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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 23:01

Tête de Turc

 

Scénariste, réalisateur, acteur : Pascal Elbé (issu d'une famille séfarade d'Algérie) enfile les trois casquettes pour ce film moyen, dont le propos sans doute ambitieux parce que récurrent dans les médias (en particulier en période électorale), reste bancal dans son traitement et son interprétation. On retrouve également Roschdy Zem (ce fils d'émigrés marocains qui joue un flic d'origine arménienne, tendance sarkozyste, frère de Pascal Elbé qui interprète un médecin de gauche) et l'actrice israélienne d'origine marocaine Ronit Elkabetz (qui joue une émigrée turque et qu'on a pu voir par exemple dans "La visite de la fanfare").

 

Le film traite principalement de la violence en banlieue, à partir d'un fait divers qui implique un jeune d'origine turque, bêtement criminel et paradoxalement héros. Sa victime qui cherche le pardon et non la vengeance (le médecin arménien) se voit opposer l'incompréhension de son frère et de sa famille, pour des raisons évidemment historiques. C'est à partir de ce moment que le film devient bancal puisque vient s'ajouter à la thématique principale, des petites intrigues pas forcément intéressantes ou encore des symboles historiques (qui n'apparaissent pas à leur place dans ce film). Un dialogue entre les deux frères dans la voiture ressemble à un débat de campagne présidentielle (genre Sarkozy/Royal), ridicule... Les bons sentiments ne suffisent pas à faire un bon film. Les jeunes acteurs ne sont pas crédibles.

 

"Tête de Turc", Real. Pascal Elbé (2009), 01h27 min.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 22:51

Henry

 

Ce film ne mérite même pas d'être chroniqué tant le spectateur que je fus (dans une salle quasi déserte et rapidement désertée) se demande encore pourquoi il a choisi ce film plutôt qu'un autre. Sans doute pour y retrouver l'esprit Groland... Erreur fatale! Il arrive parfois que certains sketches de la célèbre émission de Canal + ne fassent pas rire (ça arrive, avouons-le, et je ne parle pas des sketches qui ne sont pas "familiaux", c'est encore un autre problème) ; étrangement, c'est souvent ceux avec Francis Kuntz (Kafka de son nom d'artiste) ; le drame c'est que le film est réalisé par un Kafka en manque d'inspiration. On s'ennuie profondément. A oublier, vite, très vite.

 

"Henry", Real. Kafka, Pascal Rémy (2010), 01h26 min.

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 20:53

White Material

 

Quitte à voir un film sur l'Afrique, une Afrique bien évidemment vague, sans nom réel, avec ses Noirs en écrasante majorité, souvent des jeunes ou des enfants, parfois des femmes ou des travailleurs exploités, avec ses rebelles violents et son armée régulière, une Afrique avec sa minorité blanche anachronique et déboussolée, comme un cadeau empoisonné du colonialisme et une manifestation persistante de l'impérialisme (quand l'hélicoptère de l'armée française vient récupérer des ressortissants), bref, quitte à voir un film sur l'Afrique, autant regarder avec délectation "Le Temps de la kermesse est terminé", pour une perspective africaine car "White material" a certes pour toile de fond l'Afrique post-coloniale, politiquement indépendante, mais il traite surtout des errances et états d'âme d'une femme d'âge mûr (Française d'Afrique interprétée par Isabelle Huppert). Le fait de savoir que la réalisatrice, Claire Denis, est fille d'administrateur colonial, peut-il nous aider à cerner davantage le propos? L'Africain anticolonialiste, anti-impérialiste, est gêné devant ce spectacle destiné au public européen solvable ; l'Algérien le serait tout autant devant la débâcle des colons devant l'imminence de l'indépendance des colonisés. Non pas que la situation humaine soit complètement inintéressante, mais comme toute perspective, celle-ci est subjective, et ma subjectivité est révoltée, mon intérêt se porte sur l'Afrique vue par les Africains libérés, la Palestine occupée par les Palestiniens, etc, etc.

 

"White Material", Real. Claire Denis (2008), 01h42 min.

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 20:23

Alice au Pays des Merveilles

 

Si vous avez un peu de culture, Alice vous renvoie à l'oeuvre de Lewis Carroll publiée en 1865 (pour lire l'e-book en version originale). Les moins lecteurs d'entre nous, qui ont eu par exemple la chance d'avoir un téléviseur dans les années 80, on sans doute connu la série animée (pour voir le générique). Série qui aurait flanqué la frousse aux plus sensibles tant la reine était méchante...

 

Il sera plutôt question ici de la dernière réalisation de Tim Burton, réalisateur à la filmographie abondante et à l'univers si particulier. Une nouvelle fois en tandem avec le génial Johnny Depp (que j'associe malgré moi à 21 Jump Street), le résultat est, autant le dire tout de suite, décevant.

 

Quand on va au cinéma, surtout pour voir un film dont on connaît le thème devenu classique, c'est justement pour être surpris, secoué, pris à contre-pied. Ce qui n'est pas le cas en l'espèce. On devine à peu près chaque scène, chaque dialogue. La 3D n'est qu'un prétexte pour nous prendre 1 euro de plus, alors qu'elle est sous-exploitée (un peu comme avec Avatar). Le chapelier n'est pas aussi fou que cela et Alice finit par trouver son chemin (je n'ai pas brisé le suspense car c'est un film Disney!!!)

 

On peut le voir avec des pop corns et des enfants (malgré le matraquage).

 

"Alice au pays des merveilles", Real. Tim Burton (2009), 1h49 min.

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 00:16

Le Temps de la kermesse est terminé

 

Prenez l'excellent chroniqueur/humoriste/polémiste Stéphane Guillon ; faites le tomber en panne dans un village perdu au beau milieu de nulle part ; ajouter la canicule de l'Afrique francophone (parce qu'anciennement colonisée par la France) ; un village avec son chef, ses jeunes désoeuvrés, sa belle cousine, son bar, ses enfants, sa caserne et son banni...

Vous obtenez la fable politique la plus intéressante du moment sur les rapports "Nord/Sud" comme on dit si couramment même s'il s'agit en réalité des rapports entre les pays impérialistes et ceux dominés par l'impérialisme, du néocolonialisme, de l'héritage du colonialisme, etc.

Les différentes scène de ce film, très théâtral en un sens, sont autant de piqûres de rappel et de constats justes, finement amenés, sur des enjeux qui dépassent les individus qui sont censés les incarnés. On pense à ces touristes blancs insupportables qui photographient le dépaysement, à cet ancien combattant de la puissance coloniale oublié d'elle, à ce jeune militaire patriote qui siffle la fin de la partie, de la kermesse.

Un film qui parle à tous les anticolonialistes, aux héritiers malgré eux du colonialisme, aux amis sincères de l'Afrique.

"Le Temps de la kermesse est terminé", Real. Frédéric Chignac (2008), 1h40 min.

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 15:49

Precious

 

Voir ce film c'est prendre une claque, et une grosse.

A 16 ans, Precious (Gabourey Sidibe) se fait exclure de son école suite à sa deuxième grossesse. Elle atterrit dans une école alternative pour y suivre un cours d'alphabétisation avec d'autres jeunes femmes du ghetto new-yorkais. Elle prend la parole pour la première fois de sa scolarité, apprend à écrire et à s'exprimer autrement que par la violence physique.

Ce que l'école, par le biais de son enseignante passionnée (la magnifique Paula Patton), lui permet en terme d'évasion, l'univers clos de son appartement partagé avec sa mère tyrannique (Mo'nique) le lui reprend, ou tente de lui reprendre. Un monde de misère, d'obscurité, de violences, d'insultes, de nourriture grasse, de télévision abrutissante, de fumée de cigarettes...

Et quand, sur le point d'accoucher, elle confie à l'assistance sociale (Mariah Carey qui trouble parce que méconnaissable mais si juste) ce qu'elle a subi, on mesure l'ampleur du drame et la force qu'il lui faut pour rompre avec la soumission, l'aliénation...

Pour savoir ce que peut signifier être une jeune femme noire à Harlem en 1987 ; ce n'est pas un documentaire mais du cinéma, du bon cinéma.

Pour info, l'histoire est tirée (comme l'indique le titre original) du roman de Sapphire, Push, publié en 1996 aux Etats-Unis (et en France chez le Seuil en 1998). L'ambiance générale rappelle celle des histoires du romancier Iceberg Slim dont je recommande tous les ouvrages sans exception.

"Precious", Real. Lee Daniels (2008), 1h49 min.

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 15:17
Autant prévenir, il ne s'agit pas du film éponyme sorti dernièrement en salle avec Nicolas Cage. Il est ici question de la première édition où l'on retrouve Harvey Keitel dans le rôle principal, celui d'un filc new-yorkais pourri jusqu'au bout des ongles, camés jusqu'à la moelle et endetté sur plusieurs générations.

Ca commence et ça se termine avec la confrontation entre NY Mets et LA Dodgers (East Coast/West Coast version base-ball pour les non-initiés). Dans une atmosphère de décadence absolue, le flic corrompu (et accessoirement père de famille) tombe sur l'affaire du viol d'une nonne dans une Eglise.

Moins que l'horreur des faits eux-mêmes, c'est la réaction toute catholique de la victime qui perturbe le desperado et il se met en tête de retrouver les coupables pour rendre lui-même justice. C'est finalement une histoire sur la vengeance et la rédemption en plein Pandémonium.

Le film est violent, cru, dérangeant mais pas extraordinaire. Daté de 1992, il semble bien plus âgé du point de vue de la réalisation somme toute sommaire. Les limites ne sont pas franchies concernant la" sexualité" à l'écran (qui bien que présente, le reste dans un certain cadre). C'est plutôt dans les prises de drogues (qui ont été réelles pour Keitel) que le "réalisme" est poussé jusqu'au bout et cela se ressent à l'écran, sur le visage de l'acteur.

"Bad Lieutenant", Real. Abdel Ferrara (1992), 1h38 min.
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 18:17
Un petit journaliste de l'Amérique profonde (interprété par Ewan McGregor que l'on a tout juste vu dans le superbe film "The Ghost-Writer") tombe sur un doux dingue qui aurait des pouvoirs un peu spéciaux. Après sa rupture, il décide de partir couvrir la guerre et suivre les troupes impérialistes. Dans sa galère, il finit par croiser un soldat retraité et moustachu (le beau gosse George Clooney, victime malgré lui dans "In the Air") qui faisait partie d'une unité d'élite dotée de pouvoir paranormaux afin de faire la guerre sans armes...

Ce film est un OVNI truffé d'humour fin, et de second (voire troisième) degré... Ou comment parler de choses graves (la guerre, l'occupation et le pillage de l'Irak qui sont ici clairement exposés, comme la privatisation de la violence, l'éviction de puissances rivales des USA comme la France, etc.) avec une légèreté toute relative...

A recommander!

"Les Chèvres du Pentagone", Real. Grant Heslov (2009), 1h30 min.


le site du film
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 17:55
Peu après la disparition suspecte de son ancien "ghost-writer" (remarquez d'emblée que l'expression anglo-saxonne est déjà moins connotée que l'expression française, à savoir le "nègre", celui qui prête sa plume à celui qui n'a ni le temps ni le talent mais l'argent ou le nom), Adam Lang (interprété par le très classe Pierce Brosnan), ex-Premier ministre britannique qui a soutenu l'effort de guerre états-unien (tiens, tiens... ça ne vous fait pas penser à quelqu'un?) engage un jeune écrivain (interprété par Ewan McGregor que l'on a vu dernièrement dans "I love you Philipp Morris") pour terminer le manuscrit laissé par son prédécesseur, dans les meilleurs délais, sous la pression de son éditeur. L'écrivain suivra le politique dans son exil états-unien et découvrira progressivement une énigme qui nous renvoie à l'impérialisme américain et ses méthodes pour se subordonner la perfide Albion... Cela rappelle la thématique du film "In the Loop" et c'est réjouissant sur les plans intellectuel et politique (mais aussi, artistique).
Cela démarre peut-être un peu lentement mais on n'en oublierait presque le détournement de mineure du réalisateur, tellement c'est bien fait.

"The Ghost-Writer", Real. Roman Polanski (2008),  2h08 min.
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 15:02
Un peu de morale dans l'Angleterre conservatrice.
Jenny (interprétée par Carey Mulligan) a 16 ans. Elle vit avec ses parents à Twickenham, dans la banlieue de Londres. Elle excelle dans ses études (sauf en latin) et subit la pression de son père qui la pousse à tout faire pour intégrer Oxford. A l'âge des amourettes et des premières cigarettes, une rencontre va bouleverser son équilibre précaire. Daniel (interprété par Peter Sarsgaard), juif trentenaire, au volant de sa belle voiture, trouble la jeune Jenny et l'introduit dans un monde de culture, d'arts, de plaisirs. Jenny (anglaise et francophile) est prête à tout lâcher pour vivre avec son Pygmalion, conseillée en cela par son père qui croit avoir trouvé pour sa fille un bon parti. Mais tout était trop beau pour cette adolescente encore bien innocente.

"Une Education" (2009), Real. Lone Scherfig, 1h35 min.
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