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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 22:54

Le rassemblement tenu hier à la salle Atlas par le PT, était marqué par une présence de taille. Celle de Mustapha Benmohamed, le doyen du parti. Du nom de guerre Mustapha Negro, ou encore Mousse après l'indépendance, il est né le 31 décembre 1926 à la Casbah. Membre du PPA en 1945, il intègre l'Organisation secrète trois ans plus tard. En 1953, il est le plus jeune élu du Conseil municipal d'Alger et responsable de sa commission ouvrière.

Militant de la cause nationale, «Mousse» s'est toujours revendiqué du MNA. Arrêté en 1955 par le colonialisme, il est torturé puis interné jusqu'en avril 1962. Après l'indépendance, il retourne en France, entre au Parti communiste internationaliste et fonde à partir de là avec Simon Ajklouf le comité de liaison des trotskystes algériens. Le comité avait pour première tâche de faire le bilan de la révolution algérienne, d'en tirer toutes les conclusions et d'analyser la situation politique de l'Algérie à l'époque. C'était au début des années 1970.

 

La Tribune, 21 février 2009

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 12:45

Le parti du peuple algérien (PPA) a été créé par Messali Hadj le 11 mai 1937 en France avec comme programme politique l'indépendance de l'Algérie. Interdit en 1939, le parti active dans la clandestinité, participe aux manifestations de mai 1945, avant de revenir sur la scène en 1946 sous l'appellation de Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).

Depuis maintenant 22 ans, «les anciens compagnons» de Messali tentent de relancer le parti, mais sans succès. Agouni Ali, se présentant comme «responsable du PPA et ancien compagnon de Messali», vient d'adresser une correspondance au ministre de l'Intérieur à ce sujet. «Pour le bien de l'Algérie, nous souhaitons que le PPA aient son agrément comme tous les autres partis pour pouvoir participer sur des bases démocratiques à la construction du pays et œuvrer pour l'unité nationale», écrit-il.

Dans sa requête, M. Agouni rappelle qu'en 1989, le PPA, à sa tête Memchaoui Mohamed, a déposé un dossier d'agrément, et après 60 jours, il a reçu une notification de refus. En 1999, les anciens compagnons de Messali avaient saisi par écrit le nouveau chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika sur cette «injustice que vient de subir le PPA» (refus d'agrément).

Comme en 1989, le président a refusé de donner suite à leur demande. «Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, nous a répondu, mais négativement, ce qui nous a touchés, car c'est le premier président qui a eu l'audace, le courage et le sentiment nationaliste de répondre au PPA», précise le rédacteur du courrier.

Les intéressés ignorent toutefois les motivations du rejet de leur doléance par le président. M. Agouni demande enfin à Dahou Ould Kablia si les promoteurs du projet doivent déposer un autre dossier d'agrément au nom du PPA, ou si la demande déposée en 1989 «est toujours d'actualité».
D. Ch.

 

Le Temps d'Algérie, 22 juillet 2011

http://www.letempsdz.com/content/view/60339/1/

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 12:43
Ali Agouni, responsable national du PPA à Liberté
“Que le 50e anniversaire de l’Indépendance soit l’occasion d’une véritable réconciliation !”

Ce compagnon de route de Messali Hadj qui milite pour le retour du PPA sur la scène politique, à l’occasion de la nouvelle loi sur les partis, prône surtout une réconciliation qui tournerait les pages des déchirures propres à toutes les révolutions.

Le Parti du peuple algérien (PPA pour les anciens du mouvement national) va fêter le 2 août prochain son 75e anniversaire. Il a été créé le 2 août 1936. Bien qu’elle soit interdite par la loi en vigueur sur les partis politiques, cette formation fondée par Messali Hadj, père indiscutable du nationalisme algérien, et ses partisans, est plus que jamais présente dans le cœur et la mémoire des citoyens, en particulier ceux qui ont grandi avec le mouvement national. Signe de cette présence puissante du PPA dans l’imaginaire populaire, un événement symbolique qui a eu pour cadre le 3 juillet dernier la commune d’Aït Bouadou, en Kabylie, où le mythe Messali demeure intact. Dans cette région du pays où l’histoire côtoie le présent, il n’est pas rare de rencontrer encore des vieilles ou des anciens de la Révolution qui fredonnent des chansons composées dans les années 1940 et 1950 à la gloire de Messali Hadj, dont le radicalisme épousait le tempérament révolutionnaire de cette région. En ce jour du 3 juillet, les responsables d’Aït Bouadou et Aït El-Hadj ont organisé une cérémonie commémorative en souvenir d’une grande bataille qui avait opposé à l’époque l’armée française aux troupes de moudjahidine messalistes dans la localité. Au cours de cette bataille mémorable, pas moins de sept moudjahidine, originaires de la région des Aït Bouadou, sont tombés au champ d’honneur en pleine montagne du Djurdjura et enterrés dans une fosse commune. Lors de cette cérémonie du souvenir à laquelle avaient pris part le président de l’APC d’Aït Bouadou, le responsable local de l’ONM, Ali Agouni, responsable national du PPA et Basta Arezki, lui aussi responsable messaliste à l’époque, les sept moudjahidine ont été réinhumés dans le cimetière familial. C’est déjà un premier pas sur la voie de la réhabilitation en attendant que la demande faite au ministère des Moudjahidine par le président de l’APC de Aït Bouadou et le représentant local de l’ONM pour que l’anniversaire soit officiellement célébré “après 56 ans de silence”. Ali Agouni, vieux militant du PPA, toujours bon œil et bon pied malgré le poids des ans, parle avec émotion de cette cérémonie du souvenir. “En tant que responsable du PPA, je salue le courage de ces grands responsables de l’APC d’Aït Bouadou, de l’ONM et tous les militants du PPA qui ont participé à cette commémoration historique.” Voulant profiter de cet événement qui replace au cœur de l’actualité le PPA, Ali Agouni adresse un message au président Bouteflika : “En tant que premier responsable du PPA, je prie le président de la République de reconsidérer l’histoire, de faire la réconciliation nationale et de reconnaître le combat des Messalistes et de leur donner la place qui leur revient comme leurs frères du FLN et de l’ALN”. Ce vieux compagnon de route de Messali Hadj, faisant sans cesse un va-et-vient entre passé et présent, dénonce l’instauration du parti unique, en Algérie, rappelant que l’auteur de la célèbre phrase au stade du Ruisseau, “cette terre n’est pas à vendre”, était pour le pluralisme politique, pour la Constituante. Une idée à laquelle Ben Bella, Boudiaf, Aït Ahmed, Krim Belkacem avaient fini par rallier, en créant leur propre parti politique. “Si on avait appliqué le pluralisme au lendemain de l’Indépendance, comme le réclamait le PPA, on aurait certainement épargné au peuple algérien toutes les souffrances qu’il ne cesse de subir depuis cette époque”, tranche M. Agouni qui retourne encore au passé pour évoquer la bataille de Zemgha à Boussaâda, en 1959 au cours de laquelle seraient morts, selon ses souvenirs, des moudjahidine messalistes et plusieurs soldats de l’armée coloniale. “à deux jours seulement de la bataille au cours de laquelle les colonels Amirouche et Si Haouès étaient tombés”, tenait à préciser encore Ali Agouni, comme pour mettre en relief le consensus chez les moudjahidine de combattre l’armée coloniale, au-delà de leur appartenance respective au FLN ou au MNA. Mais ce vieux militant admet qu’il y a eu des luttes fratricides, des règlements de comptes entre Messalistes et troupes de l’ALN/FLN. C’est un fait d’histoire, mais il rappelle aussi que “ce n’est pas le MNA qui a liquidé Abane Ramdane, Abbès Laghrour. Ce sont les conséquences de la Révolution”, admet-il en se disant partisan de “ne pas cacher la vérité aux nouvelles générations pour que notre jeunesse la sache et pour lui éviter de reproduire ce qui s’était déjà produit”. âgé actuellement de 73 ans, Ali Agouni, qui garde encore son enthousiasme et sa faconde de militant, acquise aux côtés du “père de la Révolution algérienne”, n’a, aujourd’hui, qu’un seul rêve, à la veille de la célébration du 50e anniversaire de la Révolution : “la reconnaissance du PPA en tant que parti légal et la réhabilitation des martyrs du MNA”.

Liberté, 27 juillet 2011
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=159963&titre=“Que le 50e anniversaire de l’Indépendance soit l’occasion d’une véritable réconciliation !”
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Published by Omar Ouali - dans Algérie Politique
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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 12:29

من جبالنا طلع صوت الأحرار*** ينادينا للاستقلال

ينادينا للاستقلال *** لاستقلال وطنينا

تضحيتنا للوطن *** خير من الحياة

أضحى بحياتي *** وبمالي عليه

يا بلادي يا بلادي *** أنا لا أهوى سواك

قد سلا الدنيا فؤادي *** وتفانى في هواك

كل شيء فيك ينمو *** حبه مثل النبات

يا ترى يأتيك يوم *** تزدهر فيه الحياة

نحن بالأنفس نفدي *** كل جزء من ثراك

إننا أشبال أسد *** فاصرفينا لعداك

لك في التاريخ ركن *** مشرق فوق السماء

لك في المنظر حسن *** ظل يغري ببهاك

نحن سور بك دائر *** وجبال راسيات

نحن أبناء الجزائر*** أهل عزم وثبات

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 11:16

1°- Extrait d'un journal: «Né le 12 février, Messali Hadj est un jeune Algérien qui a été retrouvé mort le 3 juin. Entre-temps, pendant qu'il racontait qu'il est capable de fabriquer un pays avec ses mains, la police l'a violemment frappé, interpellé, mis en cage et giflé pendant la première marche pendant laquelle il tenta de marcher hors de sa tombe vers sa date de naissance. Arrêté car ne possédant aucune pièce justifiant de son identité, M. H. a expliqué que c'est un certain Boumediène qui lui a volé ses papiers. «Boumediène qui ? Quelle ville ?», l'interrogea le commissaire. M. Hadj a montré du doigt l'aéroport d'Alger pendant que le policier montrait du doigt sa matraque. Relâché, Messali a été aperçu par la suite dans le stade du quartier appelant la foule à se soulever pour retrouver la liberté qui avait trois couleurs: blanc, vert et rouge, selon les couleurs de la robe de sa copine de quartier. Arrêté encore une fois, il sera frappé, désossé, mis en pièce et interrogé par les policiers qui ne comprenaient pas d'où il venait parce qu'il avait une peau de 18 ans et un regard de 132 ans. Selon ses antécédents, il a déjà fait de la prison un peu partout en Algérie, en France et même en Guyane ou à Cayenne. Il connaît Chakib Arslane, (Arsenal, l'équipe de foot ? a demandé le flic), une société qui s'appelle la Société des Nations et des opposants recherchés par les livres d'histoire et de géographie. Le policier, qui ne comprenait rien, lui demanda comment se fait-il qu'il soit de Tlemcen avec de meilleurs amis qui habitent en Kabylie ? «Tu ne comprendras pas», répondit Messali H.,«tu n'es pas encore né», ajoutera-t-il avant de recevoir une gifle. Relâché après le match et l'arrestation et la marche et la naissance, M. H. se retrouvera pris dans une marche du CNCD qui sera dispersée par de violents coups de trique, ce qui ne contribua pas à expliquer l'énigme qui taraudait l'esprit du jeune Messali 22 ans: «Pourquoi les policiers français parlent une langue algérienne en frappant les Algériens qui refusent l'Algérie française ?». Question mal posée, car posée après 62, alors que M. H. est né avant et l'Algérie pas encore, longtemps après.

2°- Demain, Messali Hadj va donc mourir. Un peu plus profondément et plus complètement chaque 3 juin. Sur sa tombe qui tombe en ruine, signe de sa disgrâce sans fin, quelques militants prévoient de se réunir pour le rappeler à la vie. Des vieux du PPA que le FLN n'a pas encore tué par l'ennui comme il l'a fait pour nous. Il y a un an, cela n'aurait même pas été un fait divers, aujourd'hui, cela prend le sens d'une prière. Car le pays est en crise: avec Messali, il a tué le Père; avec la suite, il a tué les fils. Du coup, il n'a plus personne que ses espadrilles. Du point de vue de la chronologie, il y a matière à réflexion: à l'époque où Messali était l'Etat avant le pays, les gens du Pouvoir étaient des gamins révolutionnaires sans facebook ni El-Jazeera. Il a appelé au dialogue, ils ont appelé aux armes.

Aujourd'hui que les révolutionnaires sont devenus des Etats et des pouvoirs, ils font ce que Messali a fait: ils appellent eux aussi au dialogue pendant que la révolution prend les armes. Vieux et barbu, il a été mangé par une descendance jeune et insolente. C'est ce qui va arriver au Pouvoir et ses Belkhadem. La comparaison est fragile mais tout cela pour en arriver à la bonne question: Qu'aurait dit Messali à Bensalah si Bensalah était vivant ? En vrai Tlemcénien, Messali se serait peut-être étonné qu'un vrai Tlemcénien possède seulement un aéroport alors qu'un Mcirdi possède un Sénat et le pouvoir à Alger. Mais Messali ne le dira pas, par politesse. Confiant dans les règles de l'histoire qui divise les méchants et les bons par les actes, il demandera qui, chez le Pouvoir, a pris les armes, a fait de la prison à la place du pays, a reçu des coups ou a été frappé et malmené et qui a fait des grèves et qui est capable d'enflammer les foules et de dessiner le drapeau les yeux fermés et constatera que le colonialisme n'oppose pas deux nations mais seulement deux esprits et deux façons de voir l'esprit.

Retour à la question: qu'aurait proposé Messali si Bensalah était vraiment vivant ? La fin du FLN sûrement. Il faut un parti unique pour faire la guerre mais le pluralisme est nécessaire pour continuer la paix. D'ailleurs, Messali n'aurait jamais été invité à la Présidence: il n'est pas suffisamment mort et le PPA est toujours interdit, contrairement au FIS. Messali était un Tlemcénien aimé par les Kabyles, soutenu par des Relizanais, admiré par tous les Algériens, sans adresse ni biens en France, capable de remplir un stade par son charme et pas par les bus, Père d'une nation et pas d'un seul Belkhadem, élu par le peuple et pas par un avion ou une armée, choisi par le destin et pas par des généraux et qui est mort trahi comme le seront des millions d'Algériens même encore vivants. Autant de raisons qui font qu'il ne sera jamais invité pour faire des réformes avec la langue.

par Kamel Daoud

"Le Quotidien d'Oran" 2 juin 2011

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5153884

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 19:59

Le dilemme qui a fait blanchir la barbe de Messali par Kamel Daoud

 

Durant l'été 1954 s'est posée une question pour Messali, le Père fondateur et profondément enterré de la nation : fallait-il prendre les armes ou prendre le temps ? La crise, entre centralistes, le leader et la jeunesse terrible qui donnera corps à la révolution de novembre, sera fatale pour ceux qui n'avaient pas de réponse à la fameuse question «Que faire ?». Un demi-siècle plus tard, toute réserve gardée, la même question se pose pour se libérer des «libérateurs» : Que faire ? Bien sûr, il ne s'agit pas là de confondre des rôles (colons, lutteurs et maquisards), mais d'évoquer, du point de vue du satellite, une situation ou l'Histoire n'arrive pas à choisir son histoire et ses chaussures. Le dilemme de Messali se pose aujourd'hui en Algérie et un peu partout dans le monde «arabe» après la révolution tunisienne. Le fameux «Que faire ?» léniniste. S'armer ? Marcher ? Attendre ? Mettre le chaos avant les bœufs ? Négocier ou dialoguer ? Prendre les armes, la rue, les places publiques ou le pouvoir par les cheveux ? Aller vers la confrontation ou éviter le risque de la guerre et des violences ? L'enjeu énorme n'étant pas libération mais la liberté.

 

Car, à bien regarder, la révolution tunisienne n'impose pas des réformes uniquement aux régimes (tous tentés par des plans de Constantine à base de farine et de création de faux emplois), mais aussi aux oppositions, aux opposants et à la façon de demander le mieux. «Je soutiens la marche sans marcher», a résumé par l'absurde, par exemple, cette semaine, l'ex-chef de gouvernement Ahmed Benbitour. Une posture messaliste intenable. D'autres formules de réponse au «Que faire ?» sont mises en circulation : participer ou marcher malgré l'interdiction, ou «fédérer les forces vives», selon une expression archéologique, ou se concerter, pétitionner, se rassembler dans une place publique, en appeler au soutien de l'Occident ou multiplier les tentatives «d'entrisme» à dessein de faire tomber le système, de l'intérieur, dans un siècle ou quatre. C'est dire que partout dans le monde «arabe», face à des régimes qui ont multiplié les commandes de blé et de sucre dans le monde, l'opposition, quelle soit islamiste, laïque, démocrate, centraliste ou de Droits de l'homme, se pose la même question, face au même dilemme messaliste et avec le même risque d'être mis sur la touche et de se voir rater le train. Grave dilemme en second : comment sauver son pays sans le détruire ? Comment imposer un changement sans être auteur du chaos ? Comment négocier alors qu'on ne peut même descendre dans la rue ? Comment convaincre des citoyens alors qu'ils sont chez eux ? Que faire ?

 

Des Algériens n'ont pas attendu : au «Que faire ?», la réponse est «le faire par soi» : immigrer, marcher sur l'eau, s'immoler, voler ou s'engager. Cela a la dignité du symbole mais l'insuffisance d'une réponse individuelle. Pour aujourd'hui, le dilemme est total pour les «oppositions». Elles risquent de mourir comme Messali, longtemps après la fin de leur propre histoire, enterrées dans la discrétion, dépassées par la génération qui veut la liberté, ici et maintenant.

 

Le Quotidien d'Oran, 22 janvier 2011

 

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5148289

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 20:39

Il y a deux ans s’éteignait le défenseur des droits de l’homme

Forte personnalité tlemcénienne, Redouane Hamidou a laissé ses empreintes sur tous les pans de la ville et au-delà.

Fondateur du MJD (Mouvement pour la jeunesse et la démocratie), président de l’association des amis de Messali Hadj, membre de la ligue des droits de l’homme et d’Amnesty international, Redouane, qu’une méchante maladie avait ravi aux siens en 2008, était également désigné pour un mandat au conseil national de transition dans les années 1990. Vendredi, à la salle Bouali, sa veuve et tous ceux qui l’ont connu, apprécié et aimé ont tenu à commémorer la date de son décès.  Des militants de toutes les régions du pays étaient là; du sud, du nord, de l’est, de l’ouest, tous lui ont rendu un hommage émouvant.

Sa veuve, Chalabia Mahdjoubi, d’un ton à remuer les pierres, a rappelé son riche parcours. Né dans une famille révolutionnaire et leader du mouvement national, feu Hamidou  pouvait s’enorgueillir de son oncle Larbi, un des fondateurs du Parti du peuple algérien (PPA) dont le guide était Messali Hadj. Connu pour ses positions nationales courageuses, Redouane est le premier homme à avoir brandi l’emblème national à Tlemcen à la proclamation de l’indépendance du pays. Il occupera, ensuite, la responsabilité dans l’organisation des archives nationales.

Le jour du rapatriement du corps de Messali Hadj, il s’occupera de son inhumation au cimetière Sidi Senouci, malgré la colère de hauts responsables de l’État de l’époque. N’ayant cure de l’ire du pouvoir, il s’attellera à la création de son parti, le MJD (qui est représenté, aujourd’hui, par cinq députés à l’APN). Il délèguera les pouvoirs à son épouse Chalabia Mahdjoubi et se contentera du poste de secrétaire général. Paix à ton âme, grand Redouane!

 

Chahredine Berriah

 

El Watan, 14 décembre 2010

 

http://www.elwatan.com/regions/ouest/tlemcen/il-y-a-deux-ans-s-eteignait-le-defenseur-des-droits-de-l-homme-14-12-2010-102866_139.php

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 14:48

Ben qui ???

 

Lakhdar Bentobal est mort. Qui est Lakhdar Bentobal ? On ne sait plus. D'ailleurs, on ne savait pas qu'il était vivant. Ou mort. Si c'était un homme ou une rue. Qui ça nous ? Tous les Algériens vivants qui n'ont pas fait la guerre, qui ne s'en souviennent même pas donc et qui disent qu'il vaut mieux posséder un trottoir qu'une histoire. Parce que l'histoire se divise en deux : la sienne propre de chacun et celle d'avant 62. D'ailleurs, qu'est-ce que 62 ? C'est l'anniversaire d'un anniversaire qui est lui-même le souvenir d'un autre anniversaire. Un jour, la date indiquera une place publique et pas une mémoire. La raison ? Pour connaître Bentobal, il faut l'avoir lu, suivi, croisé, vécu, détesté, accusé ou refusé. Ce n'est pas notre cas. Il y a deux sortes de gens qui ont fait la révolution : ceux qui sont morts avant l'indépendance et ceux qui ne l'ont pas faite. Pour garder un minimum de souvenir ou de respect ou de curiosité pour Lakhdar Bentobal, il fallait décider qu'il était déjà mort. Comme Djamila Bouhired ? Oui. Il y a des gens « lourds » de la guerre de Libération qui ont compris qu'il valait mieux ne pas sortir dans la rue après la guerre que pendant. C'était plus risqué. Bien sûr, il y aussi une autre attitude : ne pas sortir pour ne pas se mêler, pour ne pas dire ou prendre ou se faire prendre ou être dénudé et traîné dans la boue ou être lapidé. Qui est donc Lakhdar Bentobal ? Un historique sans Histoire. Un martyr mort de temps en temps. Un ancien Moujahid très ancien. Quelqu'un quelque part. Dans la sorte de sitcom entre historiques et politiques et de fils d'historiques qui s'accusent de strangulations ou d'héroïsmes, il a n'a rien dit. C'est pourquoi l'histoire nationale se décline en deux modes : il y a ceux qui s'en souviennent trop et ceux qui ne s'en souviennent même pas. Pour les premiers, c'est comme si c'était hier; pour les seconds, c'est comme si cela rappelait quelque chose. A la fin, lorsque Lakhdar Bentobal meurt, on se retrouve tous comme lui : silencieux parce qu'on ne nous a rien appris, parce qu'on ne sait pas ce qu'il a fait, ce qu'il aurait dû faire, en quoi le pays lui est redevable et s'il faut creuser profondément sa mémoire ou sa tombe. La raison ? Banale à force d'avoir été redite : il n'y pas d'histoire, il n'y a que des histoires. Pas de livres, que des manuels. On a tué Messali, Messali a tué ses enfants et ses petits-enfants. « Nous sommes les enfants de qui, au juste ? », cria un poteau dans une plaine déboisée à l'adresse de Benbouzid. « Ben qui ? ». Oui c'est une insulte mais ce n'est pas ma faute. Le peuple a fait ce qu'a fait Bentobal ou quelques autres : il s'est retiré et s'est occupé de ses affaires. Qui est Bentobal ? C'est une question. Il y a mieux : « C'est quoi cette histoire ? » Un collègue a fait remarquer dans une chronique que Bentobal avait fini ridiculement PDG de la SNS, une entreprise publique de sidérurgie après avoir fabriqué une indépendance. Le « Ben qui… ? » a commencé peut-être ce jour-là dans la bouche des siens.

 

par Kamel Daoud, Le Quotidien d'Oran, 24 aout 2010

 

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5142127

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 10:26

el watan

 

Chronique "Point Zéro" : El Watan, 17 mai 2010

 

Question pour un bac blanc, qu’est-ce que le futur ? En gros, c’est un passé qui a vieilli à la vitesse du présent. Oui, mais quel est le rapport entre les trois temps, passé, présent et futur ? En Algérie, si le futur est obscur, le passé pose problème. Dans les relations avec l’ex-ennemi français sur la lecture de la guerre ou de la colonisation, mais aussi en interne, les polémiques sur l’histoire récente étant aussi nombreuses que les acteurs qui l’ont faite.

 

Si l’on remonte encore plus loin dans le passé, on s’aperçoit que Messali Hadj n’est pas à sa place, tout comme plus, plus loin encore, Massinissa ou Jugurtha. De même que le premier homme, proto-berbère, qui serait plus ou moins affilié au MAK, selon l’ENTV. Comme disait un fabricant de rétroviseurs en plexiglas, pour voir plus loin, il faut se retourner ; à l’époque de Boumediène, on disait (au présent) que le régime était bon, système d’avant-garde puisqu’il a éjecté l’arrière-gardiste Ben Bella (au passé), et qu’il allait faire de l’Algérie (au futur) une sorte d’Espagne du Sud.

 

Quelque temps plus tard, on dit (au présent) que Boumediène n’était finalement qu’un dictateur arabe comme les autres (au passé), et qu’il n’a pas vraiment aidé son pays à sortir de sa condition (au non futur conditionnel). Aujourd’hui que tout le monde a peur de qualifier le régime de Bouteflika, comment le jugera-t-on dans 30 ans, d’autant qu’il ressemble à celui d’il y a 30 ans ? Question à laquelle devrait réfléchir les gouvernants actuels, même si tout le monde sait que le futur est quelque chose d’assez vague pour eux, étant trop bien installés dans le présent.

 

Qu’est-ce que le temps en Algérie ? C’est un alibi permanent qui ne s’arrête jamais et qui permet surtout de vieillir en accusant les autres. Oui, le futur se mange froid. Le présent ? Laissons-le vieillir, il n’est pas vraiment présentable actuellement.


 

Par Chawki Amari

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 12:01
http://www.liberation.fr/chroniques/0101621658-du-bled-a-l-ena

"Du bled à l'ENA" par Gérard Lefort, Libération, 27/02/2010

Aurait-on raté une marche de l’histoire de France ? Cette photographie, prise en 1936 dans un café de la région parisienne, représente en effet quelques membres de l’ENA. Or ce n’est pas exactement l’idée qu’on se fait des élèves de la prestigieuse Ecole nationale d’administration. Et pour cause. Cette dernière a été fondée en 1945 par ordonnance du gouvernement provisoire de la République présidé par de Gaulle. L’ENA de 1936 désigne l’Etoile nord-africaine - association créée à Paris en juin 1926 par des travailleurs algériens émigrés en France - qui, notamment sous l’impulsion de Messali El Hadj, réclamait l’indépendance de l’Algérie et des autres colonies françaises, l’abolition du régime de l’indigénat qui faisait des natifs des sous-habitants.

La photo de 1936 fait donc tilt avec l’arrivée au pouvoir du Front populaire. On imagine qu’à cet instant de progrès politique et social, les choses s’arrangent pour les militants de l’association nord-africaine clandestine dissoute en novembre 1929. Or, pas vraiment. Certes le projet de loi Blum-Violette (Violette, du nom de l’ex-gouverneur de l’Algérie) visait à ce que des milliers d’Algériens puissent devenir citoyens français. Mais ce projet ne concernait que les élites algériennes et fut dénoncé par l’Etoile nord-africaine comme une péripétie visant à diviser le peuple algérien et à renforcer le principe selon lequel l’Algérie n’était qu’une province française.

En janvier 1937, l’Etoile disparaît de nouveau, éteinte par le gouvernement du Front populaire. On suppose donc qu’en 1936 dans ce bistrot, la tempête faisait rage sous le crâne des quelques hommes réunis. Des crânes coiffés de casquettes, signe distinctif des travailleurs quand les bourgeois allaient en chapeau. Ce qu’on voit ainsi, c’est un certain chic parisien, un chic de métallo, comme disait Arletty parlant du glamour du Jean Gabin d’avant-guerre. Un souci d’être bien mis et joli pour sortir, mais aussi le souci touchant d’être vestimentairement correct et français. N’était le détail rebelle d’un croissant de lune et d’une étoile, sur la cravate du personnage central.

Outre les casquettes parigotes, notons pas mal de cravates et une majorité de moustaches, un seul homme, à droite face au photographe, faisant exception. Il a la mine presque colérique. Sans doute surpris et agacé par la vivacité soudaine du flash. Mais peut-être tout aussi inquiet que ce témoignage visuel de réunion, plus ou moins licite, puisse servir aux services de renseignements de la police. Que des hommes, puisque le regroupement familial n’a connu un début d’essor que dans les années 50, et que les travailleurs algériens émigrés en France étaient majoritairement célibataires.

Dans la lumière à source unique qui est comme celle d’un tableau classique, ils sont concentrés, mais sur quoi ? La rédaction d’un tract ? Un plan d’action ? On ne saura pas. Le tout au café qui, jusqu’aux années 80, fut un lieu de «culture» fondamental où les hommes de là-bas se retrouvaient le dimanche en fonction de leur village d’origine. Ces gars-là viennent de la cambrousse, du bled si l’on veut. Car ce qui émeut le plus c’est le monsieur de profil au premier plan à gauche. Il est moins bien rasé de frais et a les bacchantes plus broussailleuses que ces compagnons. Plus vieux aussi. Etait-il arrivé de peu ou assez tôt pour faire, pour la France, la guerre de 14-18 ?

Un profil noble, un profil de paysan fondamental. S’il n’était pas Algérien, gageons qu’un «bouseux» breton ou un «croquant» auvergnat aurait reconnu ce blédard comme un frère.

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