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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:37
Je me suis fié à l'affiche de ce petit cinéma du quartier latin. Elle donnait les trois raisons de voir ce film de 1967 réédité en 2009 : Camus, Mastroiani, Visconti.
Qui ne connaît pas Albert Camus et son ouvrage, L'Etranger, paru en 1942 et que beaucoup ont lu sur les bancs de l'école, à un âge où certaines nuances vous échappent encore? L'histoire se déroule dans l'Algérie colonisée par la France, durant les années 1930. L'anti-héros, Meursault (incarné par Marcello Mastroiani), un modeste employé, perd sa mère qu'il avait confiée à un hospice pour personnes âgées. Il quitte Alger pour l'enterrer, sans éprouver la moindre tristesse, sans chercher à voir son visage pour la dernière fois. En reprenant le lendemain son travail et sa vie de routine, il débute une liaison avec la belle Marie (Anna Karina) et se lie d'amitié avec Raymond, un souteneur qui exploite une "Arabe". Meursault, qui refuse une promotion à son travail et qui n'éprouve pas de sentiments pour Marie, en arrive, par une après-midi ensoleillée, au bord de la plage, à tuer un "Arabe" de plusieurs coups de revolver. C'est le début de la fin.
Certains ont reproché à Camus le fait d'ignorer les colonisés et, quelque part, d'être un doux colonialiste. On peut plutôt penser que Camus, en particulier dans ce récit (fidèlement adapté pour le cinéma, malgré les moyens visiblement modestes) ne fait que relater l'indifférence et le mépris des colons pour les colonisés. D'ailleurs, et c'est l'essentiel, Meursault ne sera pas condamné à mort pour avoir tué un "Arabe". Ce qui a choqué la bonne société des colonisateurs, c'est plutôt le fait qu'il ne ressente rien devant la mort de sa mère, qu'il ait entretenu une relation hors mariage et, pire encore, qu'il soit athée, non croyant, mécréant. A côté de cela, la mort d'un colonisé ne valait pas grand chose et c'est ce que nous pouvons en retenir.
Quel bonheur de revoir Alger la blanche. Dommage que quelques insuffisances matérielles et quelques longueurs en viennent à légèrement perturbé le plaisir que ce film et ce récit procurent.

"L'Etranger", Real. Luchino Visconti (1967), 1h44 min.
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:17
On connaissait les polémiques qui font "pschitt", voila un film qui fait "plouf".
Vous adoriez les aventures du commandant Cousteau, son bonnet rouge et sa Calypso? Vous avez passé une jeunesse provinciale à vous évader devant des documentaires animaliers? Alors n'allez pas vous perdre en regardant "Océans".
La bande-annonce promet un dépaysement total pour l'urbain cerné de béton mais que la déception fut grande! Certes, nous sommes littéralement plongés dans l'eau salée, presque coulés pendant 1h43, pour ne pas dire saoulés d'images certes merveilleuses mais sans la moindre explication ou commentaire. Zéro pédagogie.Que doit penser le petit enfant au début du film qui demande : "c'est quoi l'océan?" On s'ennuie presque...
Pendant le générique, on sourit en voyant défiler les noms des sponsors (ces multinationales toutes aussi "écologiques" les unes que les autres) ; mais on fronce les sourcils quand les seuls grands méchants de l'histoire sont des hommes, bien évidemment, qui ont la caractéristique d'être des pécheurs asiatiques (forcément condamnables et sanguinaires), tandis que le bâtiment de la marine française, seul au milieu des vagues déchaînées, devrait inspirer admiration, voire fierté.
Rien de tel qu'un bon documentaire animalier avec la voix de Pierre Arditi.

"Océans", Real. Jacques Perrin, Jacques Cluzaud (2009), 1h43 min.
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 13:07
Ryan Bingham (George Clooney, what else?) est un froid exécutant au service de lâches capitalistes. Son emploi consiste à priver d'emploi des salariés, pour le compte d'employeurs ne souhaitant pas se salir les mains (perdre leur temps ou prendre des risques). Il le fait dans différents Etats des USA et passe ainsi la majeure partie de sa vie dans les hôtels, les voitures de location et les avions (il est ainsi devenu un collectionneur de miles et n'a pas d'autre objectif que d'atteindre le score de 10 millions de points). Sa routine de célibataire faussement endurci est perturbée par une réorganisation de son entreprise et la rencontre de son alter ego féminin (Vera Farmiga, déjà vue dans "Les Infiltrés").
On ne raconte pas la suite mais c'est une critique réussie du cynisme véhiculé par le système économique et qui peut se répercuter jusque dans la vie privée. Un film à voir même si en sortant, on peut ressentir une certaine mélancolie devant le sort réservé (ou que se réserve) le héros, et qui peut renvoyer à nos propres existences inéluctablement interdépendantes.

"In the air", Real. Jason Reitman (2009), 1h50 min
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 12:23
Ce film inspire une certaine insatisfaction, surtout quand on fut sensible à l'élégante publicité, aux critiques élogieuses (pour ne pas changer). On regrette le fait de passer d'une étape de la vie à une autre, presque sans transition. On peut estimer un peu long le développement sur son enfance dans la bourgeoisie juive d'avant-guerre. On peut trouver légèrement grossier (et non vulgaire) l'usage du double maléfique pour expliquer les dérapages (mais on se verra répondre qu'il s'agit ici d'un conte).
On ne boude toutefois pas son plaisir en se plongeant dans le petit milieu artistique de l'époque (quand les vedettes ridées d'aujourd'hui étaient resplendissantes hier), surtout quand on assiste à la composition des chansons que l'on fredonne sous la douche ou dans le métro (et qui font partie du patrimoine populaire).
Enfin, sur le passage connu où Gainsbourg déclare qu'il est un "insoumis" devant des militaires chauvins suite à sa reprise de "La Marseillaise", j'ai pensé à cette chanson peu connue (sauf pour les milieux concernés) intitulée "Le sable et le soldat" (écrite en soutien aux forces armées sionistes en 1967) et qui me conforte dans l'idée que l'artiste n'était qu'un demi-rebelle. On ne peut pas tout avoir...

"Gainsbourg - (vie héroïque)", Real. Joann Sfar (2009), 2h10 min
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 11:41
Un film sur le mektoub, le destin, le fatum...
Le pitch : le petit Nemo (qui signifie "personne" en latin, comme "nobody" en anglais) mène une vie idéale dans une famille idéale (comme dans une publicité), jusqu'à ce que ses parents se séparent. (comme dans la vraie vie). Ce traumatisme devient le point de départ et le noeud (au propre comme au figuré) de l'intrigue. On effectue sans cesse des flash-backs entre un futur de science-fiction (où Nemo ridé, le dernier représentant des mortels, répond aux questions d'un journaliste), le "présent" (où Nemo est incarné par le beau gosse Jared Leto) et le "passé" (l'enfance, l'adolescence, les premiers émois...).
On assiste à toutes les vies de Nemo adulte, ces trois femmes ou types-idéaux de la relation amoureuse : 1) l'homme aime une femme qui ne l'aime pas ; 2) la femme aime l'homme qui ne l'aime pas ; 3) l'homme et la femme s'aiment d'un amour impossible.
Sans trop s'attarder sur les longueurs souvent inutiles, on peut sortir de la salle en se demandant s'il vaut mieux rêver sa vie ou vivre ses rêves, surtout quand on est haut comme trois pastèques. De plus, même s'il peut arriver de nous perdre dans le récit, rassurez-vous, on finit par comprendre l'embrouille.


"Mr. Nobody", Real. Jaco van Dormael (2009), 2h17 min
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 12:11
Quelle arnaque! Je me suis encore fait avoir par une bande-annonce rythmée et des critiques élogieuses de la part de professionnels du cinéma. Étant un simple amateur, j'avoue avoir été sensible au prologue, cette petite fable énigmatique qui se passe dans un shtetl mais que dire de la suite? Quelques situations font sourire tout au plus. Si ce film est représentatif de l'humour juif comme se plaisent à le dire les divers chroniqueurs, alors l'humour juif n'existe pas. On en vient à s'ennuyer, sans parler de la "chute" du film. On regrette les précédentes réalisations des frères Coen. A oublier.

"A Serious Man", Real. Joel Coen, Ethan Coen (2008), 1h45 min.
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 11:11
Ceux qui me lisent savent qu'il m'arrive de me plaindre de ne pas assez rire en allant au cinéma, surtout en visionnant un film français... Cette fois, j'ai éclaté de rire (malgré mon interrogation récurrente des premières secondes : pas convaincu par le générique) pour cette réalisation franco...BELGE! Parce que ce film se passe dans le plat pays qui est le leur, en Wallonie précisément. Nous suivons une bande de jeunes Maghrébins (ceux qui connaissent la situation, diront Marocains) qui se surnomment les "Barons" dont le but est de ne rien faire, et s'économiser en attendant que ça se passe. Petit clin d'oeil à la réalité mais aussi à un autre film, Julien Courbey joue un rôle qui vous fera penser à Abd-el-Bachir. On retrouve aussi Fellag, surnommé "R.G." (pour Renseignements généraux) qui joue le rôle d'un "Huggy les bons tuyaux" version marocaine. Les fans du Jamel Comedy Club retrouveront Amelle Chahbi dans le rôle de Malika, celle qui est sortie du quartier après des études de journalisme, devenant la star de la communauté (sauf pour son frère). Dans ce surprenant casting on retrouve aussi Edouard Baer ou encore Virginie Elfira. Mais mon véritable coup de coeur reste l'acteur principal, Nader Boussandel, dans le rôle de Hassan. L'aîné chômeur qui rêve de faire son one-man-show mais qui a peur que son père le sache, celui qui sera confronté à des doutes existentiels face au travail, au mariage, à la sortie de l'adolescence en réalité. C'est franchement un bon film, qui permet de rire de nombreuses situations qui ne touchent pas seulement les exilés maghrébins (même si certains gags ne sont compréhensibles qu'avec un minimum de références), mais aussi les jeunes de la classe ouvrière... Allez y sans hésiter!
PS : c'est une comédie "familiale", il y a une histoire d'amour mais ils ne se font que des bisous.

"Les Barons", Real. Nabil Ben Yadir (2009), 1h51 min.
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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 12:56
Le pitch : Bliss, adolescente texane, a l'impression de vivre dans le trou du c.. du monde. Elle partage sa vie entre ses cours et son job dans un resto de ploucs, tandis que sa mère la traîne dans les concours de beauté. A l'occasion d'une escapade shopping à Austin, Bliss découvre le roller derby et s'ouvrent subitement de nouvelles perspectives. Certes, cela peut ressembler à un "film de filles" mais c'est surtout un film parlant de l'adolescence avec ses tracas spécifiques (relation avec les parents, amitié fidèle, déception amoureuse, projets d'études, etc). Ce n'est pas un chef d'oeuvre mais ça met de bonne humeur. Drew Barrymore est non seulement réalisatrice mais aussi actrice (celle qui se se casse ou se fait casser la gueule à chaque fois). Je ne cache pas non plus avoir été sensible à la beauté d'Alia Shawkat (mais aussi à son jeu bien évidemment!). PS : pour les fans de rap US, ils retrouveront la "ruff ryders' first lady", EVE sur des rollers.

''Bliss'', Real. Drew Barrymore (2009), 1h51 min.
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 22:51
"L'âge d'or", ce sont les 15 dernières années du régime de Ceausescu, telles que présentées par la propagande du régime bureaucratique et anti-démocratique. Gazer un porc, retoucher une photo, alphabétiser les paysans, animer un village... Autant de légendes urbaines, de petites histoires qui circulaient afin d'entretenir la dérision d'un régime imposteur. On n'y trouvera pas d'unité puisque ce sont des courts-métrages indépendants les uns des autres. Le seul cadre commun reste le contexte politique. Soyons francs, malgré la grisaille et l'odeur de bouse qui se dégage parfois de l'écran, on se prend souvent à rire franchement pour moquer les bureaucrates qui méprisent le peuple mais jamais pour se moquer du peuple victime des imposteurs! J'y ai trouvé beaucoup de points communs avec l'Algérie dite "socialiste". Une belle surprise.

"Contes de l'âge d'or", Real. C. Mungiu, I. Uricaru, H. Höfer, R. Marculescu, C. Popescu, (2009), 1h20 min
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 15:04
Le pitch : tout juste libéré de prison (1990), Nelson Mandela (interprété par Morgan Freeman) devient président (1994) de la république sud-africaine dont la population, à majorité noire, n'est toujours pas sortie des ghettos de l'apartheid. Dans son soucis de "réconciliation" avec la minorité blanche qui contrôle l'économie et certains rouages de l'Etat, Mandela va éviter de répondre à la volonté radicale de justice des membres de son parti (ANC). Cela va se traduire notamment sur un aspect a priori anecdotique mais symboliquement fort : le rugby. Ce sport, essentiellement pratiqué par la minorité blanche, contrairement au football, pratiqué par les Noirs qui ne manquaient pas de supporter n'importe quelle équipe affrontant les "springboks", comme pour exprimer un rejet du régime fondé sur la discrimination. Mandela va donc défendre l'ancien nom de l'équipe ainsi que ses couleurs (vert et or) et tenter de s'appuyer sur le capitaine de l'équipe Francois Pienaar (Matt Damon). L'Afrique du Sud, malgré ses piètres performances, est qualifiée d'office à la coupe du monde (1995) en tant que pays organisateur. Mandela va alors essayer de transformer l'essai de la "réconcilation nationale" grâce à ce "sport de hooligans joué par des gentlemen".
L'avis : Walt Disney n'aurait pas mieux fait. Les scènes de rugby sont finalement assez courtes comparativement à la durée du film. Quelques scènes montrent des enjeux politiques même si ce n'est pas le propos du film. On ne ressort pas de la salle en ayant en tête une scène extraordinaire ou un dialogue finement travaillé. S'ajoute à cela le fait que, lorsqu'on a soif de justice et d'égalité, malgré tout le respect que l'on peut avoir pour Mandela, on comprend bien qu'il ne fut pas particulièrement "révolutionnaire" et que cette volonté de "réconciliation" ou de conciliation avec la minorité blanche, se fait au détriment de la majorité noire. En ce sens, les symboles restent des symboles. Rien de plus. On a parlé d'un film "humaniste". Certes... Avis aux amateurs de bons sentiments.

"Invictus", Real. Clint Eastwood (2009), 2h12 min
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