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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 20:55

Kick-Ass

 

Vous aimez les super-héros qui ne ne prennent pas au sérieux? Vous avez été profondément déçus par "Iron Man 2" (voir la critique EVP)? Alors "Kick-Ass" est peut-être fait pour vous.

 

Qui ne s'est pas déjà regardé dans un miroir, à guetter sa pilosité, scruter ses"problèmes de peau" ou imiter ses héros animés? Dave Lizewski est un adolescent états-unien, tout ce qu'il y a de plus normal et de plus transparent. Gavé au comics, paralysé par sa timidité mais révolté par l'injustice, il décide de devenir qui il est : Kick-Ass, le super-héros sans pouvoir mais doté d'un costume vert aussi moulant que ridicule.

 

Ce dédoublement de personnalité (façon Bruce Wayne/Batman) lui donne une popularité énorme, notamment grâce à internet et à sa première intervention réussie. Un quiproquo lui fera croiser le chemin d'un mafioso mais aussi d'alliés de circonstance et tout aussi déjantés (si ce n'est plus : hommage à Nicolas Cage moustachu, flic déchu et vengeur masqué).

 

Ce film est une réussite parce qu'il est réjouissant de dynamisme, voire jouissif... Cette jouissance est toutefois contrariée par une débauche de violence qui ne sert pas vraiment le propos. On est presque décontenancé quand une petite tue des grands vilains en série. A voir malgré ces réserves parce qu'une comédie efficace fait du bien en ce fucking mois de mai.

 

"Kick-Ass", Real. Matthew Vaughn (2010), 01h57 min.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 20:05

Greenberg

 

Je ne connaissais pas Noah Baumbach mais Ben Stiller ne m'était pas inconnu. Évidemment, j'avais en tête, comme beaucoup, son rôle de débile amoureux dans "Mary à tout prix"... (pour voir la scène de la braguette).

 

Ben Stiller dans le rôle de Roger Greenberg fait presque oublier ses pitreries passées. On n'osera tout de même pas la comparaison avec Coluche dans "Tchao Pantin" (1983) qui a incarné la figure de l'humoriste (par ailleurs génial et inégalé) jouant, justement, "à contre-emploi".

 

Dans un film qui prend son temps, on ne se marre pas du début à la fin (comme dirait l'autre) mais on sourit devant cette émouvante tentative d'un quadragénaire états-unien, de revendiquer le droit à la paresse (comme le faisait Paul Lafargue en 1880), à contre-courant de l'idéologie dominante.

 

Après l'échec de ses projets new-yorkais et une dépression, Greenberg revient à Los Angeles dans la maison de son frère qui part pour un séjour au Vietnam. Seul ou presque pendant quelques jours, Greenberg essaie de se reconstruire, affronte la société et les illusions du passé.

 

Évidemment, il y a une rencontre. Mais vous l'aviez sans doute déjà deviné... Un bon moment de cinéma en tous cas, qui peut faire méditer sur le temps qui passe, une fois sorti de l'adolescence (mais en sort-on vraiment?)

 

"Greenberg", Real. Noah Baumbach (2009), 01h45 min.

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 15:53

Iron Man 2

 

C'est toujours délicat d'aller voir une suite... Surtout quand il s'agit d'une grosse production américaine. Et encore plus quand on a apprécié le premier volet car malgré les effets spéciaux, il y avait une certaine finesse dans "Iron Man".

 

Cette finesse est devenu grossièreté, funeste blague et perte de temps. Comme à l'époque de la regrettée URSS, les antagonismes sont caricaturaux chez Hollywood.

 

Ce qui m'effarait le plus, c'était les réactions de certains spectateurs (jeunes je précise) qui ont "kiffé" le film. Sans doute ont-ils été sensibles à l'interprétation de Mickey Rourke, ce méchant venu de l'Est qui roule ses "r" d'une manière beaucoup moins sensuelle que Dalida.

 

A classer dans les films inutiles qu'on ne verrait même pas s'il pleut. Une pensée pour Robert Downey Jr.

 

"Iron Man 2", Real. Jon Favreau (2010), 01h57 min.

 

le site officiel du film

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 15:25
New York, I Love You
ça se passe à New York, ça parle d'amour... et ça marche!
 
Vous vous rappelez peut-être du film collectif "Paris je t'aime"? De ces ballades dans les différents arrondissements de la ville lumière avec une succession de courts-métrages? "New York, I Love You" est la traduction de ce concept pour "Big Apple".
 
A force de films, de séries, de documentaires, de reportages, on pense connaître cette ville comme sa poche à l'heure de la mondialisation et de la domination inégalée de l'impérialisme états-unien, domination qui s'exprime sur tous les plans (y compris les plans culturel et artistique).
 
Mais peut-on bouder son plaisir quand les choses sont réussies? Apprécier ne signifie pas pour autant être naïf ; être vigilant ne signifie pas forcément être blasé.
 
Parmi les réalisateurs de ces courts métrages, dont on peut souligner une certaine cohérence, on retrouve : Mira Nair, Fatih Akin, Yvan Attal, Allen Hughes, Shekkar Kapur, Shunji Iwai, Joshua Marston, Brett Ratner, Jiang Wen, Natalie Portman, Randall Balsmeyer, Jason Reitman.
 
je recommande vivement cette promenade cinématographique, on en ressort avec le sourire (même à Paris).
 
"El Djazaïr n'habek" c'est pour quand? Bab el Oued, Bologhine, Audin, Didouche, Casbah, Soustara, El Madania, El Mouradia, El Biar, Ben Aknoun, Hydra... le tout filmé par des cinéastes algériens et internationaux.
 
"New York, I Love You", Real. (2007), 01h43 min.
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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 15:04

Mammuth

 

Je ne perds pas mon temps pour donner mon avis. J'ai été très déçu en voyant ce film pourtant porté aux nues par certains média, d'autant plus que son thème, la retraite (mais pas uniquement), est au centre des préoccupations gouvernementales (avec un objectif de destruction) et des manoeuvres des appareils bureaucratiques (pour enfumer les travailleurs jeunes et vieux).

 

J'avoue ne pas avoir compris les choix esthétiques et techniques, les images sombres et sales, les mauvais cadrages, le montage parfois approximatif, le rôle complètement à coté de la plaque de la pourtant magnifique Isabelle Adjani, l'omniprésence jusqu'à l'étouffement de Gérard Depardieu (dont je ne suis pas fan mais ce n'est qu'un détail).

 

Il y a peu, un autre film d'un protagoniste grolandais a fait honte au cinéma ("Henry" de Kafka) et je me suis alors partiellement consolé en me disant que je n'avais pas payé pour ces films en particulier (c'est peut-être un des avantages de l'abonnement).

 

Certes, on voit la France qui travaille, on partage les préoccupations du petit peuple, en particulier à ce moment charnière où l'on est confronté à la bureaucratie, la fin de l'exloitation salariée, une nouvelle vie où chaque sou compte.

 

On peut saluer l'interprétation de "guest-stars" comme Benoît Poelevoorde : inégalable et inégalé.

 

"Mammuth", Real. Benoît Delépine, Gustave Kervern (2009), 01h32 min.

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 14:39
Camping 2
"Camping", premier du nom, faisait partie de ces films qui me laissaient a priori dubitatif tant par l'image (on n'oserait pas parler de "message") renvoyée que par les critiques élitistes forcément négatives (en général ce sont les mêmes personnes qui n'ont pas vu "Brice de Nice" ou qui n'ont pas ri en le voyant).
 
Il a fallu qu'un camarade de promo politiste et sorbonnard (je ne donne que ses initiales : M.T.) me parle avec enthousiasme de ce "film du peuple" et me passe le divX pour me convaincre : moi qui n'avait connu jusqu'alors que le camping en colonie de vacances (comme jeune et comme animateur), j'entrais alors en communion avec cette nouvelle philosophie dont le théoricien en chef s'appelait Chirac, Patrick de son prénom.
 
On pourra parler de caricature, de fable populiste, d'humour lourd mais ça me parlait et ça me parle tellement que j'ai pensé, pour une vie prochaine, réaliser la version "bled" de "Camping" où le thé remplacerait le Ricard, et la moustache le slip de bain moulant.
 
Pour en revenir à "Camping 2", on prend à peu près les mêmes ingrédients que pour le premier épisode (ce qui peut rassurer les fans et déplaire aux autres) avec Richard Anconina dans le rôle du coincé qui se fait décoincé par Franck Dubosc dont le personnage, contrairement à celui de Mathilde Seigner, est attachant.
 
On n'y parle pas que d'apéro : la crise économique est abordée, et il y a même un "mouvement social" des campeurs. Il ne faut évidemment pas s'attendre à un film "politique" mais plutôt à une comédie, un divertissement "populaire" dans le bon sens du terme, où l'on rit avec plaisir en attendant ses vacances.
 
"Camping 2", Real. Fabien Oteniente (2009), 01h39 min.
 
le site officiel du film
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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 18:32

 

La Chine est encore loin
 
J'avoue avoir craint le pire... Le synopsis indique que la trame de ce documentaire se déroule dans un village des Aurès, connu pour avoir accueilli, du temps de la colonisation française, un couple d'instituteur (les Monnerot) dont le mari sera accidentellement tué lors d'une opération d'un groupe alors inconnu, le Front de libération nationale, un certain 1er novembre 1954.
 
Cet accident sera instrumentalisépar les colonialistes pour dénoncerde façon outrancière les résistants, ceux qui ont pris la lourde responsabilité de prendre les armes pour libérer le pays, après les échecs répétés d'une solution strictement "politique".
 
Ma crainte était donc que ce (long) film documentaire s'attarde sur les circonstances de cet accident, alors que nous approchons, doucement mais sûrement, du 50ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.
 
En réalité, le sujet du film, outre les inévitables réminiscences de l'époque coloniale, est essentiellement l'école dans ce patelin chaoui : ses élèves, ses enseignants, ses parents. L'histoire de la révolution n'en est pas pour autant écartée, notamment avec ce passage de l'inauguration du monument par les officiels et où certains anciens moudjahidine sont écartés. C'est l'histoire officielle qui écarte les dissidents, les acteurs pourtant principaux mais on le savait déjà, bien avant l'ouvrage de Saïd Sadi sur Amirouche (par ailleurs, le scandale est-il l'occultation toute relative d'Amirouche ou la stigmatisation outrancière des messalistes?)
 
Le documentaire, sans voix-off, sans repères précis, laisse la parole aux acteurs authentiques. ça ressemble à "Etre et avoir", on peut presque penser à "Entre les murs" même si les murs ne sont pas faits du même béton et de la même peinture.
 
La galerie de portrait est impressionnante. C'est l'Algérie qu'on aime, comme ce père de famille moustachu qui se rase le crâne... On est attendri devant ces enfants, parfois attentifs, qui divaguent parfois dans l'oued asséché. On est aussi révolté par les conditions dans lesquelles ils sont placés. 
 
Le seul regret qu'on peut avoir reste la longueur du film (plus de deux heures pour un documentaire... n'est-ce pas un peu exagéré?) Le générique laisse aussi une impression étrange, surtout quand la traduction arabe vient comme "chasser" la traduction berbère. Le symbole est assez important quand on connaît les tensions identitaires.
 
"La Chine est encore loin", Real. Malek Bensmail (2007), 02h10 min.
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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 17:30

Green Zone

Embrouille, guerre et manipulation en Irak par le réalisateur de "La Mort dans la peau" (The Bourne Supremacy) et "La Vengeance dans la peau" (The Bourne Ultimatum).

 

Enième guerre contre le peuple irakien. Sous le prétexte de lutte contre le terrorisme (Saddam Hussein le bathsiste accusé de soutenir Al Qaeda) et du démantèlement des "armes de destruction massive" (on se souvient de la prestation ô combien convaincante de Colin Powell devant le Conseil de sécurité des Nations Unies), les USA lancent le 20 mars 2003 l'opération "Iraqi Freedom" avec le soutien de près de 50 pays.

 

Le film débute dans les tous premiers moments de l'invasion et des bombardements impérialistes. On assiste, parmi ce chaos et cette désorganisation provoquée, à la détresse de la population irakienne qui perd un dictateur et gagne des envahisseurs qui se prétendent libérateurs.

 

On suit l'itinéraire du sous-officier Roy Miller (interprété par Matt Damon) qui a pour mission d'inspecter des sites présentés comme abritant des "armes de destruction massive" (ADM). Pourtant, très rapidement, de fiasco en fiasco, le militaire états-unien en vient à se poser la question du bien-fondé de sa mission et se rapproche d'un agent de la CIA qui doute de la sincérité des dirigeants.

 

Et on s'embarque dans des courses-poursuites, on échappe à des fusillades, on prend en filature des gros bonnets, on enquête sur la crédibilité d'une journaliste... Suspense et quête de la vérité en perspective.

 

Le film est une adaptation de l'ouvrage de Rajiv Chandrasekaran, Imperial Life in the Emerald City: Inside Iraq's Green Zone(publié initialement en 2006 puis en France en 2008 sous le titre Dans la zone verte, Les Américains à Bagdad et réédité en 2010 au Point/Seuil sous le titre Green Zone)

 

Pour les rares qui ont cru au mensonge impérialiste, pour tous ceux qui n'étaient pas dupes.

 

le site officiel du film

 

"Green zone", Real. Paul Greengrass (2010), 01h55 min.

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 16:59

Téhéran

ça commence comme dans "Trois hommes et un couffin" et ça termine comme dans "L'Impasse" (Carlito's way)...

 

On y voit Ibrahim comme le père sympathique d'un nouveau-né attendrissant, qui se démène dans sa misère apparente pour nourrir son enfant... Sauf que, dans ce décor un peu sordide, cette pièce-cuisine où vivent et dorment trois hommes qui tirent le diable par la queue dans la capitale iranienne, on se rend rapidement compte que quelque chose est bancal.

 

Ibrahim a quitté sa province en espérant faire fortune à Téhéran. Visiblement il a échoué. Le bébé dont il s'occupe et avec lequel il va faire la manche, en implorant les passants du matin au soir, est en fait "loué" par un mafieu local. Cette routine va douloureusement se rompre lorsqu'un de ses colocataires, à qui il a confié l'enfant le temps de faire un petit boulot de jardinier, va se voir voler le bébé par une jeune prostituée qui se présentait comme une étudiante en l'abordant dans un jardin public...

 

C'est une plongée dans Téhéran la glauque, on pense alors à "Taxi driver". Le film aurait été tourné clandestinement. Ce qui relève de l'exploit. On se remémore sans peine les autres surprises du cinéma iranien : le magnifique "A propos d'Elly" et le rock'n'roll "Les chats persans".

 

Du bon cinéma. A voir, à conseiller.

 

"Téhéran", Real. Nader T. Homayoun (2009), 1h35 min.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 23:39

Ajami

 

J'ai hésité à aller voir le film. Pourquoi? Certains boycotteurs me comprendront rapidement. Chaque matin, quand je me lève, je me demande ce que je peux faire pour le peuple algérien, le peuple palestinien et la classe ouvrière. J'estime que le boycott des produits du colonialisme est non seulement utile mais nécessaire car c'est une manière de montrer sa solidarité (à peu de frais) avec un peuple colonisé. "Ajami" est un film israélien. Problème comme pour le film "Lebanon" (voir la critique argumentée). Ce qui a fait pencher la balance est le fait que parmi les deux réalisateurs, se trouve un Arabe. J'ai donc espéré retrouver la subjectivité arabe (qui n'est pas en soi garante de réussite artistique ou de justesse politique) absente de nombreux films israéliens (même ceux jugés "progressistes").

 

"Ajami" est un bon film malgré certains passages qui posent problème (je pense à l'éternelle scène où la famille israélienne pleure durant une éternité alors qu'on n'a pas vraiment droit à la séquence émotion pour les Arabes...). Il est évident que chercher un quelconque équilibre mèneraient à une impasse politique et artistique puisque le colonialisme n'est pas "équilibré" de fait, sa représentation fidèle aurait du mal à le devenir honnêtement.

 

"Ajami" est un film important, non seulement parce qu'on a l'impression que Scorsese vient poser sa caméra dans la Palestine occupée (avec une construction façon Guy Ritchie, en beaucoup moins drôle) mais aussi parce que la vie, le quotidien, les multiples tensions vécues par les Palestiniens sont retranscrits avec finesse, et on ne peut que saluer le jeu des acteurs. C'est un film beau et violent dont il ne faut pas forcément chercher à en retirer une quelconque morale. Le revoir permettrait sans doute de se faire un avis définitif.

 

"Ajami", Real. Scandar Copti, Yaron Shani (2009), 01h58 min.

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