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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:35

Après son séjour à Tlemcen en avril dernier suite à l'invitation du président de la République Abdelaziz Bouteflika à l'occasion de la réouverture de l'aéroport international Messali Hadj de Zenata, Djanina Messali Benkelfat, fille de Messali Hadj, est revenue cette semaine à Tlemcen. Elle vient du Canada où elle réside pour présider (à titre de présidente d'honneur) les travaux du colloque international sur Messali Hadj qui se tient les 16 et 17 septembre au sein de l'auditorium de l'université Abou Bekr Belkaïd à l'initiative de l'association Ecolymet.

Djanina travaille depuis trente sept ans dans la reconstruction et la restitution de la mémoire de son père, le père du nationalisme algérien Messali Hadj. Nous l'avons rencontrée l'avant-veille chez une parente, Mme Fatima Zohra Benkalfat Mahi, cardiologue, au quartier les Dahlias à Kiffane.

Le Quotidien d'Oran : Que ressentez-vous à chaque fois que vous foulez le tarmac de l'aéroport qui porte l'illustre nom de votre père ?

Djanina Benkelfat : De l'émotion, absolument, beaucoup d'émotion, même avant qu'il ne soit aussi beau qu'il ne l'est aujourd'hui (après sa rénovation, ndlr) ; j'ai toujours de l'émotion quand je vois les grandes lettres Messali Hadj en arabe et en français… J'ai toujours de l'émotion…

Q.O. : Un premier colloque international avait été organisé à Tlemcen à l'initiative de la société civile. Une décennie après, soit en 2011, c'est un second colloque international qui est initié cette fois-ci par une association, en l'occurrence l'Ecolymet. Un mot sur ce deuxième colloque dont vous êtes la présidente d'honneur…

D.B. : Ecoutez, moi ce que je peux dire, c'est que je suis très fière des Tlemceniens qui ont eu l'audace et la témérité de cet engagement-là ; je tiens quand même à dire que leur engagement a précédé depuis plusieurs mois l'invitation qui m'a été faite par le président de la République… Donc, ceci n'a pas de concomitance, j'ai trouvé cela très courageux, parce que ce n'est pas évident. En plus, la société civile a fait son travail jusqu'au bout parce que ça a été financé par les gens de Tlemcen.

Q.O. : Le 3 juin de chaque année, les Amis du PPA se font un point d'honneur de commémorer comme à l'accoutumée chez Hadj Omar Lachachi l'anniversaire de la disparition de Messali Hadj. Un commentaire…

D.B. : Ecoutez, Hadj Omar Lachachi, c'est un très vieux militant, il a fréquenté le PPA et le MTLD très, très tôt, très jeune ; moi en 45, j'étais une petite fille quand lui était déjà un militant, donc on a des souvenirs communs… Il est très proche de nous et il a le reflexe du militant et en plus « kheima kbira», donc cela fait partie des valeurs de ces grandes familles-là… Maintenant, cette initiative est très intéressante, elle se fait à Tlemcen, elle va avoir des conséquences nationales, parce que les gens qui viennent tous les 3 juin se recueillir au cimetière de Tlemcen sur la tombe de Messali Hadj, c'est des gens qui viennent de toute l'Algérie et nous attendons des gens qui viennent de toute l'Algérie évidemment… parce que il y a des familles nationalistes anciennes qui sont en attente depuis 50 ans d'une reconnaissance nationale et pas seulement tlemcenienne ; donc voyez-vous l'ampleur de l'initiative de la société civile de Tlemcen…

Q.O. : Lors de la dernière cérémonie commémorative, il a été suggéré, croit-on savoir, la création d'une fondation Messali Hadj. Avez-vous eu vent de cette initiative ? Adhériez-vous à ce projet ?

D.B. : Certainement ça va être proposé dans les recommandations à la fin du séminaire le samedi et dimanche ; on attend, il va y avoir un débat sur ça, on verra ce que les gens proposent et puis je pense que là c'est aux historiens de donner leur avis, parce qu'il ne suffit pas de faire des effets d'annonce… ce sont des choses qui s'organisent avec rigueur, d'une manière réfléchie…

Q.O. : Vous abhorrez, semble-t-il, le mot réhabilitation par rapport à la restitution de la mémoire de Messali Hadj.

D.B. : Ca me fait bondir, ça me fait sauter…

Q.O. : Le mot réconciliation vous semble peut-être plus juste ?

D.B. : Ni l'un, ni l'autre… On réhabilite quelqu'un qui a fait une chose de grave, et puis on s'aperçoit finalement que ce n'est pas aussi répréhensible que ça, ça ne le concerne pas… Quant à la réconciliation, c'est qu'il faut s'être disputé avec quelqu'un pour se réconcilier, ça veut dire qu'on sort d'une fâcherie, non c'est autre chose… Voilà un homme qui a été évacué de la politique… violemment, voilà quelqu'un qui a été occulté par l'histoire qui a été écrite depuis l'indépendance de l'Algérie, et donc là se pose un problème, ce n'est pas une fâcherie, donc il n'y a pas lieu d'avoir de réconciliation. Il s'agit pour beaucoup d'Algériens de comprendre ce qui s'est passé, quelles sont les causes de son évacuation… Ces causes sont des causes politiques. Donc ce n'est pas «Allah i'samah» et on tourne la page, ce n'est pas ça du tout. Ce qui est important aujourd'hui, et moi cela fait trente sept ans que je m'investis, et que j'ai pris l'initiative de m'investir dans ce travail-là… Je ne suis pas en train de réécrire l'histoire mais j'ai donné les moyens aux historiens de le faire, c'est-à-dire que j'ai fait paraître les mémoires de mon père en 1982, que j'ai archivé tous les documents que mon père a laissés derrière lui que j'ai fournis aux grands historiens (André Julien, Mohammed Harbi, Benjamin Stora, NDLR) que tout le monde connaît mais que personne ne lit… Après les gens disent (que) tu ne connais l'histoire, si elle n'est pas écrite en Algérie, je peux vous affirmer qu'elle est écrite ailleurs, et c'est triste… On attend des réformes de ce point de vue là et des libertés d'écrire, j'espère qu'elles ne vont pas tarder à la satisfaction de tous… C'est moi qui fournis toutes ces archives et les archives de la Révolution que Mohammed Harbi a publiées dans le début des années 80, toutes les archives de Messali Hadj qui y sont, c'est moi qui les ai archivées, qui les ai données, c'est moi qui réunis un conseil scientifique pour que les mémoires de mon père soient accompagnés de tout un encadrement scientifique pour les remettre dans le temps historique, et on a eu la grande chance d'avoir (un) monsieur comme Charles André Julien qui a présidé ce conseil-là, ce n'est pas rien du tout… J'ai dû après la mort de mon père retisser des liens avec beaucoup d'hommes politiques de ses amis, beaucoup de personnalités, de journalistes, d'histoire, etc... Ça a été un long travail, un travail très actif, ça fait quand même trente sept ans… Je félicite les Amis de Tlemcen (de la société civile) d'avoir eu cette initiative, mais je me sens un petit peu aussi à la base… Je crois qu'ils ont eu beaucoup de courage de le faire, parce qu'il fut un temps où on ne parlait plus de cet homme, il était banni, je crois qu'il faut beaucoup de courage d'en parler un jour. C'est-à-dire que celui qui a eu le courage d'en parler un jour, c'est le président de la République (Abdelaziz Bouteflika, ndlr). Ça, ça interpelle à plusieurs degrés : c'est la clairvoyance, c'est donner un état civil à l'Algérie en lui redonnant son histoire, c'est le désir de faire réapproprier l'histoire par le peuple algérien… je n'ai pas de réponse juste probablement, il n'y a que Bouteflika, président de la République, qui peut nous le dire…

Q.O. : Il n'a pas de mea-culpa dans tout ça ?

D.B. : Non, je ne crois pas, moi je n'ai aucune haine contre personne, au contraire, vous savez qu'il a quelque chose qui ne fonctionne pas dans cette société cher monsieur, vous savez qu'il y a des partis politiques dans ce pays, ce n'est pas dans leur programme de revisiter l'histoire, je ne sais combien il y a de ligues des droits de l'homme, elles n'ont jamais posé le problème de l'histoire de l'Algérie, il y a des élites, la société civile n'a jamais fonctionné, par prudence ou… parce que, bon «quand on a fait son fromage pour y dormir…», ou tout simplement ça ne les intéresse pas, ils s'investissent ailleurs, mais toujours est-il, si il a fallu un homme pour faire avancer et progresser cette ouverture sur l'histoire, c'est qu'il y a un problème de mauvais fonctionnement, alors j'espère qu'on en tiendra compte dans les réformes…Vous voyez quand on parle de Messali, on revient toujours à l'actualité, parce que il a été porteur de la date d'ouverture, il a demandé la liberté, il en a payé le prix, parce que la liberté ça a un prix, il ne faut pas s'attendre…, on ne fait pas cadeau de la liberté, jamais, ça s'arrache, ils ont payé le prix, ceux qui ont lancé cette idée ont payé le prix, absolument…

Q.O. : Vous avez été le 16 avril dernier parmi les hôtes du président de la République Abdelaziz Bouteflika à l'occasion de la cérémonie d'ouverture officielle de la manifestation de 2011 «Tlemcen, capitale de la culture islamique». Comment avez-vous apprécié cette invitation officielle et que vous suggère ce geste protocolaire ?

D.B. : Je n'ai pas été invitée pour la commémoration de la culture islamique à Tlemcen, j'ai été invitée pour l'aéroport de Tlemcen, mais évidemment le président m'a dit que nous étions ses hôtes et nous avions participé à la soirée qui a suivi… Oui, je pense que c'est une chose intéressante… De toute façon, l'implication de Messali Hadj dans la culture islamique proprement dite ce n'est pas tout à fait son engagement dans la vie ; son engagement, c'est un engagement militant, c'est un engagement politique… Il est évident qu'il est né dans cette ville qui est chargée d'une histoire importante et comme tous les gens de sa génération, il a été à l'école coranique et qu'il a été comme sa famille membre de la confrérie des Derquawa et qu'à ce titre, il était tout à fait imprégné de toutes ces valeurs islamiques… mais il n'a pas joué un rôle dans le domaine religieux à aucun moment mais ses amis de la zaouïa à chaque fois qu'il visitait Tlemcen l'invitaient à tenir des conférences sur l'avenir politique de l'Algérie parce que les zaouïas s'occupent aussi de savoir surtout en période coloniale comme à cette époque-là ; ils (les amis de l'intérieur) voulaient l'écouter parce qu'ils savaient qu'il avait une vision, qu'il avait un programme politique et il venait en débattre avec eux et c'était toujours très intéressant, instructif pour Messali qui prenait la température locale et aussi donnait du sens à l'action religieuse, ça s'arrêtait là et ce n'est pas quelqu'un qui s'est particulièrement signalé sur le plan religieux…

Q.O. : Dites-moi, est-ce que vous avez eu des échos de la manifestation de Tlemcen, capitale de la culture islamique pour 2011 ?

D.B. : Oui, je suis votre journal, parce que les nouvelles régionales m'intéressent, je vous lis régulièrement, je lis vos articles (sur Le Quotidien d'Oran, ndlr), ça m'informe sur ce qui se passe dans la ville, dans la région…

Q.O. : Est-ce que vous recevez cette revue, El Djawhara, éditée par le ministère de la Culture ?

D.B. : Non, je vous suis sur Internet, je vis au Canada… Ecoutez, le ministère de la Culture n'a pas trouvé que Messali Hadj était une personnalité assez importante pour en parler puisqu'on parle de toutes les élites de Tlemcen, je crois quand même qu'il fait partie des élites de l'Algérie….

 

 

"Le Quotidien d'Oran", 19 septembre 2011

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5157811

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Published by Allal Bekaï - dans Algérie Histoire
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:29

Le comédien, dramaturge et scénariste, Slimane Benaïssa, vient d’achever l’écriture d’un scénario pour un feuilleton de dix épisodes sur le combat de Messali Hadj.

Un feuilleton que l’ENTV pourrait produire. Il a, lors d’une intervention hier au colloque international sur Messali Hadji à Tlemcen, appelé les organisateurs de la manifestation à être les parrains de ce projet. Il est revenu sur l’effacement de mémoire par «les pères maquisards» de l’après-1962. Il a dénoncé le contrôle draconien de l’écriture de l’histoire à l’époque. «Cette perturbation a empêché la construction au niveau de la conscience collective des symboles nécessaires d’une mémoire fondatrice, d’une identité et d’une culture. La question culturelle allait devenir un lieu de souffrance pour l’Algérie à cause de l’incapacité de l’Etat à définir une mémoire à partir de l’histoire du peuple et non de son histoire exclusive. L’impossibilité d’écrire une histoire codifiée s’est traduite par une impossibilité de créer chez l’artiste», a-t-il estimé.

Le verrouillage de l’histoire a, selon lui, fait que tout créateur s’est trouvé devant un choix complexe dont l’enjeu était la question identitaire. «L’Etat a multiplié les références identitaires empruntées à une mythologie que notre mémoire ne reconnaît pas et qui ne correspondent même pas à notre histoire (…) Nous étions dépossédés de nous-mêmes pour être plusieurs autres.
D’où notre peur aujourd’hui d’aller vers les autres», a-t-il ajouté. Il a estimé que le déni de Messali Hadj est une honte pour tous «même pour ceux qui l’accusent». Pour lui, il ne faut pas avoir peur de son histoire.

 

El Watan, 19 septembre 2011

 

http://www.elwatan.com/actualite/depossedes-de-nous-memes-pour-etre-plusieurs-autres-19-09-2011-140300_109.php

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Published by Fayçal Métaoui - dans Algérie Histoire
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:26

La fille de Messali Hadj a appelé à la réinsertion du fondateur du Mouvement national algérien (MNA) dans l’histoire contemporaine de l’Algérie.

Tlemcen
De notre envoyé spécial


Djanina Messali Benkelfat, fille de Messali Hadj, fondateur du Parti du peuple algérien (PPA), a reproché aux partis leur inaction dans le processus de reconnaissance et de réinsertion de son père dans l’histoire du mouvement national. «Cette inaction établit incontestablement leur faiblesse, leur manque d’audace et l’inexistence de leurs audiences. Amnésiée et formatée pendant cinquante ans par la propagande du parti unique, la société civile n’a jamais pu ni su jouer son rôle», a-t-elle déclaré hier à l’auditorium de la faculté de médecine de l’université Aboubakr Belkaïd de Tlemcen à la faveur du colloque international intitulé «Cette terre n’est pas à vendre» sur Messali Hadj organisé par l’association Ecolymet et le laboratoire de recherches civilisationnelles de l’université de Tlemcen.

A ses yeux, la réinsertion de Messali Hadj dans l’histoire et dans l’espace public est également celle des valeurs fondamentales pour lesquelles des générations de militants se sont engagés «et qui attendent une reconnaissance nationale». Le message «inattendu» de Abdelaziz Bouteflika, qui venait d’être élu président de la République en 1999, à un colloque organisé à Paris à la faveur du centenaire de Messali Hadj, a, d’après elle, transposé le débat politique et historique de la capitale française à Alger. «C’était le premier geste politique officiel de la volonté de réinsertion de Messali Hadj. L’accélération de ce processus nous le devons pour beaucoup à Abdelaziz Bouteflika.

En rupture de ban depuis cinquante ans, je n’ai jamais fréquenté les arcanes du pouvoir. Mais je peux dire que l’esprit de Bouteflika de donner à l’Algérie un état civil s’est manifesté à plusieurs reprises, cela l’histoire le retiendra», a soutenu Djanina Messali. Le colloque, qui s’est achevé hier à Tlemcen, est, pour elle, le premier du genre à aborder d’une manière indépendante l’action militante de Messali Hadj. «L’homme, dont le nom, l’engagement politique et le sacrifice ont incarné pendant quarante ans la lutte du peuple algérien pour son indépendance, a été exclu de la vie politique par la violence et de l’histoire par l’occultation. La confiscation de l’indépendance par le système totalitaire du parti unique, qui s’est imposé il y a cinquante ans, a délibérément privé la société algérienne de son histoire. Savait-il qu’en même temps, il la privait de son avenir ?», a déclaré Djanina Messali Benkelfat.

Selon elle, rien n’est plus subversif que l’histoire pour un régime qui accapare tous les pouvoirs et dont l’exercice le plus évident est de les conserver jalousement. «L’amnésie organisée se programme à dessein et la censure et l’omerta sévissent dans les médias. Le nom de Messali est effacé et une histoire officielle s’édifie. Le nom et l’image de Messali Hadj disparaissent de l’espace public», a-t-elle relevé. Elle est revenue sur «la lente et difficile» réinsertion du fondateur du Mouvement national algérien (MNA) qui a commencé dans les années 1970 avec la publication de certains travaux d’historiens et de militants.

Elle a cité l’historien Mohamed Harbi qui, dans son livre Aux origines du FLN, paru en 1975, a dénoncé l’accaparement par ce parti de l’action nationaliste au détriment du MNA. «Il ne suffisait pas à cette époque d’avoir des convictions solides, un esprit libre et un courage intellectuel affirmé. Il fallait avoir du courage tout court pour oser remettre en question les fondements d’institutions en place. Mohamed Harbi en a fait les frais et reçu des menaces des officines spécialisées», a-t-elle souligné.

Plus tard, Mohamed Harbi devait détailler les luttes internes du mouvement nationaliste algérien dans Le FLN, mirage et réalité, puis dans Les archives de la révolution algérienne, un pavé de 500 pages, paru en 1981. «Pour la première fois des archives du MNA et des écrits de Messali que j’ai remis personnellement à l’auteur ont été présentés au public. La même année, les mémoires de Messali ont été publiés chez Lattès. Le manuscrit arrêté en 1938 pour cause de maladie de mon père a été consolidé par deux post-faces signées par Charles André Julien, Mohamed Harbi et Charles Robert Ageron. La préface a été signée par Ahmed Ben Bella qui venait d’être libéré», a-t-elle détaillé. Djanina Messali s’est rappelé aussi de sa rencontre avec Benjamin Stora, alors étudiant, lors de l’enterrement de Messali Hadj à Tlemcen en 1974.

A l’époque, Benjamin Stora préparait une thèse de doctorat sur la vie militante du père du nationalisme algérien. Elle a expliqué comment les dix-sept carnets de mémoire de son père ont servi à alimenter les ouvrages écrits plus tard sur lui. Elle a observé que tous les ouvrages écrits sur Messali Hadj en France n’ont pas été distribués en Algérie, «sauf sous le manteau». «Ces publications constituent les bases fondatrices à partir desquelles une réécriture de l’histoire contemporaine de l’Algérie commence. D’autres écrits sont venus apporter leur contribution enrichissante comme les ouvrages de Mahfoud Keddache et de Omar Carlier», a-t-elle dit.

L’unanimisme contrôlé sur Messali Hadj a été, selon elle, rompu après «la crise du parti unique» révélée par les émeutes de 1988. «C’était le début d’une quête mémorielle populaire, le besoin de se réapproprier son histoire», a-t-elle appuyé. Pour Djanina Messali, l’interruption du processus électoral en 1991, précédé par l’émergence du fanatisme religieux, a posé les questions non résolues depuis l’indépendance de l’Algérie : «La conception de la nation, des libertés, de la légitimité du pouvoir». «Toutes les ruptures qu’a connues le pays depuis 1962 ont remis en cause la confiance populaire en l’avenir. Il ne reste que l’histoire à cette population pour ouvrir des perspectives», a-t-elle ajouté.

La mise au secret

L’historien français Benjamin Stora a, lors de son intervention, salué la possibilité d’évoquer «librement», et pour la première fois, la trajectoire militante de Messali Hadj en Algérie. «C’est un pas en avant dans la connaissance historique», a-t-il dit. Il a confié avoir eu connaissance du combat nationalise de Messali Hadj en Algérie grâce l’organisation communiste dans laquelle il militait dans ses jeunes années. Il a rappelé que l’histoire du Mouvement national indépendantiste est née à travers l’Etoile nord- africaine (ENA), créé par Hadj Ali Abdelkader en France en 1926, rejoint par Messali Hadj en 1927. Avec le discours de Messali Hadj au stade municipal des Anassers à Alger, le 2 août 1936, le centre de gravité de lutte politique nationaliste radicale s’est, d’après Benjamin Stora, déplacé en Algérie.

«C’est pour cela que cette date est importante. C’est un déplacement géographique et politique. C’était, par conséquent, une nouvelle configuration du mouvement nationaliste qui, pour la première fois de manière publique, voulait signifier la rupture avec l’histoire coloniale. Il s’agissait d’acte fondateur, inaugural, sur le territoire algérien par rapport naturellement à d’autres formations politiques de ce qui va constituer le nationalisme algérien», a analysé l’historien. Messali Hadj, lors d’un meeting organisé par le Congrès musulman algérien, au stade municipal d’Alger le 2 août 1936, avait arraché le micro pour lancer : «Cette terre bénie qui est la nôtre, cette terre de la baraka, n’est pas à vendre, ni à marchander ni à rattacher à personne. Cette terre a ses enfants, ses héritiers, ils sont là vivants et ne veulent la donner à personne. C’est précisément pour cela que je suis venu assister à ce meeting au nom de l’ENA, notre parti, votre parti qui est lui pour l’indépendance de l’Algérie.»

Cette célèbre déclaration était, selon Benjamin Stora, le signe de l’éruption de la volonté populaire dans le débat politique algérien. «Jusqu’à cette date, le débat politique, culturel et idéologique était en grande partie l’œuvre de formations qui prônaient l’égalité politique, l’assimilation, la personnalité politique et religieuse par l’intermédiaire des oulémas. Tous ces organisateurs ne faisaient pas intervenir un acteur décisif qui était le peuple algérien. Ce n’est pas par hasard qu’un an après, en 1937, Messali dénommait son nouveau parti, le Parti du peuple algérien», a indiqué l’auteur de La gangrène et l’oubli. Il a relevé que la question de la colonisation était toujours liée à la terre, à la dépossession foncière et au refoulement des populations hors de leurs territoires. D’où la phrase expressive de Messali Hadj.

«En prenant une poignée de terre dans sa main, Messali voulait dire : nous nous séparons. Cette réappropriation de la terre a résonné dans les imaginaires. Cela a permis à Messali d’être connu immédiatement du grand public», a noté l’historien. Allant dans le sens de Djanina Messali Benkelfat, Benjamin Stora a souligné que le nom du fondateur du MNA a été effacé des manuels scolaires et de l’espace public algériens pendant vingt ans (entre 1962 et 1982). D’après lui, la mise au secret a également touché les adversaires de Messali eux-mêmes, lors de la Révolution et après.

A ses yeux, cela était symptomatique de l’effacement d’autres acteurs de la guerre de Libération nationale, comme Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella, Khider, «au nom d’un slogan : un seul héros, le peuple». Benjamin Stora a observé que durant la période de la mise au secret, le nom de Messali Hadj était toujours présent au sein de la société et dans les travaux universitaires. «A son enterrement à Tlemcen en 1974, des milliers de personnes étaient sorties dans la rue. Donc, l’effacement institutionnel ne correspondait pas au mouvement de la société algérienne. En privé, d’anciens militants du FLN m’ont confié leurs regrets, disant que Messali Hadj était un personnage gigantesque et considérable», a-t-il souligné.

Il n’a pas manqué de remarquer que le retour sur la scène publique de Messali Hadj a été accompagné également par celui de Ferhat Abbas, autre figure emblématique du nationalisme algérien bannie et méprisée.

 

El Watan, 19 septembre 2011

 

http://www.elwatan.com/actualite/la-societe-algerienne-a-ete-privee-de-son-histoire-19-09-2011-140299_109.php

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:23

Pour l’historien Mohamed Harbi, Messali Hadj n’avait jamais exclu le recours à la lutte armée contre le colonialisme français, alors que Mohamed Boudiaf avait pensé, à tort, que le fondateur du Mouvement national algérien (MNA) était hostile à «la révolution».

Tlemcen
De notre envoyé spécial


Cette terre n’est pas à vendre.» La phrase prononcée par Messali Hadj, fondateur du Parti du peuple algérien (PPA), le 2 août 1936 lors de la célèbre intervention du stade municipal d’Alger, est le thème choisi pour le colloque international sur le père du nationalisme algérien organisé depuis hier à l’auditorium de l’université Aboubakr Belkaïd de Tlemcen. Un colloque préparé par l’Association des anciens élèves du collège de Slane, du lycée et des médersas de Tlemcen (Ecolymet) en collaboration avec le laboratoire de recherche et d’études civilisationnelles de l’université de Tlemcen.

«L’un des objectifs de l’association est la préservation de notre mémoire collective. Nous sommes fiers de projeter dans le temps notre valeureux passé pour l’émancipation les générations actuelles et futures (…) Messali Hadj a œuvré toute sa vie pour que l’Algérie soit libre et recouvre son indépendance totale. Ce colloque doit être abordé avec une approche scientifique, universitaire et de concertation», a d’emblée précisé Boumediène Benyoucef, président d’Ecolymet, lors de la cérémonie d’ouverture. Il a lu une lettre envoyée par Djamel Ould Abbès, ministre de la Santé, qui n’a pu répondre à l’invitation qui lui a été adressée.

Pour Djamel Ouled Abbès, l’Etoile nord-africaine (ENA), le PPA et l’Organisation spéciale (OS, bras armé du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratique, MTLD) étaient des «structures révolutionnaires» créées par «le leader incontesté» du nationalisme algérien, Messali Hadj. Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur, ancien du MALG, a, lui, délégué Mme Yellès, directrice centrale de son département, pour le représenter au colloque. Mme Yellès a estimé que la manifestation s’inscrit dans une logique «de devoir de mémoire» à l’égard du «monument du nationalisme», Messali Hadj. Hadjiat Abdelhamid, enseignant à l’université de Tlemcen, a indiqué qu’une équipe de chercheurs est désignée depuis quelques années pour étudier l’évolution du mouvement nationaliste en Algérie. «Une étude qui se base sur ce qui peut être trouvé comme documents et témoignages», a-t-il souligné.

«Cette terre n’est pas à vendre, n’est pas un slogan publicitaire. C’est le cri d’un homme indigné. Messali Hadj venait de traverser la Méditerranée pour dire non au rattachement de l’Algérie à la France. C’était hier matin, il y a 75 ans. Ce geste symbolique fort a embrasé le patriotisme de tout un peuple. Il a ouvert la voie à l’indépendance du pays et a fissuré les fondations de l’empire colonial», a déclaré Djanina Messali Benkelfat, fille de Messali Hadj.

Elle a regretté l’évacuation de l’histoire algérienne de la date du 2 août 1936. «Date méconnue d’au moins trois générations, jamais commémorée, elle demeure un repère fondateur et essentiel de la mémoire collective», a-t-elle appuyé.
Elle a rendu hommage à certains compagnons de son père qui avaient contribué à l’organisation de l’Etoile nord-africaine après le discours d’Alger : Mohamed Guenanèche, Boumediène Mâarouf, Mohamed Memchaoui, Mustapha Berezzoug et Abdelkrim Benosmane. «Messali Hadj avait prononcé le mot magique ‘‘indépendance’’ au moment où d’autres en étaient à l’assimilation et à la reconnaissance de la citoyenneté au rabais», a observé Abdellah Bendi, universitaire, qui a modéré les débats de la matinée.

L’historien Mohamed Harbi, lors de la première intervention, s’est intéressé au rapport de Messali Hadj avec l’intelligentsia algérienne et aux origines directes de l’insurrection en Algérie. «Avant la conquête coloniale, la société algérienne était de type inégalitaire, hiérarchisée, préférentialiste. Il y avait dans cette société le berger dirigeant (rouâat) et le troupeau où il y avait ‘‘el âama’’ et ‘‘el khassa’’. Lorsque Messali Hadj est entré en politique, ce vocabulaire était celui de la majorité des Algériens. Lui-même, de par ses origines sociales et son expérience politique, était considéré comme un homme du peuple. Il appartenait à el âama (le commun des gens, ndlr). C’est de cette manière qu’il était perçu par l’intelligentsia algérienne», a-t-il expliqué.

Cette intelligentsia considérait, d’après lui, que la chose politique était une matière qui revenait aux gens instruits et à des spécialistes. «Il fallait mener un combat sur deux fronts, s’imposer à la France comme interlocuteur et s’imposer à l’élite de son peuple. On peut dire que pour le discours de 1936, le peuple était présent pour la première fois à une tribune. Une tribune où figurait toute l’intelligentsia de l’époque composée des élus, des responsables du parti communiste et des oulémas. Les oulémas étaient parmi les premiers à définir la nation. On se souvient de l’ouvrage de Tewfik El Madani, Kitab El Djazaïr, paru en 1930. Ce sont eux qui vont faire du mot ‘‘chaâb’’ (peuple), un mot d’ordre qui va se nationaliser», a expliqué Mohamed Harbi.

Le culte des valeurs

L’auteur de Aux origines du FLN a estimé qu’il fallait en finir avec «les mentalités anciennes», celles qui excluaient une partie du peuple de la participation politique. Les différends à l’intérieur du parti de Messali Hadj étaient nés du fait qu’un courant voulait s’appuyer sur la population pour mener le combat politique et que l’autre estimait qu’il fallait compter sur les appareils. «D’après des témoignages que j’ai recueillis, des gens étaient venus au PPA pour le changer dans le sens de leurs idées propres. Ils allaient se heurter aux entrepreneurs de la mobilisation. D’où la crise du PPA-MTLD», a-t-il noté. Il a relevé que le PPA-MTLD s’était organisé autour de la personnalité charismatique de Messali Hadj auquel chacun s’identifiait.

Ceci était le propre des «sociétés religieuses» et pas des «sociétés industrielles». «Loin d’être le dictateur, le personnage de Messali incarnait la cause. Il se présentait comme un simple médiateur. Le militantisme était devenu une imitation de ce personnage. Dans l’ancienne littérature, on parle toujours de retour aux sources. C’est une logique de type religieux. C’est donc le retour à quelque chose qui a été abandonné. C’est ce qui fait la violence de toutes les crises qu’a connues l’Algérie avant 1954», a expliqué Mohamed Harbi.
Pour lui, le PPA-MTLD n’était pas un parti religieux, mais un parti politique qui avait les traits d’un mouvement religieux avec un certain messianisme.

«Le culte du leader est en fait le culte aux valeurs dont cet homme est le représentant et pas à l’individu lui-même. Et le caractère du mouvement religieux fait que quiconque ne se rallie pas à ce personnage est considéré comme un déviant ou un traître», a-t-il relevé. Il a estimé que le PPA-MTLD ne prendra une allure nationale qu’à partir du début des années 1940.
Un parti qui devait militer tant pour être reconnu légalement que pour garder un appareil clandestin. «Le recours aux armes n’a jamais été exclu. Messali en avait toujours parlé. Lorsque les oulémas avaient été interdits de prêcher dans les mosquées, il avait dit que nous devons défendre la liberté de prêche les armes à la main», a relevé l’historien.

Après la création de l’OS, et les arrestations qui avaient suivi, Messali avait estimé que l’option de lutte armée devait être revue. «Il était envisagé d’envoyer des contingents d’Algériens faire leur apprentissage dans les académies militaires arabes. L’attitude de Messali était donc différente de celle des hommes du Comité révolutionnaire d’unité et d’action, (CRUA, ndlr), les fondateurs du FLN», a-t-il relevé.

Citant un document, Mohamed Harbi a révélé que Mohamed Boudiaf avait confié aux cofondateurs du Parti de la révolution socialiste fondé en 1962 (PRS) qu’il avait lui-même «retourné» Boussouf, Ben M’hidi, Bentobal et Zighout, lesquels étaient tous favorables à Messali Hadj. «Il leur avait dit que Messali ne voulait pas de la révolution. Boudiaf avait considéré que l’éclatement de l’OS était un reniement de la part de Messali. Boudiaf voulait une fixation claire de la date de l’insurrection», a-t-il précisé.

Une pensée actuelle

Aïssa Kadri, sociologue et responsable du Master Méditerranée/monde maghrébin à l’université Paris 8, a estimé que la pensée et l’action de Messali Hadj sont toujours d’actualité.
«Dans le contexte de la crise algérienne qui dure depuis l’indépendance nationale, ce que pourrait nous apprendre un retour sur le combat de Messali Hadj est le primat de l’action politique sur l’usage actif de la violence. De fait, la violence armée inscrite dans le cours de la remise en cause de la dominance de l’oppression colonialiste a secondarisé et dissous l’action politique dans ce qu’elle pouvait poser comme question de fond sur le devenir de la formation sociale algérienne», a-t-il analysé.

Selon lui, la crise de ces dernières années témoigne de la faillite du politique en Algérie.
L’alternative messaliste de construction nationale est, d’après Aïssa Kadri, toujours d’actualité. «Il s’agit des prérequis d’une Assemblée constituante souveraine élue au suffrage universel sans distinction de race et de religion, des élections libres, une réalisation d’une République sociale et démocratique», a-t-il noté.

Il rappelé la proposition de Messali Hadj d’une table ronde pour trouver une solution démocratique à la sortie de guerre. Aïssa Kadri est revenu ensuite sur le rapport entre la gauche française et le messalisme.
Il a estimé que les syndicats d’éducation français étaient les plus engagés dans le soutien à la démarche de Messali Hadj. Aïssa Kadri a rappelé que Messali Hadj, qui s’était inspiré du modèle d’organisation du Parti communiste français (PCF) pour fonder l’ENA, avait rompu avec ce parti en raison de son soutien à «une autonomie dans les colonies avec un Parlement pour les indigènes» alors que lui était pour l’indépendance.

Il a évoqué la participation des militantes de l’ENA aux manifestations antifascistes à Alger en 1934. «L’arrivée du Front populaire au pouvoir en France débouche sur la dissolution de l’ENA en 1937 et marque durablement la rupture avec la gauche et avec le PCF qui avait une responsabilité dans la répression à l’égard des nationalistes. A l’annonce de la création du PPA, l’Humanité (organe du PCF, ndlr) a mené une campagne violenté. A cette date, Messali Hadj rencontrait la gauche non conventionnelle», a-t-il souligné.
Les libertistes de la SFIO et les dissidents trotskistes du PCF avaient soutenu l’action des Messalistes et l’ENA.


Leila Benkelfat, petite fille de Messali Hadj : Réquisitoire contre l’amnésie collective

 

Petite-fille de Messali Hadj, Leïla Benkelfat est doctorante en histoire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle prépare une thèse sur l’internationalisation de la question algérienne dans les grandes instances internationales de 1927 à 1962. Ce thème a été choisi pour son intervention hier au colloque consacré à son grand-père. «Je suis émue d’être présente ici.

Dans ce contexte d’amnésie collective organisée depuis plus de cinquante ans, je suis interpellée par la clairvoyance, la force et les qualités de quelques citoyens courageux. Cette initiative est la résultante d’une poussée du tréfonds de la société algérienne. Elle contribuera sans aucun doute à ce que le peuple algérien se réapproprie une partie de sa mémoire collective», a-t-elle déclaré.

Elle a repris une chronique de Kamel Daoud, intitulé «Les mains sales de la nation» dans laquelle notre confrère du Quotidien d’Oran dénonçait le silence entretenu autour du combat de Messali Hadj. «Si l’histoire de ce pays est souvent sans intérêt autre que cérémoniel pour les jeunes générations, c’est que cette histoire ressemble toujours et encore à un vieux livre dont la première moitié est introuvable. On a beau s’accrocher à sa trame, on ne comprend pas d’où viennent les personnages, comment ils sont liés à leur destin et qui les a enfantés une seconde…», avait écrit Kamel Daoud.

 

El Watan, 18 septembre 2011

 

http://www.elwatan.com/actualite/colloque-internationale-sur-messali-hadj-a-tlemcen-cette-terre-n-est-pas-a-vendre-18-09-2011-140203_109.php

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 16:59

Djanina Benkalfat Messali. Fille de Messali Hadj

 

Elle sera présidente d’honneur du colloque international sur Messali Hadj, son père, qui se tiendra les 17 et 18 septembre à l’auditorium de la faculté de médecine de Tlemcen. Pour Djanina Benkalfat Messali, la reconnaissance du fondateur du PPA ne suffit pas. Elle demande à ce que la société se rapproprie son histoire.

-L’aéroport de Tlemcen porte désormais le nom de votre père, les rencontres pour parler de lui sont autorisées.Vous-même avez été invitée aux côtés du président Bouteflika en avril dernier pour visiter Tlemcen… Que vous inspire cette réhabilitation de Messali Hadj ?

«Réhabilitation» ? Ce mot me contrarie. Nous ne sommes pas en train de parler d’une fâcherie ni d’un problème à arranger avec des reconnaissances. Il s’agit d’un problème de politique, d’histoire qui a été camouflée. Aujourd’hui, je pense qu’il est grand temps que la société se rapproprie son histoire avant de passer à des réformes fondamentales, comme je l’apprends dans la presse depuis mon arrivée ici. Il est fondamental que cette société se rapproprie son histoire. Il faut devenir sérieux et parler de choses vraies. Ma foi, les confrontations sont toujours enrichissantes…

-On sent toujours une amertume dans vos propos. Comment avez-vous vécu ces longues années de marginalisation ? Comment ressentiez-vous cette mise à l’écart de la famille Messali, de ses militants ?

Nous n’avons pas été uniquement marginalisés ! Des générations entières de militants, des familles de nationalistes ont été mises au ban de la société. Leur engagement pionnier n’a jamais été reconnu et ils ont été accusés de toutes les trahisons. Si nous n’avions été que marginalisés, minoritaires dans la classe politique, cela n’aurait pas été grave. Ceci étant dit, il n’y a jamais eu de démocratie politique. Nous attendons tous les réformes avec beaucoup d’espoir. Nous aspirons tous à une société où les citoyens vivent en harmonie, avec un respect mutuel. Donc, il ne s’agit pas seulement de réinsérer Messali Hadj, le symbole. Tous les gens qui se sont engagés derrière lui doivent être reconnus. Il faut aussi savoir comment et pourquoi le 1er Novembre 1954 a eu lieu. Sortir ce qui est caché dans les placards. Qu’on dise aux Algériens pourquoi il y a eu 10 000 morts parmi les militants du PPA ? C’est une question politique qu’il faut débattre et personne ne nous a expliqué cela…

-A qui faites-vous allusion ?

Je ne fais allusion à personne. Je parle, entre autres, de ce que, vous, vous appelez la classe politique, et qui, à mes yeux, n’existe pas. A quelques exceptions près… J’ai beaucoup d’estime pour Louisa Hanoune, une femme de talent. Je ne suis pas toujours d’accord avec elle mais je l’apprécie. Quand il y a des femmes comme elles, il faut en parler.

-Des militants du Parti du peuple algérien (PPA) ont annoncé qu’ils allaient revenir à l’activité politique en déposant un dossier d’agrément. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est une bonne chose. Que représente le PPA ? L’âge d’or du nationalisme algérien, et ce n’est pas rien ! Je suis née avec et j’ai grandi dedans. Ce sigle a coûté beaucoup aux gens qui le défendaient. Ces trois lettres vous envoyaient en prison. C’est le sigle le plus glorieux de l’histoire de l’Algérie contemporaine. C’était synonyme d’indépendance ! Les nouveaux militants du PPA doivent entrer dans l’histoire avant de se positionner sur la place publique.

-Vous seriez donc prête à rejoindre ce parti qui renaît de ses cendres ?

Moi, je suis née dans ce parti, dans ses entrailles. Les gens dont vous parlez sont présomptueux : je n’ai pas de leçon à recevoir d’eux, je ne sais pas quel projet de société ils proposent. On n’est pas en 1937. Nous sommes en pleine mondialisation, Obama préside les Etats-Unis ! Qui aurait pensé au moment de la création du PPA qu’un Noir serait élu président des Etats-Unis ? Nous vivons dans un monde nouveau. Les valeurs du PPA restent importantes et nobles et elles appartiennent à tous les Algériens. C’est une affaire de vision, d’envergure. Qui aujourd’hui a une vision sur le Maghreb ? A ces gens, j’ai envie de dire : qu’ils laissent le PPA au peuple algérien. Et puis je ne veux pas qu’ils chaussent les chaussures de Messali. Elles sont trop grandes pour eux…

-La reconnaissance de votre père, vous la devez au président Bouteflika…

Je me pose la question… Doit-on la reconnaissance de mon père à l’intelligence et la clairvoyance d’un citoyen algérien qui est le président de la République ? Une chose est sûre, on ne la doit pas aux partis politiques qui n’ont jamais eu l’intention de revisiter l’histoire. Ni aux associations des droits de l’homme ? A mon avis, il y en a trop pour qu’elles soient honnêtes.

-Vous avez de l’espoir quant à l’avenir du pays ?

Beaucoup d’espoir dans ce pays de richesses, naturelles et humaines.

Le Parti du peuple algérien veut revenir sur la scène politique

 

Ali Agouni est l’un des proches compagnons de Messali Hadj et un des responsables importants du Parti du peuple algérien. A la veille de la tenue du colloque international sur le père du nationalisme algérien – rencontre à laquelle participeront déminents historiens, à l’image de Benjamin Stora, Mohamed Harbi – il a tenu à rappeler que les anciens dirigeants du PPA ont déposé leur dossier pour l’obtention de leur agrément. Ils entendent ainsi reprendre leur activité «à la faveur de la nouvelle loi sur les partis». Il souligne : «Nous avons lancé un appel au président de la République pour lui expliquer qu’un tel agrément nous permettrait de participer librement et légalement en Algérie à la vie politique et syndicale en défendant son programme.

Autrement dit, la fin du système, le libre exercice de toutes les libertés d’expression, la liberté syndicale, la parole au peuple et l’élection d’une assemblée constituante, la désignation d’un gouvernement responsable devant l’Assemblée constituante qui remettra l’Algérie dans la voie de la liberté d’expression dans la véritable justice et qui mettra fin à la corruption, la bureaucratie, la dilapidation des biens du peuple et la préparation des élections libres et transparentes au suffrage universel».

 

Bio express :

 

Née à Alger il y a 73 ans, Djanina Benkalfat Messali, fille d’Emilie Buscand, à qui revient l’honneur de la confection du premier drapeau algérien, a appris à marcher en prison, à Maison carrée (El Harrach, est d’Alger), quand elle rendait visite à son père en compagnie de sa mère. Elle part en France en 1952 après le kidnapping de son père à Chlef. Elle vit aujourd’hui à Montréal.

 

El Watan, 19 septembre 2011

 

http://www.elwatan.com/weekend/enaparte/les-chaussures-de-messali-sont-trop-grandes-pour-les-nouveaux-militants-du-ppa-16-09-2011-140001_180.php

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Published by Chahreddine Berriah - dans Algérie Histoire
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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 16:51

L’association des anciens élèves des medersas et lycée de Tlemcen, Ecolymet, organisera les 17 et 18 septembre un colloque international en hommage à Messali Hadj.
Des personnalités historiques venant de tous les horizons, des chercheurs en histoire contemporaine ainsi que des universitaires d’Algérie et de France sont attendus dans l’ex-capitale des Zianides. Les interventions se feront sous l’égide du laboratoire des études civilisationnelles de l’université Abou-Bakr-Belkaïd. Cette manifestation, qui intervient dans le cadre de «Tlemcen capitale de la culture islamique» aura certainement un grand écho d’autant plus que le slogan retenu n’est autre que cette déclaration du patriarche du PPA prononcée à Alger le 2 août 1936 : «Cette terre n’est pas à vendre.» Diverses communications sont attendues lors de ces deux journées. Le Dr Boudjelal Abdemadjid, de l’université de Tlemcen, évoquera la place de Messali Hadj dans le mouvement national et l’historien Benjamin Stora fera une intéressante intervention intitulée «Retour de mémoires autour de Messali Hadj.» La présidente d’honneur n’est autre que Mme Djamila Benkalfat, la fille de Messali, qui animera une conférence sur «la genèse de l’insertion de Messali Hadj dans le processus historique ou la réécriture de l’histoire d’Algérie». On peut comprendre que ce colloque soit un message à ceux qui ont oublié d’inscrire la personnalité de Messali dans le cadre de la manifestation qui tire à sa fin «Tlemcen, capitale de la culture islamique». Les 35 films et documents programmés durant l’année 2011 ont évoqué les personnalités historiques de la wilaya de Tlemcen, sauf Messali. Réhabilité officiellement par le président de la République, Messali Hadj a été carrément oublié.

Le Soir d'Algérie, 15 septembre 2011

 

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/09/15/article.php?sid=122951&cid=2

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 23:09

TLEMCEN - Un colloque international en hommage à Messali Hadj sera organisé les 17 et 18 septembre à Tlemcen, à l’initiative de l’Association des anciens élèves des medersas et lycées de Tlemcen (ECOLYMET), a-t-on appris des organisateurs.

Plusieurs chercheurs en histoire contemporaine, enseignants universitaires d’Algérie et de France, et spécialistes du parcours politique et militant de Messali Hadj sont attendus à cette rencontre initiée par le Laboratoire des études civilisationnelles de l’université "Abou Bekr Belkaïd" de Tlemcen, a-t-on précisé.

Ce colloque placé sous le slogan de la célèbre déclaration de Messali Hadj "Cette terre n’est pas à vendre", coïncide avec la commémoration du 75ème anniversaire de son discours historique prononcé le 2 août 1936 à Alger.

Messali Hadj déclarait alors que "cette terre bénie qui est la nôtre, cette terre de baraka, n’est pas à vendre, ni à hypothéquer. Cette terre a ses enfants et ses héritiers, ils sont là vivants et ne veulent la donner à personne".

Plusieurs communications sont programmées pour cette rencontre, telles celles proposées par le Dr Boudjelal Abdelmadjid de l’université de Tlemcen sur "La place de Messali Hadj dans le Mouvement national", et de l’historien Benjamin Stora (France) intitulée "Retours de mémoires autour de Messali Hadj".

La présidente d’honneur du colloque, Mme Djanina Messali Benkelfat, la fille de Messali Hadj animera une conférence sur "La genèse de l’insertion de Messali Hadj dans le processus historique ou la réécriture de l’histoire de l’Algérie".

 

APS, 12 septembre 2011

 

http://www.aps.dz/Prochain-colloque-international-en.html

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 12:18

 

Un hommage à une figure charismatique

 

Pour honorer la mémoire de cette figure emblématique du nationalisme algérien, un colloque se tiendra les 17 et 18 septembre en cours à l'auditorium de l'université Aboubakr-Belkaïd de Tlemcen.

Personnage charismatique et historique, Messali Hadj continue de susciter un intérêt grandissant chez les historiens de tous bords.
L'homme a marqué l'histoire de notre pays avec des traces indélébiles. C'est pour revisiter justement son parcours et ses positions qu'un colloque international aura lieu en hommage à cette figure emblématique du nationalisme algérien les 17 et 18 septembre en cours à l'auditorium de l'université Aboubakr Belkaïd de l'université de Tlemcen.
L'événement est organisé par l'association Ecolymet et le Laboratoire de recherche Etudes civilisationnelles.
L'homme qui a déclaré au sujet de sa patrie l'Algérie que «cette terre n'est pas à vendre» sera donc au centre des débats. Ce sont des conférenciers de renom qui animeront ces journées à l'image du spécialiste de l'Histoire de l'Algérie et du Maghreb Benjamin Stora. Ce dernier animera une communication intitulée: «Les retours de mémoires autour de Messali Hadj». On retrouvera aussi le romancier Anouar Benmalek, auteur des Amants désunis, mais cette fois-ci dans la posture d'historien puisqu'il développera le thème de la culture de l'oubli en Algérie: «Crimes sans châtiments, victimes sans droits à la compassion.»
Par ailleurs, le colloque sera l'occasion pour Slimane Benaïssa d'apporter un regard de dramaturge sur Messali Hadj. Pour rappel, c'est le comédien Slimane Benaissa qui a campé le rôle très difficile à interpréter de Messali Hadj dans le feuilleton Mustapha Ben Boulaïd, réalisé par Ahmed Rachedi et diffusé par la télévision algérienne durant le mois de Ramadhan 2010.
La première conférence du colloque sera donnée par Mohamed Harbi, auteur de plusieurs livres sur l'histoire de la guerre de Libération nationale. Elle portera sur la notion de peuple dans le messalisme. Plusieurs autres questions seront décortiquées lors de cette rencontre scientifique, à laquelle les organisateurs ont réussi à convier d'éminents spécialistes en histoire à l'instar de Omar Carlier qui parlera de Messali Hadj et les figures du leadership charismatique au Maghreb. Le voyage de Messali Hadj dans le Constantinois au printemps 1952, le militant anticolonialiste et la réalité coloniale, l'internationalisation de la question algérienne dans les grandes instances internationales de 1927 à 1962, Messali et la justice répressive française, sont entre autres autant de thèmes qui seront passés au crible par les invités du colloque. Ce dernier sera à la fois une rencontre scientifique mais aussi un hommage à Messali Hadj qui a dit dans l'un de ses discours: «Ma mère est ma naissance, la France est ma souffrance» ou encore: «Si j'étais un professeur et que j'avais pour élève le peuple algérien, je lui apprendrais à conjuguer le verbe s'organiser à tous les temps et à tous les modes.»
L'organisation de ce colloque coïncidera avec la célébration du soixante-quinzième anniversaire de l'historique discours que Messali Hadj a prononcé au Stade municipal d'Alger et ce, le 2 août 1936. L'homme historique y déclarait entre autres: «Cette terre bénie qui est la nôtre, cette terre de la baraka, n'est pas à vendre, ni à marchander, ni à rattacher à personne.
Cette terre a ses enfants, ses héritiers, ils sont là vivants et ne veulent la donner à personne. C'est précisément pour cela que je suis venu assister à ce meeting au nom de l'ENA, notre parti, votre parti qui est lui pour l'indépendance de l'Algérie. Cela doit être clair et net et nous repoussons dans ce domaine toute transaction et tout marchandage».
Les organisateurs soulignent au sujet de cette manifestation culturelle: «Notre devoir est de restituer et de préserver notre mémoire collective, c'est aussi le droit de notre jeunesse de connaître l'Histoire de sa nation».

 

L'Expression, 12 septembre 2011

 

http://www.lexpressiondz.com/culture/138739-un-hommage-a-une-figure-charismatique.html

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 01:05

 

بمشاركة بنيامين ستورا ومحمد حربي

 

تحتضن جامعة تلمسان، يومي 17 و18 سبتمبر الجاري، ملتقى دوليا حول زعيم الحركة الوطنية، مصالي الحاج، تحت شعار ''مصالي الحاج رمز الحركة الوطنية الجزائرية''، وذلك تزامنا
مع الذكرى الـ75 لخطابه التاريخي بالملعب البلدي بالعاصمة، العام 1936،
الذي طالب فيه، للمرّة الأولى، باستقلال الجزائر.
يشارك في الملتقى، الذي تنظّمه جمعية ''إيكوليمات'' ومخبر الدراسات الحضارية بتلمسان، نخبة من المؤرّخين والباحثين في الحركة الوطنية، أبرزهم المؤرّخ محمّد حربي الذي يحاضر حول ''مفهوم الأمة في المصالية''، والمؤرّخ الفرنسي بنيامين ستورا، الذي يلقي الضوء على ''عودة الذاكرة حول مصالي الحاج''.
ويلقي البروفيسور أحمد تونقي محاضرة بعنوان ''شخصية مصالي الحاج وبعدها في العالم الإسلامي''، بينما يتقصّى الدكتور شايب مقنونيف ''موقف مصالي الحاج من الفكرة الاندماجية''. ويعود الأستاذ رابح بلعيد إلى ''الصراع بين مصالي الحاج والمركزيين''، أما الدكتور عبد المجيد بوجلة فسيبرز ''مكانة مصالي الحاج في الحركة الوطنية''، فيما يخصّص البروفيسور عيسى قادري محاضرته لموضوع ''اليسار الفرنسي والمصالية''.
وأوضح رئيس جمعية ''إيكوليمات''، الحاج بوطالب، في تصريح لـ''الخبر''، بأن الغاية من الملتقى هي تسليط الضوء على جوانب من نضال مصالي الحاج، وهو ما يتناغم، حسب قوله، مع أهم أهداف الجمعية، المتمّثل في ''محاربة ثقافة النسيان''. وشدّد المتحدّث على الطابع العلمي والأكاديمي للملتقى، من خلال ''التحليلات والمناقشات العلمية والبعيدة عن العاطفة''. مردفا: ''سيكون الباب مفتوحا لجميع الآراء، إيجابية كانت أم سلبية''. كما أبدى أسفه لعدم إدراج الملتقى ضمن فعاليات تظاهرة ''تلمسان عاصمة للثقافة الإسلامية .''2011

 

 

El Khabar, 08-09-2011

 

http://www.elkhabar.com/ar/culture/264334.html

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 00:50

 

UN COLLOQUE INTERNATIONAL LUI SERA CONSACRÉ LES 17 ET 18 SEPTEMBRE 2011 À TLEMCEN

 

Plusieurs intervenants animeront, deux jours durant, des conférences autour de la personnalité et du parcours de cette grande figure de la révolution algérienne.

Le 02 août 1936, Messali Hadj, celui qu’on appelait le père du nationalisme algérien, avait prononcé un discours historique dans lequel il prônait l’indépendance de l’Algérie :
“Cette terre bénie qui est la nôtre, cette terre de baraka, n’est pas à vendre, ni à marchander, ni à rattacher à personne. Cette terre a ses enfants, ses héritiers, ils sont là vivants et ne veulent la donner à personne. (…)” Soixante-quinze ans après, l’histoire se rappelle encore ce fameux laïus tranchant, sans équivoque sur le sort de l’Algérie. A cet effet, l’association Ecolymet de Tlemcen, en collaboration avec le Laboratoire de recherches études civilisation, organise – pour commémorer cet événement –un colloque international portant le thème de : “Messali Hadj : cette terre n’est pas à vendre”. Il se déroulera les 17 et 18 septembre 2011 au niveau de l’auditorium de l’université Aboubekr-Belkaïd, pôle centre-ville, Tlemcen.
L’objectif de ce colloque est le travail de mémoire. “Certes, notre devoir est de restituer et de préserver notre mémoire collective, c’est aussi le droit de notre jeunesse de connaître l’histoire de sa nation”, est-il mentionné dans la documentation des organisateurs. En cette occasion, la présidence d’honneur est revenue à Mme Djanina Messali Benkelfat, fille de cette grande figure emblématique de la révolution algérienne.
Le programme de ce colloque international se veut riche et étoffé. Plusieurs conférences et autres interventions sont prévues tout au long de ces deux journées afin de lever le voile sur le côté nationaliste de Messali Hadj d’une part. D’autre part, les différents intervenants aborderont également le parcours de cet homme. À ce titre, l’historien algérien Mohamed Harbi abordera “la notion de peuple dans le messalisme”, alors que son homologue français, Benjamin Stora, s’intéressera aux “retours de mémoire autour de Messali Hadj”. Le professeur Aïssa Kadri et Fouad Soufi reviendront sur son parcours politique et militant, à travers des interventions. La première portera sur “la gauche française et le messalisme” et la seconde “Messali Hadj : le militant anticolonialiste et la réalité coloniale 1935-1937”. Sur le plan culturel, l’auteur Anouar Benmalek et le dramaturge Ahmed Benaïssa interviendront sur deux volets bien distincts. “De la culture de l’oubli en Algérie : crimes sans châtiment, victimes sans droit de la compassion”, pour le premier ; “Un regard dramaturgique sur Messali Hadj”, pour le second. Pour la première journée, à savoir le 17 septembre prochain, une soirée musicale est prévue, animée par l’association Slam.
Pour rappel, Messali Hadj, de son vrai nom Ahmed Mesli, est né à Tlemcen (à l’Ouest de l’Algérie) le 16 mai 1898 et mort à Gouvieux, dans l’Oise (France), le 3 juin 1974. Homme politique, il réclame, dès 1927, l'indépendance de l'Algérie. Il est, en autres, le fondateur du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), Parti du peuple algérien (PPA), et du Mouvement national algérien (MNA). Par ailleurs, le parcours politique et l'apport de Messali Hadj dans l'accession de l'Algérie à l'indépendance sera longtemps occulté par ses opposants. Il a même été accusé “d’être un traître à la cause qu’il prétendait défendre”. Depuis sa mort, ce n’est que récemment qu’il a été réhabilité.


Liberté, 8 septembre 2011

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=162271&titre=Messali%20Hadj%20au%20c%C5%93ur%20des%20d%C3%A9bats

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