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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 10:10

Le cimetière Sidi Senouci de Tlemcen était, hier matin, investi par une foule de militants, de sympathisants et d'anonymes venus des quatre coins du pays à l'occasion du 37e anniversaire de la mort de Messali Hadj. Les présents ont répondu à l'appel des Amis du PPA. Une ambiance de pèlerinage régnait au sein de ce site funéraire. Le drapeau algérien, ouvrage de Emile Busquant, la femme de Messali, était brandi tel un étendard, à cette occasion. Après la lecture de la Fatiha, une oraison funèbre commémorative fut prononcée par un jeune militant de Ksar Chellala. Hormis des représentants du PT ainsi que le Dr Abdelouahab Baghli, ex-député du FLN, aucun parti ni autorité n'était présent à cette cérémonie.

Des «tracts» ont été distribués aux présents. En l'occurrence, la copie d'une correspondance émanant de «La jeunesse de Beni Oulmane», reçue par le SG de la Présidence de la République le 01/06/2011 (cachet faisant foi), demandant une enquête sur les massacres de Melouza (28 mai 1957) qui ont fait 375 victimes. Un autre document déplore l'exclusion des militants du PPA des consultations menées par la commission Bensalah. Un autre contenant un extrait d'un des discours de Messali Hadj. «Pour que nul n'oublie» est un autre «tract» portant Appel du 12 novembre 1936 de Messali Hadj à la généreuse nation algérienne illustré de 7 devises: Allah est notre maître, Muhammed (QSSL) est notre Prophète, l'Islam est notre religion, le Saint Coran est notre loi, la langue arabe est notre langue, l'Algérie est notre force, l'union fait notre force et l'indépendance est notre but… La veille, Hadj Omar Lachachi n'a pas failli à la tradition en offrant chez lui, à l'allée des Marronniers (El-Hartoun), l'hospitalité aux militants et sympathisants du PPA (une centaine) «extra muros» (48 wilayas). Le Pr Ahmed Touaguine, professeur de philosophie, originaire de Tindouf, avait présenté avec une grande éloquence un exposé intitulé «La dimension islamique dans la personnalité de Messali Hadj». A noter que la demande d'autorisation d'une salle en vue d'une conférence n'a pas eu de suite de la part de la DRAG, selon les organisateurs. Une « restriction » qui devait être contournée à la faveur du déjeuner offert à la salle Bouali de Mansourah. Par ailleurs, la création d'une association nationale ou d'une fondation éponyme avec comme support «Facebook» est dans le vent, si l'on en croit ces derniers….

 

"Le Quotidien d'Oran", 4 juin 2011

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5153934

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Published by Allal Bekaï - dans Algérie Histoire
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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 11:10

Le 6 juin 1974, le père du nationalisme algérien, rentre au bercail dans un cercueil. Il décède quatre jours (le 3 juin) auparavant à Gouvieux, dans l'Oise, département du Nord de la France métropolitaine. Dans ses bagages contrôlés aux frontières de la mémoire, des souvenirs en bribes et des interrogations parsemant ses dépouilles.

Ceux qui l'attendaient au seuil de l'aéroport, pétrifiés de ce retour solennel et amnésique, d'un proscrit au destin immortel s'indignaient. Nul révolutionnaire sur cette terre béni, mort ou vivant, ne pouvait dès lors prétendre lui ravir une notoriété prescrite par Dieu et étouffée par les gueux, même dans un linceul.

Messali Hadj n'a jamais été traitre. La traitrise est la vertu des perfides. Elle s'oppose à la morale et aux principes de loyauté à soi, à la nation, au peuple et à tous les sacrifices consentis pour que la liberté de l'Algérie ne soit pas vaine. C'est ce qui fut mené durement, inlassablement et sans interruption par ce monument. L'homme qui consacra sa vie, son œuvre, son temps, ses désirs et ses espérances pour un unique et ultime but : « la libération de l'Algérie ». Cette terre des ancêtres, qui n'était ni à vendre à hypothéquer, avait-il déclaré en 1936 au stade de Belkourt. Cette entorse à l'histoire est un blasphème que nous continuons à payer le prix chèrement aujourd'hui. Ceux qui se sont accaparés la révolution n'en n'on absolument rien fait que de la réduire à sa plus basse échelle.

Nul n'est prophète chez soi. Cependant, il serait trop léger de faire montre d'insolence outrageante en minimisant jusqu'à l'heure, l'œuvre et la vie de ce géant de la mémoire qui dès son jeune âge s'est épris d'un attachement indéniable à sa terre, sa patrie. Il l'a découvre progressivement en s'attachant aux principes fondateurs, d'abord de la commune de Paris, d'où émergea le slogan républicain de la France,« Liberté, fraternité et égalité », plus tard pervertie. Il a toujours cru en la puissance des peuples. Seules sources révolutionnaires capables de briser les chaines de l'ignominie, de l‘ignorance et des inégalités.

Pour briser les barrières dressées par le colonialisme contre les héritiers légaux de cette noble terre, il prendra son bâton de pèlerin et commencera une longue marche. A l'aube de chaque événement, il semait des graines de consciences, réveillant les esprits endormis de nos indigènes encore incertains. Il inscrit à l'encre indélébile, l'histoire du mouvement national. Avec des amis, nourris d'une identité aux racines arabo-musulmane, ils créèrent l'Etoile Nord Africaine, en 1927, espérant unir les forces nord africaines contre l'envahisseur.

Avec Hadj Ali Abdelkader et d'autres compatriotes, Messali Hadj dressera la base d'un programme, bien que plus étendu, se résumant à :

1) L'indépendance totale des trois pays d'Afrique du Nord «Algérie, Tunisie et Maroc»

2) L'unité du Maghreb

3) La terre aux fellahs

4) Création d'une assemblée constituante au suffrage universel

5) La remise en toute priorité à l'Etat des banques, des mines, des chemins de fer, des ports et de tous les services publics que détenaient la France.

Le 10 février de la même année, lors du congrès anticolonial de Bruxelles, il n'hésitera pas à s'indigner dans un discours qu'il prononcera contre le code de l'indigénat et revendiquer haut et fort son attachement à l'indépendance. Fidèle à ses principes de bases, il exposera son programme et résumera ses propos par : « le peuple algérien qui est sous la domination française depuis un siècle n'a plus rien à attendre de la bonne volonté de l'impérialisme français pour améliorer notre sort. » Rien que cela pensaient les détenteurs du pouvoir colonial. Et pourquoi pas les portes de la présidence. L'ENA, fut une prospective qui trainera encore ses pas sans pour autant trouver d'issue favorable depuis sa naissance. L'UMA est dans le comma…

La puissance des méthodes de division coloniale des peuples a eu raison de cette première tentative. La lutte du grand Maghreb n'a pas pu se faire. Infatigable et résistant, Messali Hadj ouvre une autre brèche beaucoup plus porteuse. Il unit le peuple autour d'un programme et d'une revendication. Ni le manifeste du jeune algérien, ni les idées assimilationnistes de Ferhat Abbas et encore moins les lamentations des oulémas ne sont venues triompher sur l'acuité et l'intelligence de cet homme incomparable. Au moment ou ils versaient dans le chapitre des quémandes de droits et places au soleil sous l'emprise coloniale, Messali égale à lui-même, attaché aux sources de l'islam et de l'arabité, réclamait toujours et encore la liberté de ce peuple et sa terre.

Dés le 11 mars 1937, date à laquelle certains dirigeants actuels, qui continuent à s'accaparer abusivement le pouvoir du peuple martyr depuis l'indépendance, n'étaient même pas des projets de procréation dans l'esprit de leurs pères, Messali défiait l'autorité coloniale et érigeait son premier espace de revendication, un parti politique digne de ce nom, le Parti du Peuple Algérien (PPA). Le parti qui lui vaudra, la clandestinité et l'emprisonnement à vie. Pas d'assimilation, ni intégration, seul but ultime est l'indépendance. Il fut interdit en 1939 et donnera naissance au plus atroce des massacres qu'à connu l'Algérie depuis 1830. Le génocide de mai 1945. Des militants de grandes envergures furent jetés en prison, torturés, déportés et même coupés en milles morceaux. L'impunité était de mise, les militaires, les milices composées de colons, juifs et maltais, s'adonnaient joyeusement à cette chasse au facies.

En 1947, il fut libéré sous condition. Il récidive et met en place le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD), une manière de l'égaliser le PPA. Il faudrait rappeler que le PPA, avait refusé toute collaboration avec le régime de Vichy, bien qu'il soutienne « le manifeste du peuple algérien », qui avait été rejeté par De Gaule. Ferhat Abbas et ses compatriotes s'intégraient déjà dans la quatrième république, tout en s'appropriant sous couvert de l'Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA), des places à l'assemblée algérienne. Il remportera onze des treize sièges qu'offrait le pouvoir coloniale aux indigènes intégrés.

Fort de sa représentation populaire à la base, le MTLD, s'accapare à son tour d'une majorité des sièges aux élections municipales. Il devient dès lors la cible privilégiée des autorités coloniales. U n péril à éliminer. Et pour les éradiquer, elle avait recours à la fraude massive, aux emprisonnements et aux intimidations. Trente-six des 59 candidats du MTLD seront arrêtés. S'ouvre alors l'ère de l'organisation spéciale. Cet enfant chéri du PPA, fer de lance de la révolution. L'organisation prends de l'ampleur, elle dessinera progressivement ses plans d'attaques et de défense et se préparera au grand jour. Juste pour mémoire, en mars 1949, Hocine Aït Ahmed, membre de cette organisation secrète, organise le cambriolage de la poste d'Oran qui leur rapporte 3 070 000 francs. Cet argent sera le début du trésor de guerre du FLN.

L'usurpation de l'histoire

Des mémoires s'ouvrent aujourd'hui pour ramasser le reste des pièces manquantes de l'histoire d'une usurpation des rôles. De nouveaux témoignages attendus, attesteront progressivement du tort commis contre cet homme qui endurera plus de souffrances que celle supportées par Nelson Mandela. Inversement, si ce dernier été pénard dans sa cellule le long de deux décennies, Messali, subissait les coups et contrecoups de l'internement, la déportation, l'emprisonnement, l'humiliation, la séparation et pour finir l'exil, la proscription, et le manque de reconnaissance émanant amèrement de sa propre fief.

Il serait prétentieux de pouvoir résumer en quelques lignes toute la grandeur du combat libérateur. Réécrire l'histoire entière de ce pays en berne, sous la lumière Divine, nécessiterait des tonnes et des tonnes de chiffres et de lettres, des heures de labeur mobilisant toute une armée de scribes. Il serait, par ailleurs, dommage et inopportun d'esquiver le poids et la mesure qui s'imposent à l'occasion. Avec une vie tourmentée et des œuvres incontestables, le père de l'ENA, du PPA, du drapeau algérien, du MTLD, de l'OS, du CRUA et du MNA, ne pèserait pas lourdement face à une seule et unique formation circonstancielle, le FLN, venant usurper la primauté de l'œuvre. Se serait une offense à la morale et à la vérité.

Pour reprendre l'expression de notre moudjahid, Arezki Basta, qu'il livrera prochainement dans un des ses témoignages, « la guerre de libération a été déclenchée en mars 1954, le jour du conflit entre Messali et les centralistes ». Messali a été le premier à défendre l'idée que couvait Larbi Ben M'Hidi : «mettez la Révolution dans la rue le peuple la portera». C'est ainsi que débuta la véritable histoire de la lutte de libération nationale, née par césarienne, d'un conflit entre le chef et ses dirigeants. Après le retrait inattendu de la Tunisie et le Maroc du combat maghrébin, en 1952, pour se consacrer chacun à son propre sort, (deux protectorats et une colonie), en résidence surveillée, Messali se voit refuser par les membres de son bureau l'idée d'une action directe.

Les réfractaires« centralistes », choyés par Jacques chevalier, abandonnèrent le parcours pour se consacrer aux bas intérêts primitifs de la vie. Après moult tentatives pour les convaincre à reprendre le chemin déjà parcouru, il sera contraint de livrera à la base, qui prendra position avec lui, le secret du conflit. D'ailleurs, le tract du patriote, rédigé par Boudiaf et Bittat témoigne de la déliquescence du revirement usurpateur des véritables rôles de chacun.

L'histoire, le vrai est en marche. Tel un tsunami dévastateur des usurpations, elle vient grâce à Dieu, balayer autour de nos portes cachères, celles de nos ennemis et des transfuges qui gangrènent l'idéal sacrifice pour lequel nous n'avons même pas eu droit de vivre plus longtemps avec nos pères, oncles, et aïeux. Ecouter leurs mémoires nous raconter leurs gloires. Ils n'avaient pas droit de cité. Des tombes oubliées et des martyrs vivants. Tel est le sort réservé par les arrivistes aux véritables hommes qui façonnèrent notre histoire. La vérité arrive….

Une révolution injuste

Les révolutions sont faites par les grands et n'en profitent qu'aux petits. Face à l'opulence des uns et l'outrecuidance des autres à user des biens du peuple comme en use de ses propres acquis, mal acquis, l'Algérie souffre aujourd'hui le martyr d'une spoliation de la mémoire et d'une confiscation de son histoire. Comment faire face à nos enfants, interrogatifs et curieux de savoir qui avait été qui et qui avait fait quoi. Qui a conduit cette libération et qui a réclamé sa paternité. Et dire pour reprendre l'expression d'un philosophe que : « la victoire à 100 pères et la défaite est orpheline ». La libération de l'Algérie n'a pas étalé ses biens faits équitablement à l'ensemble de ses enfants. Elle a par contre consacré le principe cher à la colonisation, « les deux collèges : la famille révolutionnaire et les enfants éternels de chouhada et des moudjahidine en opposition au peuple. Est-ce un droit d'ainesse ou une autre forme d'usurpation qui n'en profite qu'aux incapables. Nous sommes tous des enfants de moudjahidine ayant des oncles et des proches martyrs. Ceci ne nous autorise nullement, en bon musulman, d'usurper un titre pour lequel nous ne tirons aucune gloire ni profit. Car dit l'adage : « être soi même, c'est se prévaloir de ses propres acquis, non faire commerce illicite de ceux de ses parents ».

Messali a été enterré dans un bain de foule inégalable. La famille n'a même pas eu droit à un avis de décès annonçant son inhumation à Tlemcen. Ils sont pourtant venus de partout lui rendre un dernier hommage. Les jeunes et les moins jeunes, lui faire allégeance de fidélité et de reconnaissance pour sonœuvre, son sacrifice et son engagement militant et loyale pour la libération de cette nation. Ne mérite-t-il pas le titre de moudjahid et martyr de la révolution à la place et lieux des milliers d'usurpateurs qui continuent à s'amasser dans les arcanes de la politiques munis d'une attestation communale déclarant leur fausse identité.

Je conclurais par cette belle et éloquente expression d'Yves Dechezelles, avocat et ami de Messali le décrit dans ses dernières années : «Le vieil homme suivait toujours avec attention passionnée le déroulement des événements à travers le monde, bien que le sort l'ai placé si loin du pouvoir. Mais de la grandeur de ses luttes et de ses épreuves, il avait tiré la philosophie. A la bonhomie malicieuse, au détachement ironique, il savait ajouter pour quelques uns de ses visiteurs, le sourire confiant et complice de l'amitié.» Il serait temps de rendre à César ce qui lui appartient et aux usurpateurs la place qu'ils méritent.

par M.Boukherissa Kheiredine, Président de la Fondation du 8 mai 45

dans "Le Quotidien d'Oran", 2 juin 2011

 

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5153844

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 17:36

Sous le slogan : “À Messali Hadj, la patrie reconnaissante”, les amis du Parti du peuple algérien célébreront le 3 juin 2011 le 34e anniversaire de la mort de Messali Hadj. Dans un message lancé aux citoyens, ils écrivent : “Ce jour-là, soyons nombreux dans le cimetière de Tlemcen (en face de l’hôtel des Zianides) pour nous recueillir sur la tombe du père du nationalisme algérien.” Ils indiquent, également, que le même jour, à 15 heures, une conférence sera organisée pour nous rappeler le parcours historique de ce digne fils de l’Algérie et de ses énormes sacrifices.

 

http://www.liberte-algerie.com/edit_archive.php?id=156314

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 21:46

«Je n’ai aucune haine contre personne»

Elle a les traits de son père. Les yeux surtout. Son verbe est facile et éloquent. Ses idées claires et… toujours militantes. Elle a évacué sa haine. En a-t-elle eu, un jour ?

Djanina Messali, ou Nina pour les intimes, épouse Benkalfat, a été l’une des invités privilégiés, lors de la visite du chef de l’Etat à Tlemcen, samedi 16 et dimanche 17 avril derniers, à l’occasion de l’ouverture officielle de l’évènement «Tlemcen, capitale de la culture islamique». Notre privilège était de la rencontrer dans une maison tlemcénienne. En famille. Loin des feux des projecteurs.
Tournant historique pour ceux qui connaissent les affres subies par le père fondateur du nationalisme algérien et sa famille, plusieurs années après son décès. Qui aurait cru que la progéniture de celui qui était banni et proscrit par les pouvoirs successifs serait élevée au rang des personnalités les plus «adulées» par le Pouvoir. Il fut un temps où évoquer le nom de Messali était un crime de lèse-majesté.

«Peut-on parler de réhabilitation, de réconciliation?» a-t-on osé, d’emblée? «Ni l’une, ni l’autre; je n’aime pas ces termes. Je dirais, plutôt, qu’il s’agit d’une réinsertion dans le processus historique», répliqua-t-elle, tout de go. Et quels étaient ses sentiments en atterrissant sur le tarmac de l’aéroport portant le nom de son père ? Comme si elle éludait élégamment la question, elle réagit après une seconde de réflexion. «Ma présence sur les lieux a été décidée en dernière minute». Magnanime, Nina refusait de s’étaler sur ce regain d’intérêt pour elle, pour les Messali. «Mon père a été exclu de la politique, évacué de l’histoire. Les partis politiques et autres ligues des droits de l’homme n’ont jamais tenté de faire un flashback dans l’histoire. Ils n’avaient pas le courage de parler de Messali Hadj. Nous avons toujours été en manque de reconnaissance. Il y a des mots qui tuent. Quand on vous traite de traître, ça tue…» dit-elle quelque peu blessée, toujours affectée. Nina, même réconciliatrice, ne peut échapper à sa mémoire, à celle de l’histoire de son pays.

«C’est une fêlure (ça l’a été peut-être) et les générations successives sont le produit de cette fêlure». Et de reconnaître «Le président Bouteflika a été le seul Algérien à avoir déverrouillé les tabous, nous lui devons cela». Et fatalement, de retourner à l’Etoile nord africaine, née à Tlemcen en 1936, de citer sa première cellule : les frères Berrezoug, Maârouf, Abdelkrim Benosman… «Ma mère Emilie Busquant, conceptrice de l’emblème national (qui fit son apparition en Algérie pour la première fois à Tlemcen, apprenait aux militants l’éducation politique. Elle avait pour mission d’organiser la jeunesse», se souvient-elle particulièrement d’une phrase que lui aurait dite son père. Elle était sa secrétaire particulière, aussi.

Difficile pour elle de sélectionner une phrase tant les discours et les confidences de Messali sont incalculables. Il expliquait les calomnies dont il était victime par ces termes sages : «s’ils (ses ennemis) avaient des arguments politiques, je leur répondrais» Et de revenir à 1954. «On était sortis de l’activité politique pour entrer dans les règlements de comptes à partir de 1954. Je vous épargne tous les crimes commis contre les nationalistes, les militants du MTLD….». Difficile de l’extirper du passé. Ressent-elle une quelconque haine contre les ennemis de son père, du Pouvoir, des usurpateurs de l’histoire ? «Je n’ai aucune haine contre qui que ce soit, c’est un problème moral», rétorque-t-elle simplement et avec lucidité. Djanina (jardinet fleuri) vit à Montréal au Canada. Mais, depuis peu (depuis la reconnaissance timidement officielle de Messali), elle a renoué le contact avec son pays, sa ville Tlemcen. Merci Nina pour ces moments agréables!  

 

El Watan, 3 mai 2011

http://www.elwatan.com/regions/ouest/tlemcen/je-n-ai-aucune-haine-contre-personne-03-05-2011-122864_139.php

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 22:37

Le 1er Mai 1945 avait lieu une manifestation des Cherchellois qui avait été encadrée et initiée par les adhérents du PPA de Messali Hadj et des jeunes communistes. Elle avait débuté à partir du café populaire de Kebilène.
Cette action avait surpris l’occupant. Hacène Sâadoun, Chérifi Mohamed, Benmokadem «Dziri», Benmokadem Mohamed, Kebilène, Hadj Salah, Sedouki, Hamdani, Souilamas, Hassam, Larinouna et bien d’autres militants de la cause nationale avaient brisé le mur du silence à Cherchell, pour exiger des autorités coloniales l’indépendance du pays.
Depuis l’indépendance de notre pays, «les gardiens du temple» refusent de commémorer cet événement historique organisé par une poignée de jeunes intelligents, cultivés, mobilisés autour des nobles idéaux.
Cet événement historique demeure toujours ignoré.

El Watan, 30 avril 2011

 

http://www.elwatan.com/epoque/on-vous-le-dit-30-04-2011-122547_116.php

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 21:52

Récits, anecdotes, évènements, documents et témoignages (1898-1974)». Un livre qui enrichira, à coup sûr, l’histoire d’un pays qui n’a pas encore complètement dépoussiéré sa mémoire.
Déjà, le lecteur a tout le loisir d’avoir une idée sur les «confessions» de l’auteur en entamant le prologue «Sans Messali Hadj et sans le FLN, serions-nous indépendants ?»Ainsi, en parcourant l’ouvrage aux informations précises, corroborées par des témoignages et des illustrations très expressives, on ressent une joie de découvrir des pans de notre histoire longtemps enfouis dans des mémoires amnésiques. Tout au long des 508 pages, on a droit à des révélations de taille, comme le destin tragique des quatre révolutionnaires du MNA/ALN, d’Ahmed Ben Bella militant du PPA/ MTLD, la première section constitutive de l’OS à Tlemcen pour l’Oranie. A lire absolument…

 

Chahredine Berriah, ''El Watan'', 26 avril 2011

http://www.elwatan.com/regions/ouest/tlemcen/publication-messali-hadj-leader-de-la-liberation-des-peuples-colonises-26-04-2011-122026_139.php

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 12:46
Cher Kamel Daoud,
 
C'est en ''navigant'' sur Internet que j'ai trouvé votre adresse courriel figurant sur la page
Facebook consacrée à votre remarquable rubrique ''Raina Raikoum'' du Quotidien d'Oran.
Vous devez savoir que j'en suis une fidèle et assidue lectrice depuis plusieurs années déjà .
Votre chronique datée du Samedi 22 Janvier 2011 intitulée ''Le dilemme qui a fait blanchir
la barbe de Messali'' m'a très fortement interpellée.
 
En effet, j'ai trouvé votre recherche d'interprétation intéressante, cependant il y a lieu de vous 
faire remarquer, que votre postulat de départ est erroné puisque ''de facto'' il confirme l'Histoire officielle 
imposée aux algériens qui veut que depuis plus de 50 ans Messali était contre la lutte armée.
 
Pour rappel, à l'été 1954 Messali El Hadj se trouve en résidence forcée à Niort.
Les 14,15,et 16 Juillet 1954 se réunit à Hornu en Belgique à l'instigation de Messali un
congrès extraordinaire de 300 délégués du MTLD qui sanctionne l'issue de la crise interne qui
vient de le frapper. Ce congrès prend deux décisions essentielles :
  1. L'organisation du passage à la lutte armée dès la fin de la Session de l'ONU programmée en Novembre 1954
  2. L'exclusion de 8 dirigeants du Comité Central pour réformisme avéré
 
La démarche activiste (CRUA) a pris volontairement Messali de vitesse pour des raisons de stratégies
intérieure tactiques et c'est ainsi pour vous reprendre que ''le chaos a été mis avant les boeufs'' .
Messali est mis au secret par l'administration coloniale en date du 2 Novembre 1954 aux Sables d'Olonnes
en Vendée où il avait été transféré une fois de plus arbitrairement.
De plus, dès la première semaine de Novembre 1954, Messali donne ordre à ses troupes de rejoindre
la lutte et les maquis.Ceci est une réalité et des adversaires politiques qui ont prétendu le contraire le
reconnaissent aujourd'hui . Le dernier d'entre eux à l'avoir affirmé est Abdelhamid Mehri.
 
Ce synthétique rappel historique n'a pour objectif ici que d'éclairer le chroniqueur et polémiste de talent
que vous êtes .
Je vous remercie enfin pour votre ton juste, votre courage intellectuel et votre sens politique.
 
Leila Benkelfat, petite-fille de Messali Hadj
Doctorante en Histoire -Université de Paris I Panthéon-Sorbonne .
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Published by Leïla Benkelfat - dans Algérie Histoire
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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 14:25

(...) Depuis l’établissement de l’islamisme, les historiens les plus distingués ont embrassé dans leurs recherches tous les événements des siècles passés, afin de pouvoir les inscrire dans des volumes et les 

enregistrer ; mais les charlatans (de la littérature) y ont introduit des indications fausses, tirées de leur propre imagination, et des embellissements fabriqués à l’aide de traditions de faible autorité. La plupart de leurs successeurs se sont bornés à marcher sur leurs traces et à suivre leur exemple. Ils nous ont transmis ces récits tels qu’ils les avaient entendus, et sans se mettre en peine de rechercher les causes des événements ni de prendre en considération les circonstances qui s’y rattachaient. Jamais ils n’ont improuvé ni rejeté une narration fabuleuse, car le talent de vérifier est bien rare ; la vue de la critique est en général très bornée ; l’erreur et la méprise accompagnent l’investigation des faits et s’y tiennent par une liaison et une affinité étroites ; l’esprit de l’imitation est inné chez les hommes et reste attaché à leur nature ; aussi les diverses branches des connaissances fournissent une ample carrière au charlatanisme ; le champ de l’ignorance offre toujours son pâturage insalubre ; mais la vérité est une puissance à laquelle rien ne résiste, et le mensonge est un démon qui recule foudroyé par l’éclat de la raison. Au simple narrateur appartient de rapporter et de dicter les faits ; mais c’est à la critique d’y fixer ses regards et de reconnaître ce qu’il peut y avoir d’authentique ; c’est au savoir de nettoyer et de polir pour la critique les tablettes de la vérité. (...)

 

L’histoire est une science qui se distingue par la noblesse de son objet, sa grande utilité et l’importance de ses résultats. C’est elle qui nous fait connaître les moeurs des peuples anciens, les actes des prophètes et l’administration des rois. Aussi ceux qui cherchent à s’instruire dans le maniement des affaires spirituelles et temporelles trouvent dans l’histoire des leçons de conduite ; mais, pour y parvenir, ils doivent mettre en oeuvre des secours de diverse nature et des connaissances très variées. Ce n’est que par un examen attentif et une application soutenue qu’ils pourront découvrir la vérité et se garder contre les erreurs et les méprises. En effet, si l’on se contente de reproduire les récits transmis par la voie de la tradition, sans consulter les règles fournies par l’expérience, les principes fondamentaux de l’art de gouverner, la nature même de la civilisation et les circonstances qui caractérisent la société humaine ; si l’on ne juge pas de ce qui est loin par ce qu’on a sous les yeux, si l’on ne compare pas le passé avec le présent, l’on ne pourra guère éviter de s’égarer, de tomber dans des erreurs et de s’écarter de la voie de la vérité. Il est souvent arrivé que les historiens, les commentateurs et les hommes les plus versés dans la connaissance des traditions historiques, ont commis de graves méprises en racontant les événements du passé ; et cela parce qu’ils se sont bornés à rapporter indistinctement toute espèce de récits, sans les contrôler par les principes généraux qui s’y appliquent, sans les comparer avec des récits analogues, ou leur faire subir l’épreuve des règles que fournissent la philosophie et la connaissance de la nature des êtres, sans enfin les soumettre à un examen attentif et à une critique intelligente ; aussi se sont-ils écartés de la vérité pour s’égarer dans le champ de l’erreur et de l’imagination. Cela a eu lieu surtout en matière de nombres, quand, dans le cours d’un récit, il s’est agi de sommes d’argent ou de la force d’une armée. C’est toujours là que l’on doit s’attendre à des mensonges et à des indications extravagantes ; aussi faut-il absolument contrôler ces récits au moyen de principes généraux et de règles établis par le bon sens. (...)

 

Ibn Khaldun, Les prolégomènes (1332-1406), 1ère partie

 

http://classiques.uqac.ca/classiques/Ibn_Khaldoun/Prolegomenes_t1/ibn_pro_I.pdf

 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 11:18
Gestion de l’image du leader
Le «physique» de Messali Hadj décortiqué
 

 

L’universitaire et historien Omar Carlier a proposé, vendredi soir, au Centre culturel algérien de Paris, une approche inédite pour évoquer la personnalité de Messali El-Hadj, non par le biais de son parcours politique, mais à travers l’image qu’il s’est donnée, sa gestuelle, sa tenue vestimentaire et son corps.
Ce spécialiste du Mouvement nationaliste algérien et de Messali El-Hadj vient de publier un ouvrage intitulé Le corps du leader : construction et représentation dans les pays du Sud.
Pour lui, Messali El-Hadj, fondateur du premier parti nationaliste et anticolonial algérien, doit son renom non seulement aux idées révolutionnaires qu’il défendait, mais également à son charisme qui permet à son pouvoir "de s’exprimer, de se donner à voir, à se mettre en scène et son action est théâtrale, cérémonielle, protocolaire et se soutient de l’émotion autant que de la raison".
Dans cette conférence intitulée "Messali El-Hadj, le corps, la voix, le geste", Omar Carlier, qui a enseigné à l’université d’Oran avant de rejoindre l’université Paris VII où il est professeur d’histoire contemporaine, a souligné que son premier travail sur Messali El-Hadj a été un article publié en 1972 à Alger et consacré à l’ENA, avant d’approfondir ses recherches dans le cadre d’un DEA puis d’une thèse de doctorat.
Ses recherches se sont basées sur trois disciplines scientifiques, à savoir l’Histoire, la sociologie politique et l’anthropologie. "La combinaison de ces trois disciplines permettent d’investir des pistes de recherches inédites", a-t-il expliqué à son auditoire.
Photos d’archives à l’appui, le conférencier a montré comment le fondateur de l’ENA et du PPA "a fait ressource de son corps, par la voix, les gestes, les vêtements et construit son personnage d’homme public avec une efficacité remarquable, au cours des 30 années d’une trajectoire militante qui donne à voir la métamorphose d’un jeune émigré autodidacte en un tribun de la plèbe parvenu au premier rang de son peuple".
Omar Carlier a expliqué, par le biais de documents iconographiques, comment le "look" de ce leader a évolué pour atteindre son "summum" lors du meeting au stade municipal d’Alger, en 1936. "Messali a fait ce jour-là une véritable performance vestimentaire, gestuelle, lexicale, politique et physique pour s’imposer en un véritable tribun", a-t-il indiqué.
Messali se servait de tous les éléments pour s’affirmer et s’imposer en tant que leader. "A son retour de Brazzaville où il a été exilé, Messali, juste à sa sortie du port d’Alger, se rendit directement à la Casbah pour acheter une chéchia, comme pour souligner son algérianité et son attachement à sa culture et à son peuple", a noté le conférencier.

 

 

Le Midi Libre, 7 février 2010

 

http://www.lemidi-dz.com/index.php?operation=voir_article&id_article=culture%40art2%402010-02-07

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 10:42

PETITE COLLECTION NAQD

 

NOTE INTRODUCTIVE

 

Depuis quelques années, la scène éditoriale et médiatique est agitée par une série de productions prenant appui ou pour prétexte des événements marquants de notre histoire contemporaine. Les débats qui s’amorcent autour de ces ouvrages tournent le plus souvent à la polémique entre protagonistes (acteurs ou témoins, personnalités politiques, auteurs, réalisateurs, vedettes de scène ou d’arrière-scène). Leur caractéristique principale est l’usage inconsidéré de sources diverses non vérifiées ou non vérifiables et leur instrumentalisation à des fins politiciennes ou mercantiles.

 

 

Dans un autre champ, celui de l’école et de l’université, la recherche et la production des savoirs qui devraient être les buts poursuivis par l’institution éducative ont laissé place à un jargon fait de stéréotypes, clichés, truismes, ou poncifs acquis dans une sorte de marché parallèle des idées. Très souvent, dans un mode d’expression qui lui est propre, la presse quotidienne s’érige en source principale sinon exclusive de ce que les jeunes générations ingurgitent. Les bibliothèques se désintègrent sous le poids de la demande (croissance soutenue des effectifs scolaires et universitaires et limitation des locaux, des budgets et des modes d’acquisition) et leurs fonds sont en voie de dégradation et de dispersion. Dans beaucoup de cas, pour ne pas dire dans leur grande majorité, les étudiants n’ont que peu de références bibliographiques, ils n’ont lu que peu d’ouvrages sinon aucun dans son intégralité. Ils ne connaissent pas les fonds d’archives et n’ont pas accès aux réserves où sont conservés les originaux des périodiques de la période coloniale et même des premières décennies de l’indépendance.

 

Jusqu’alors, la revue NAQD s’est donnée pour objectif de maintenir ouverte la perspective d’une pensée critique et rationaliste pour faire pendant au discours dominant et à ses dérives dogmatiques. Elle a plus ou moins rempli cette fonction dans un paysage éditorial caractérisé par la rareté, l’indigence et le manque de maîtrise professionnelle. Elle a pu matérialiser une demande sociale dont l’indicateur est le nombre et la qualité des lecteurs et abonnés nationaux. Son prix est cependant resté prohibitif pour le plus grand nombre, même s’il couvre à peine maintenant les coûts de sa réalisation.

 

 

Pour pouvoir atteindre le public des étudiants, professeurs de collèges et lycées et un lectorat plus large au pouvoir d’achat très limité, la revue NAQD d’études et de critique sociale voudrait lancer une nouvelle collection « hors série » destinée au grand public. Ce serait une publication petit format de poche de 120 à 150 pages qui ferait le point sur une question d’histoire ou de société avec une approche critique qui correspondrait à celle que la revue a adoptée depuis bientôt 20 ans pour son édition principale. Elle donnerait aux nouvelles générations de lecteurs, en arabe et en français, des éléments pour la connaissance d’un fait, d’un événement ou d’un personnage marquant avec la distance critique qui l’a toujours caractérisée. Elle se présenterait sous la forme d’un petit livre de poche avec une introduction ou présentation générale, des documents d’archives commentés et annotés, une chronologie succincte ainsi que des références bibliographiques. Son prix serait abordable pour un lectorat assez large constitué d’étudiants, de professeurs de lycées ou collèges ainsi que pour de simples citoyens.

 

Nous lançons notre premier volume pour commémorer le 50e anniversaire des manifestations de décembre 1960.

 

Alger 11 juillet 2010

 

 

 

Décembre 1960

Le Dien Bien Phu politique de la Guerre d'Algérie

 

(extrait de la présentation de l'ouvrage)

 

Les manifestations de décembre 1960 apportent sur le plan stratégique et politique la preuve du caractère illusoire de tous les efforts que la puissance coloniale a déployés pour conduire l'évolution de l'Algérie en fonction de ses intérêts propres. Avec ces manifestations sont balayés les prétendus résultats acquis par la France au cours d'une longue colonisation de peuplement et d'une guerre de reconquête remise en branle en 1954...

 

Pour tout renseignement, commande ou abonnement, s'adresser à : NAQD

tél/fax : +213 21 73 43 52

e-mail : naqd [a] wissal.dz / revue_naqd [a] yahoo.fr

site web : http://www.revue-naqd.org 

 

 

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