 2 août 1936, le centre de gravité du nationalisme algérien radical se déplace de la métropole coloniale vers l’Algérie, c'est-à-dire vers le territoire d’origine, c’est un déplacement extrêmement important. À cette date, l’idée de la séparation d’avec la France, l’idée indépendantiste s’installe en Algérie, donc c’est le centre de gravité de la lutte politique qui se déplace. Mais le second aspect, qui est aussi extrêmement important à mon avis à propos de ce discours, c’est le fait que Messali incarne une volonté populaire, car le jeu politique était du côté de ce que l’on appelait à l’époque les indigènes, les algériens musulmans était quand même l’apanage d’élites et de notables, c’est-à-dire, par exemple, des pharmaciens comme Bendjelloul, Ferhat Abbès, des Ulémas comme Ben Badis, de tous les grands notables sur le plan social, sur le plan religieux qui, dans le fond, aspiraient à la représentation des masses.”
“Or, fait remarquer Stora, avec Messali Hadj, ce n’est pas un notable qui arrive, c’est une autre catégorie sociale qui entre en jeu, qui entre en scène. Voilà un deuxième aspect, c'est-à-dire l’irruption de la dimension populaire du nationalisme, du peuple. On peut dire aussi qu’il y a un troisième aspect dans l’histoire du discours de 1936 lorsque Messali prend la poignée de terre au stade municipal pour dire : "cette terre n’est pas à vendre." Il fait référence aussi à quelque chose qui est très importante dans l’histoire coloniale, c’est l’appropriation, le déracinement des paysans de leurs terres parce que la question coloniale c’est d’abord la question de la dépossession foncière, c’est-à-dire le fait que l’installation de l’Algérie française c’est le refoulement des populations paysannes et l’installation de colonies de peuplement. Donc, le fait de dire nous allons reprendre cette terre, c’est cette façon aussi de se poser presque frontalement à l’idée coloniale de dépossession foncière avec au centre le rapport à la terre, c'est-à-dire le fait de revenir à la terre. Donc, pour au moins trois raisons que je viens d’indiquer, ce discours est un marqueur essentiel de l’identité algérienne.” Benjamin Stora, professeur à l’université de Paris 13, a commencé en 1975, c'est-à-dire il y a pratiquement 35 ans, à travailler sur le personnage de Messali Hadj. “À l’époque, dit-il, j’avais 25 ans et j’ai soutenu ma thèse sur Messali Hadj exactement le 12 mai 1978. À cette date, parler de Messali Hadj était un sujet extrêmement brûlant et périlleux, à la limite dangereux. Mais moi, je m’étais appuyé pour faire ce travail à l’époque sur ce que les historiens appellent les archives privées, c’est-à-dire les archives des militants, des messalistes notamment de Tlemcen qui m’ont beaucoup aidé à faire cette thèse. La fille de Messali Hadj, Mme Benkelfat Djanina, m’a aussi beaucoup aidé. J’étais le seul jeune chercheur à l’époque à travailler sur cette histoire. Et donc, 35 ans plus tard, c’est pour moi quelque chose d’extrêmement émouvant de me retrouver dans la ville de Tlemcen qui, d’ailleurs, par son panorama, a ouvert mon travail dans mon livre et c’est une espèce d’aboutissement de toute une trajectoire intellectuelle qui a commencé il y a très longtemps dans les années 70 et puis qui marque également à quel point la société s’est modifiée dans son rapport à l’histoire. On n’est plus du tout dans les années 70 où il y avait cette sorte disons d’unanimisme, de nationalistes avec des devises du genre ‘un seul héros le peuple’ où étaient mis au secret l’ensemble des personnages historiques du nationalisme algérien pas seulement Messali, énormément de personnages. Aujourd’hui, on est dans une autre situation, donc cela témoigne de tout un itinéraire, de toute une trajectoire pas seulement qui est la mienne, mais de la société algérienne elle-même. C’est pour cela que c’est émouvant de me retrouver ici 35 ans plus tard.” À la question de savoir si à la faveur de la nouvelle loi sur les partis politiques, le PPA (parti du peuple algérien actuellement interdit) pourrait de nouveau activer sur la scène politique, l’écrivain français, fort embarrassé, déclare : “C’est là une question politique car tout dépend de la façon dont la société s’empare ou pas d’un programme de parti, si ça fonctionne ou pas, tout dépend de l’offre politique, de l’état d’esprit d’une société. Et, d’ailleurs, Mme Messali Djanina s’est déjà exprimée là-dessus”. Benjamin Stora, directeur scientifique de l’Institut Maghreb-Europe et membre du laboratoire Tiers-monde-Afrique du CNRS, prépare actuellement un livre important sur la guerre d’Algérie et son indépendance qui va sortir bientôt mais, dit-il, “racontée par les algériens eux-mêmes, comment ils voient la guerre qu’on leur a racontée à travers les livres de mémoire. Il y a énormément de livres de mémoire d’algériens militants nationalistes qui sont sortis tout au long des années 1990/2000, environ 150 selon mon décompte, et à partir de ces livres de mémoire, j’ai essayé de reconstituer avec un autre auteur, qui est journaliste, comment un algérien nationaliste pourrait raconter l’histoire de la guerre d’indépendance. En fait, c’est la guerre vue du côté des algériens, la guerre des Algériens”.

Liberté, 19 septembre 2011
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:46

C’est dans une ambiance d’euphorie nationaliste que s’est ouvert hier à l’auditorium de la faculté de médecine de l’université Abou-Bekr-Belkaïd le colloque international dédié à la mémoire du père du nationalisme Messali Hadj (1898-1974) organisé en commémoration du 75e anniversaire de son fameux discours prononcé le 2 août 1936 au stade municipal d’Alger où, sous le drapeau national arboré pour la première fois, il avait notamment déclaré devant des milliers de personnes ainsi que des membres du parti communiste français : “Cette terre bénie qui est la nôtre, cette terre de la baraka n’est pas à vendre, ni à marchander, ni à rattacher à personne. Cette terre a ses enfants, ses héritiers, ils sont là vivants et ne veulent la donner à personne.”
Environ cinq cent personnes, dont certaines venues de plusieurs régions du pays, ont répondu à l’appel de l’Association des anciens élèves des collèges et lycées de Tlemcen (Écolymet) et le laboratoire de recherche et d’études civilisationnelles, initiateurs de ce colloque intitulé “Cette terre n’est pas à vendre” marqué par une vingtaine de communications ayant trait au parcours et au combat mené durant toute une vie par le leader du parti du peuple algérien (actuellement interdit et pour lequel, à la faveur de la nouvelle loi sur les partis, des voix s’élèvent çà et là pour sa réhabilitation). Avant le début de cette rencontre scientifique, deux lettres émanant des ministres de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, et de la Santé publique, Djamel Ould-Abbès, ont été lues publiquement, dans lesquelles les auteurs s’excusent de ne pas pouvoir participer au colloque et souhaitent pleins succès aux travaux. La fille de Messali Hadj, Mme Benkelfat Djanina, venue spécialement du Canada pour rehausser de sa présence l’évènement, a déclaré à Liberté : “Vous savez, pour moi c’est un grand début parce que c’est un peu ghettoïsé à Tlemcen et c’est dommage. Mais c’est quand même un grand prestige, je pense pour Tlemcen. Je vois cela plutôt sur un plan national et cela mérite pour le prochain, s’il y a une autre initiative de ce genre, un grand séminaire plus important que celui-ci à Alger. Nous avons des chercheurs aux États-Unis, au Canada et ailleurs et leur contribution sera d’un grand apport pour connaître encore davantage sur les grands moments de la vie et de l’œuvre de Messali Hadj.” Présidente d’honneur du colloque, elle doit présenter dimanche une communication sur “la genèse de la réinsertion de Messali Hadj dans le processus historique où la réécriture de l’histoire de l’Algérie”. Dans son allocution d’ouverture, elle a déclaré que “cette terre n’est pas à vendre”, le thème du colloque n’est pas un slogan publicitaire.
C’est une phrase des nombreux discours du grand patriote Messali Hadj qui a été le premier à revendiquer l’indépendance de l’Algérie et a réussi à fissurer l’écueil colonial. Son discours du 2 août 1936 n’a jamais été commémoré, mais demeure la mémoire essentielle. Elle a évoqué les noms de certains compagnons de lutte de Messali Hadj comme Mohamed Guenanèche, Boumediene Marouf, Mohamed Mamchaoui, Mustapha Berrezoug, Abdelkrim Bénosmane qui avaient 20 ans à cette époque et qui demeurent inconnus de la génération actuelle.
Le professeur Mohamed Harbi, auteur de nombreux ouvrages sur le mouvement national, a présenté une communication sur “la notion de peuple dans le messalisme” et mis en valeur la notion d’intelligentsia soulignant que “Messali Hadj lui-même, par ses origines sociales et son expérience politique, était considéré comme un homme du peuple et c’est comme cela qu’il était perçu par les intellectuels de l’époque”. Concernant le discours de 1936, il dira qu’“il s’agit là d’un geste fondateur et c’est la première fois que l’on peut parler d’un discours de tribune tenu en présence de nombreux ulémas qui ont été les premiers à définir la notion de nation en référence aux travaux de Tewfik El-Madani”. Le professeur Harbi a aussi abordé les questions des dissensions au sein du mouvement de Messali Hadj et a indiqué que c’est dans les années 40/50 que le PPA/MTLD va davantage s’aguerrir et investir la scène publique.

Liberté, 18 septembre 2011

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:44
1 Cet homme, Hassane Talbi, âgé aujourd’hui de 80 ans, ressemble étrangement à Messali Hadj. En fait, c’est un de ses anciens compagnons de lutte encore vivant qui a assisté à tous les évènements scientifiques dédiés à sa mémoire. Il est encore là, une fois de plus, présent au colloque international organisé à Tlemcen les 17 et 18 septembre à l’université Abou-Bekr-Belkaïd. La particularité de cette photo réside dans la canne décorée en bronze dans sa partie supérieure qui lui a été offerte par Messali Hadj et dont il ne se sépare jamais.

Liberté, 18 septembre 2011
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:39

Compagnon de route de Messali Hadj, Ali Agouni profite de l’occasion de ce séminaire scientifique auquel participeront, entre autres, Mohamed Harbi et Benjamin Stora pour réitérer son appel aux autorités du pays afin de permettre au PPA de revenir sur la scène politique.

“Je demande que le PPA de Messali Hadj reçoive son agrément afin qu’il puisse participer librement et légalement en Algérie à la vie politique et syndicale en défendant son programme : la fin du système, le libre exercice de toutes les libertés d’expression, la liberté syndicale, la parole au peuple et l’élection d’une assemblée constituante, la désignation d’un gouvernement responsable devant l’assemblée constituante qui remettra l’Algérie dans la voie de la liberté d’expression dans la véritable justice et qui mettra fin à la corruption, la bureaucratie, la dilapidation des biens du peuple et la préparation des élections libres et transparentes au suffrage universel.” C’est l’appel adressé au président de la République par M. Agouni Ali, ancien compagnon de Messali Hadj et lui-même responsable du PPA (Parti du peuple algérien) lors de la tenue les 17 et 18 septembre à Tlemcen du colloque international sur Messali Hadj. Dans ce même appel, il demande aussi au chef de l’État “de faire reconnaître officiellement les batailles et les luttes menées par les moudjahidine ALN/MNA contre le colonialisme et de reconnaître ces moudjahidine au même titre que ceux de leurs frères du FLN”.
À la veille de cet événement scientifique, M. Ali Agouni, dans un long courrier adressé à Liberté, a tenu d’abord “à présenter ses sincères salutations et ses encouragements à tous les intervenants qui animeront ce grand débat historique sur le grand homme emblématique Messali Hadj qui a marqué durant plus de la moitié du 19e siècle de son long combat pour la Révolution et pour l’indépendance de l’Algérie”. Il a rappelé qu’“à 29 ans, en 1927 au congrès anti-impérialiste de Bruxelles, en présence du grand leader Nehru, représentant l’Inde, Ho-Chi-min l’Indochine, Mohamed Hatta le Pakistan, Messali Hadj au nom de l’ENA prononça un grand discours retentissant dans les pays colonisés, et pour la première fois, il réclama l’indépendance totale des trois pays d’Afrique du Nord (Algérie,Tunisie, Maroc) et il dénonça vivement et hautement les méfaits et les tortures du colonialisme et surtout en Algérie”.
Dans son courrier, l’ancien compagnon de lutte de Messali Hadj rappelle qu’“en 1962, ce dernier a transformé le MNA en PPA (Parti du peuple algérien), nous allons célébrer prochainement le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie ; mais aussi le cinquantenaire de la refondation du PPA par Messali Hadj en montrant qu’il est d’une actualité brûlante dans une situation où les peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient se soulèvent contre les dictatures et exigent l’instauration d’une véritable démocratie et l’élection d’une assemblée constituante au suffrage universel. C’est le programme du PPA élaboré il y a cinquante ans par l’homme prévoyant qui est Messali Hadj. Il revendique l’indépendance de l’Algérie en 1927, c’est devenu une réalité en 1962”. Le 3 juin 1974, Messali Hadj (de son vrai nom Ahmed Messali), considéré comme étant le père du nationalisme en Algérie, fondateur de l’Étoile nord-africaine, de l’Union nationale des musulmans nord-africains puis du Parti du peuple algérien, était inhumé à Tlemcen au cimetière Cheikh-Senouci dans un environnement de suspicion. Le défunt Mourad Hamidou, militant actif du PPA, compagnon de lutte de Messali Hadj, a organisé chez lui les funérailles, faisant fi de tout ce branle-bas de combat policier et s’était placé à la tête du cortège funèbre en chantant l’hymne du PPA. Depuis cette date, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et aujourd’hui évoquer son nom, son parcours, ses hauts faits politiques, ne risque pas de conduire son auteur en prison. Plusieurs séminaires, dont certains placés sous le patronage du président de la République, ont été organisés pour perpétuer sa mémoire et une importante institution, en l’occurrence l’aéroport international de Zenata, porte son nom gravé sur le marbre. Une autre rencontre scientifique lui est consacrée cette fois-ci par l’Association des anciens élèves et lycéens de Tlemcen (Écolymet) avec la participation de nombreux chercheurs et historiens parmi lesquels on annonce Mme Djanina Messali Benkalfat (fille du défunt), les professeurs Harbi Mohamed, Carlier Omar, Benjamin Stora, Soufi Fouad, Benmalek Anouar et Mme Siari Tengour.  

Liberté, 15 septembre 2011

http://www.liberte-algerie.com/edit_archive.php?id=162640

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